Des mesures pour desserrer l’étau des loyers ?

Rédigé par Logic-Immo.be
4 octobre 2021

Même si près d’1 jeune Wallon sur 2 et 1 jeune Flamand sur 3 épargnent pour acheter un logement, la forte hausse des prix des logements rend l’objectif de plus en plus difficile à atteindre. S’ajoute à cela le poids des loyers à payer par ces jeunes en attendant.

En Flandre, le baromètre locatif 2021 de la Confédération des groupes immobiliers (CIB) révèle que pour la première fois, le loyer moyen d’un appartement dépasse les 750 euros. C’est une hausse de près de 2% par rapport à 2020. En Région bruxelloise par contre, les loyers semblent s’être stabilisés par rapport à l’année dernière. Ce qui ne les rend pas plus accessibles pour autant : en 2020 déjà, le prix de location mensuel moyen d’un appartement à Bruxelles se négociait, toujours selon la CIB, autour de 1.135 euros. Et ceci est une moyenne, car à Woluwe-Saint-Pierre, Uccle et Auderghem, le loyer moyen d’un appartement dépasse les 1.200 euros.

Pour ce qui est de la Wallonie, d’après les chiffres 2020 (dernières données disponibles) de L’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS), le loyer moyen des ménages locataires se situe entre 504 € et 547 €. Malgré ces montants inférieurs à ceux des autres régions, l’IWEPS observe que depuis 2005, les loyers augmentent de façon significativement plus rapide que celle de l’indice des prix à la consommation, sans que cela soit justifié par une amélioration de la qualité des logements.

Ces hausses constantes sont autant de freins aux projets d’achats immobiliers. Notre équipe a contacté quelques agents immobiliers pour voir comment cela se reflète sur le terrain. Certains nous ont expliqué qu’ils peuvent recevoir jusqu’à 70 candidats pour des appartements en location. Et pour les personnes à faible revenu, surtout, la hausse des loyers est comme une corde qui se resserre petit à petit autour du cou. Pour décider à qui ils vont louer, les propriétaires se renseignent sur les revenus des candidats et, en toute logique, donnent la priorité aux candidats aux revenus les plus élevés. Le raisonnement est le suivant : si une personne seule avec enfants, par exemple, doit débourser un loyer mensuel de 750 euros, il ne lui reste plus grand-chose pour vivre confortablement et elle risque de devoir compter chaque centime.

Tout le monde s’accorde à dire que seul un tiers environ des revenus d’un ménage devrait être consacré au loyer. Mais pour de nombreuses personnes, le loyer représente une part nettement plus importante. Que faire alors ? Les agents que nous avons interrogés estiment que des mesures publiques devraient être prises, tant pour le marché locatif social que privé. Parmi les pistes pour aider les personnes aux revenus plus modestes : construire davantage de logements sociaux et raccourcir les délais d’attente pour une prime locative (dont peuvent bénéficier les personnes ayant droit au logement social).

Ces mesures sont d’autant plus nécessaires que la chute des prix des logements, que certains spécialistes avaient prédite, n’a pas pointé le bout de son nez. Et selon nos divers interlocuteurs, la demande sur le marché locatif va rester forte, ce qui signifie qu’il ne faut pas s’attendre à une baisse des loyers à court terme.

Liliane Fanello

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