Anderlecht immobilier

Écrit par Stephan Debusschere le 24 juillet 2013

La commune aux 100 visages

La commune d’Anderlecht présente presque autant de visages qu’elle n’a de quartiers. Cette configuration particulière a pour effet de fractionner le marché immobilier de cette vaste commune, longtemps assimilée à tort à ses seuls quartiers populaires bénéficiant en outre depuis 2005 de plans de revitalisation.

A Anderlecht plus qu’ailleurs, la réalité immobilière ne peut se résumer à l’aune des moyennes statistiques. Selon les localisations, la commune présente en effet des disparités en matière de prix, tant au niveau des maisons que des appartements. Si on peut y trouver les tarifs parmi les moins chers de Bruxelles dans les quartiers populaires, la présence de quartiers plus cossus recouvre une autre réalité tarifaire. Si un budget d’environ 270.000 euros devrait suffire pour acquérir une maison unifamiliale du côté de la chaussée de Mons, il faudra plutôt prévoir un minimum de 400.000 euros pour en acquérir une dans la zone jouxtant le parc Astrid, du côté des avenues Ysaye, Nellie Melba ou Roi Soldat.

Marché des maisons

Si le marché des maisons à Anderlecht n’a ni particulièrement baissé ou grimpé, celui des appartements, le segment phare à Anderlecht comme dans le nord de Bruxelles, semble afficher une bonne santé. La moyenne de 1912 euros au m² affichée courant janvier 2010 pour les appartements de seconde main est remontée au niveau d’août 2008, après une baisse jusqu’à 1855 €/m² en octobre 2009. Dans les quartiers plus cossus, celui du Scherdemael par exemple, les transactions vont bon train et les appartements se négocient aisément dans une tranche de prix entre 200.000 et 250.000 euros. Dans les quartiers plus populaires, du côté de Cureghem par exemple, la situation est moins brillante, car les prix demandés y rencontrent plus difficilement la demande. Certains propriétaires doivent donc revoir leurs ambitions à la baisse, en raison de la localisation de leur bien, du budget et donc de la capacité des candidats-acquéreurs à obtenir un crédit.

Du côté des appartements neufs, les projets qui se matérialisent du côté du stade (Clos Bizet) affichent des prix avoisinant les 2200 euros/m² ; un positionnement un peu supérieur à ce qui se fait habituellement dans la commune. Un pari sur l’avenir ?

Contrats de quartier

Depuis 2005, certains périmètres d’Anderlecht nécessitant une attention globale tant du point de vue du logement, de l'espace public que du tissu social font l’objet d’une revitalisation, connue sous la dénomination de « contrats de quartiers ». Financés à la fois par la commune, la Région Bruxelloise le SPF Transport et mobilité (Beliris), ces contrats visent à restaurer l'attractivité de trois quartiers : Aumale-Wayez, Conseil et Lemmens. Programmés chacun sur quatre années, ils impliquent un travail important en matière d'aménagement de l'espace public, d'éradication des chancres urbains, de rénovation et création de logements, ainsi que de réhabilitation sociale et économique. Le programme Aumale-Wayez, approuvé fin 2005, a pour spécificité d'intégrer le centre historique et commercial de la commune dans son périmètre.

Valorisation du patrimoine et des espaces verts

C'est pourquoi un travail important en matière d'esthétique et de valorisation de ce patrimoine est effectué, comme l'embellissement des façades de la Place de la Résistance, la création de parcours artistiques, la valorisation des espaces verts, ainsi qu'un éclairage spécifique des lieux et des bâtiments classés. Le contrat de quartier Conseil, approuvé en 2004, vise notamment l'embellissement de l'espace public, avec un lifting important des rues Van Lint et de Fiennes, ainsi que de la Place du Conseil. Quant au contrat de quartier Lemmens, approuvé en décembre 2007, il a pour objectif de faire de ce quartier un lieu de convivialité, en assurant la mixité sociale, tout en attirant les investisseurs et en permettant aux populations présentes de rester dans leur quartier. La construction de logements se fait sur des espaces vides, à l'abandon, fortement dégradés ou ayant une situation d'intérêt public.

Récemment requalifié « contrat de Quartier Durable », ce type de contrat concerne désormais aussi le quartier Canal-Midi qui en bénéficiera pour la période 2010-2014.

Source: Magazine Logic immo, édition Bruxelles-Brabant wallon-Namur

 

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