Lasne, picture by Wouter Hagens

Lasne

Écrit par Stephan Debusschere le 13 décembre 2016

Un marché toujours très select

Connue pour être historiquement la plus chère de Wallonie, Lasne devance toujours de loin ses voisines du Brabant wallon, malgré la tendance baissière. 

A proximité directe de la Capitale, Lasne constitue le marché immobilier historiquement le plus cher du Brabant wallon, et de toute la Wallonie en réalité. C’est que Lasne jouit d’une situation privilégiée dans la Province, avec un cadre de vie semi-rural où la nature est omniprésente. Partagées entre terres agricoles, forêts, espaces verts et étangs, ses zones rurales occupent plus de la moitié de son territoire. La commune bénéficie, par ailleurs, d’un riche patrimoine. Les cinq villages qui la composent regorgent de bâtiments et monuments historiques. Certains d’entre eux sont classés, telles l’église Saint-Etienne et la place communale d’Ohain, l’abbaye cistercienne d’Aywiers à Couture-Saint-Germain, la ferme de la Haie Sainte et la colonne Victor Hugo à Plancenoit, ou encore l’ancienne cure de Maransart.

Tendance à la correction

Face aux prix très élevés de la commune, nombre de candidats acquéreurs tentent leur chance du côté des biens plus modestes, alimentant de ce fait la hausse de prix sur le segment des maisons dites ordinaires.

Petit flash-back. En 2010, les maisons lasnoises avaient dû céder un moment leur première place provinciale au profit de celles de la Hulpe. Mais Lasne a par la suite bien rattrapé son retard pour reprendre la tête des maisons provinciales les plus chères, avec une remontée impressionnante de quasiment 25% courant 2011, pour un prix moyen fixé alors à 440 000 euros, soit un prix plus élevé qu’en 2008.

En 2012, la maison lasnoise avait enregistré une nouvelle progression de quelque 15%, amenant le prix de référence à franchir la barre des 550 000 euros. Mais 2013 avait cassé cette progression en enregistrant une correction qui a pris de l’ampleur courant 2014 avant de se stabiliser au prix moyen de 485 500 euros, sur base annuelle. Avec un rattrapage de 10,6 %, le prix moyen de 536 500 euros pour l’année 2015 semblait démontrer que le retour au niveau de 2012 était possible. Mais les estimations pour cette année semblent contredire cette hypothèse. L’offre est en effet abondante, et le marché paraît plutôt se diriger vers une correction sensible. Signalons aussi que l’offre sur l’entité de Lasne inclut aussi des biens à des prix bien inférieurs, en dessous de la barre des 400 000 euros.

Des PEB qui laissent à désirer

Dans cette commune où l’on a joué essentiellement sur les prix, l’offre s’est accumulée face à une demande qui ne suit plus. Les villas lasnoises sont en grande partie des biens qui datent et nécessitent en conséquence des travaux de rénovation plus ou moins importants pour leur mise à jour, notamment sur le plan des performances énergétiques. Cette situation a logiquement mené à une correction des prix. Mais malgré cette tendance, et des propriétaires vendeurs qui n’ont d’autre choix que de relativiser leurs prétentions, la commune de Lasne reste encore et toujours en surclassement par rapport aux autres communes de la Province sur ce segment. Bien que le prix moyen des villas lasnoises ait encaissé un nouveau recul cette année, il atteint encore aujourd’hui les 600 000 euros. Pour faire un comparatif, la commune de Waterloo affiche un prix moyen de 490 000 euros sur ce segment.

Lasne, picture by Wouter Hagens

Une importante offre haut de gamme 

Sur le segment des biens haut de gamme, les amateurs ont toujours tendance à prendre leur temps pour analyser l’offre. Ils sont persuadés que certains biens restent surévalués, et restent donc souvent dans l’expectative d’une baisse de prix pour se faire connaître des propriétaires qui, de leur côté, ont tendance à ne pas vouloir vendre en-dessous de ce qu’ils estiment pouvoir obtenir, en précisant que nombre de ces propriétaires sont généralement des gens aisés qui ne sont pas nécessairement dans le « besoin » de vendre à tout prix.  Il en résulte une offre importante, composée de biens au-delà de 800 000/1 million d’euros.

Le plein d’appartements neufs

Le segment des appartements à Lasne a longtemps souffert d’un sérieux manque d’offre face à une vraie demande, notamment de la part de personnes d’un âge avancé qui désirent acquérir un appartement dans la commune pour continuer à profiter de son cadre. Longtemps, ces dernières ont dû trouver leur bonheur ailleurs, sur les communes de Waterloo, Braine-l’Alleud ou encore Louvain-la-Neuve. Cette situation a depuis bien changé. L’offre en appartements neufs s’est considérablement étoffée, et de (trop ?) nombreux projets sont en cours. Car si la demande est là, encore faut-il que les amateurs qui comptent sur la vente de leur villa pour acquérir un appartement – dont le prix peut parfois atteindre 4000 euros/m2 – parviennent à vendre leur propriété, ce qui n’est pas gagné d’avance.

Le grand écart d’Ohain

Au même titre que les entités de Chapelle-Saint-Lambert, Couture-Saint-Germain, Maransart et Plancenoit, Ohain est une section de la commune de Lasne. Tout au long de ses 20 km² de superficie, on peut encore dénicher des maisons de village à rénover dans une tranche de prix comprise entre 250 et 300 000 euros. Celles qui ont été rénovées affichent des prix qui se rapprochent ou dépassent les 400 000 euros. Les villas s’échangent à partir de 450 000 euros, jusqu’aux biens de prestige pouvant atteindre, voire dépasser les 3 millions d’euros. Mais ici aussi, l’offre haut de gamme y est toujours supérieure à la demande. Nombreux sont les propriétaires ayant connu le boom des années précédant la crise, et qui ne se sont pas encore alignés sur la tendance du marché.

Moyennes

Lasne

Maison : 500 000 euros

Villa : 607 000 euros

Appartement neuf : 3700 euros/m2

Ohain

Maison : 300 000 euros (non rénovée) à 450 000 euros (rénovée)

Villa : à partir de 450 000 euros 

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