Place Nicolaï à Ans, picture by LHOON

Ans

Écrit par Stephan Debusschere le 18 mai 2016

Les maisons ont la cote

Si l’activité est restée soutenue à Ans courant 2015, les différents segments ne l’ont pas vécu de la même manière. Les maisons ont enregistré une progression de leur prix, tandis que les appartements affichent un statu quo. 

Ans forme avec Liège, Seraing, Herstal, Saint-Nicolas et Flémalle, l'agglomération de Liège. Depuis les fusions des communes, Ans inclut également Alleur, Xhendremael et Loncin qui étaient autrefois des villages à caractère essentiellement agricole, mais dont la population a connu un développement important au cours du XXe siècle de par la proximité directe de la ville de Liège et l'influence de la gare d'Ans.

Située à la fois aux portes de la Hesbaye agricole et de la ville de Liège, Ans doit surtout sa prospérité passée à l'industrie charbonnière. Aux frontières des communes d'Awans, Grâce-Hollogne, Saint-Nicolas, Juprelle et de la ville de Liège, la commune se distingue quant à sa diversité. Tantôt industrielle, commerçante, rurale ou résidentielle, Ans est idéalement située au croisement des autoroutes de Wallonie, Liège-Anvers et Liège-Bruxelles, et au cœur de l'Eurégio, à un saut à peine de l'Allemagne et des Pays-Bas.

La situation géographique d'Ans ainsi que les importants investissements communaux en matière d'infrastructures routières, commerciales, industrielles ou sportives attirent de nombreuses PME sur son territoire.

Maisons en rattrapage 

Selon la Fédération des Notaires, le prix moyen d’une maison en Province de Liège avait augmenté entre 2011 et 2012 de 6,5 %. En 2012, il fallait ainsi débourser quelque 162 000 euros pour une maison de type mitoyenne au sein de la Province. Avec un prix moyen de 167 000 euros pour cette même année, la commune d’Ans était apparue tout à fait dans la norme de cette analyse, puisque les prix de ses maisons mitoyennes avaient pour leur part augmenté de 8 % par rapport à 2010, et que ce prix était resté quasi identique durant les deux années suivantes. Courant 2013, cette stabilisation des prix s’est vue quelque peu chahutée. Les maisons ansoises ont en effet connu un recul, mais qui s’est finalement avéré très relatif au vu des plus sévères corrections enregistrées dans des communes voisines comme Awans ou Oreye, où les prix n’avaient pas pu être autant soutenus. Le statu quo des prix courant 2014 avait renforcé cette tendance à la stabilisation, surfant sur l’équilibre entre offre et demande. Avec un prix moyen de 164 500 euros en 2015, le segment de la maison a fait cette fois un bond de 12%.

Place Nicolaï à Ans, picture by LHOON

Villas en souffrance

Sur le segment des villas, on avait pu constater depuis 2011 que les prix étaient à nouveau à la hausse. On se rappelle que ce segment avait perdu de sa valeur courant 2010, avec un prix de référence revu à la baisse d’environ 20%.
Entre 2011 et 2012, son prix de référence avait fait mieux que se rattraper, en faisant un bond de 35% pour atteindre 311 000 euros, soit un prix supérieur à celui de 2009. Cette tendance à la hausse s’était confirmée durant le premier semestre 2013, pour atteindre alors un prix de référence de 350 000 euros sur base annuelle, soit une nouvelle progression de 12%. Mais l’année 2014 a indiqué un recul de 21% sur ce segment, sur base de douze transactions seulement, ramenant le prix de référence à 275 000 euros, soit le niveau de 2009. Un prix qui, depuis, ne reprend pas des couleurs. Comment expliquer cette situation ? Selon les professionnels, aussi longtemps que l’on reste dans des prix « abordables », tout se vend à Ans. Mais le phénomène le plus marquant depuis 2011 dans la Province, et que l’on retrouve également à Ans, est la différentiation des biens entre, d’une part, ce qui est recherché et, d’autre part, ce qui ne l’est plus ... Cela signifie que derrière l’évolution des prix à la hausse ou à la baisse se cache une augmentation plus marquée pour les biens les plus recherchés  – en bon état, pas énergivore, dans un bon quartier  – et une diminution pour de nombreux autres biens moins recherchés, à savoir les bâtiments énergivores, en moins bon état, décentrés et dans un quartier défavorable.

Pas de prix garanti

Les acquéreurs ont pris conscience qu’ils pouvaient, ou plutôt qu’ils devaient se montrer regardants, et se tournent donc naturellement vers des biens  porteurs. La difficulté est que bon nombre de propriétaires ont du mal à comprendre que ce marché resté stable, avec des prix parfois en hausse pour certains biens, ne leur permet pas de trouver les amateurs pour leur bien à un prix qu’ils imaginaient en quelque sorte « garanti ».
C’est que, à nouveau, les prix restent soutenus pour les biens de qualité, ou plutôt « recherchés ». De nombreux propriétaires, convaincus de la qualité de leur bien, ne comprennent donc pas le manque d’intérêt que celui-ci suscite sur le marché. Les critères des candidats acquéreurs sont multiples et parfois difficiles à définir… D’une part, les biens recherchés et dont la demande reste soutenue ont continué à augmenter malgré la conjoncture économique et les difficultés de financement auprès des organismes bancaires. Les biens de qualité moindre, ou situés dans de mauvaises zones, ont d’autre part sensiblement diminué et la demande pour ce type de biens tend en conséquence à se réduire fortement.

Logic Repères

Maison : 164 500 euros  

Appartement : 135 000 euros 

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