Place Nicolaï, Ans. Picture by LHOON.

Ans

Écrit par Stephan Debusschere le 12 avril 2018

Une commune qui a la cote

L’activité et les prix sont soutenus à Ans, une commune qui reste recherchée pour toutes ses facilités. Et la proximité de l’aéroport de Bierset n’y change rien.

Ans forme avec Liège, Seraing, Herstal, Saint-Nicolas et Flémalle, l'agglomération de Liège.

Située à la fois aux portes de la Hesbaye agricole et de la ville de Liège, Ans doit surtout sa prospérité passée à l'industrie charbonnière. Aux frontières des communes d'Awans, Grâce-Hollogne, Saint-Nicolas, Juprelle et de la ville de Liège, la commune se distingue quant à sa diversité. Tantôt industrielle, commerçante, rurale ou résidentielle, Ans est idéalement située au croisement des autoroutes de Wallonie, Liège-Anvers et Liège-Bruxelles, et au cœur de l'Eurégio, à un saut à peine de l'Allemagne et des Pays-Bas.

La situation géographique de la commune ainsi que les importants investissements communaux en matière d'infrastructures routières, commerciales, industrielles ou sportives attirent de nombreuses PME sur son territoire. Elle fait ainsi partie des communes les plus prisées de la périphérie liégeoise.

Nouvelle progression des maisons 

Selon le rapport de la Fédération des Notaires, le prix moyen d’une maison en Province de Liège a enregistré une hausse de 3,9% en 2017. Il faut donc ainsi débourser un peu plus de 175 000 euros en moyenne pour une maison de type mitoyenne au sein de la Province. Avec un prix moyen de 166 000 euros courant 2017, soit une progression de 1,4 %, la commune d’Ans apparaît ainsi tout à fait dans la norme de cette analyse.

Mais par rapport cette fois aux  communes voisines dans l’agglomération liégeoise, ce prix moyen se détache de manière sensible à la hausse. « C’est que la commune d’Ans est privilégiée à la fois par la richesse de ses transports en commun, par la proximité directe des axes autoroutiers et l’étendue de l’offre commerciale, commente Marco Gentile de l’agence Label Immo. En conséquence, la commune reste très demandée, et cette demande croissante se fait au détriment de communes comme Saint-Nicolas. » Les maisons 2 façades situées dans le centre de la commune et qui nécessitent des travaux de rénovation à des degrés divers sont ainsi très recherchées. « Ces maisons, qui offrent 2 à 3 chambres ainsi qu’un petit jardin se vendent dans une tranche de prix comprise entre 120 000 et 130 000 euros, précise Marco Gentile.

Le bâti étant assez ancien dans le centre, ces maisons à rénover attirent beaucoup la convoitise de jeunes ménages dont le profil financier autorise ce type d’achat. » Même la proximité de l’aéroport de Bierset ne semble pas avoir d’influence négative sur les prix. « Cela constitue peut-être un frein pour les personnes extérieures, mais pas pour les locaux qui aiment habiter cette commune offrant toutes les facilités requises », ajoute Marco Gentile en prenant pour exemple l’entité de Loncin, où les prix qui avaient encaissé un recul par le passé sont repartis à la hausse.

Place Nicolaï, Ans. Picture by LHOON.

La résistance des villas 

Depuis les fusions des communes, Ans inclut également Alleur, Xhendremael et Loncin qui étaient autrefois des villages à caractère essentiellement agricole, mais dont la population a connu un développement important au cours du XXe siècle de par la proximité directe de la ville de Liège et l'influence de la gare d'Ans.

A Alleur, qui offre son caractère rural à quelques minutes du centre de la commune, de nombreux champs ont été ainsi transformés en lotissements et regorgent désormais de belles villas dont l’attraction semble être restée intacte et dont la valeur se situe entre 300 000 et 400 000 euros selon le terrain, la superficie habitable, l’état et les prestations, en particulier énergétiques. Car c’est là que souvent le bât blesse. Bon nombre de propriétaires convaincus de la qualité de leur bien ont du mal à comprendre pourquoi ce marché resté stable, avec des prix parfois en hausse pour certains biens, ne leur permet pas de trouver d’amateurs à un prix qu’ils imaginaient en quelque sorte « garanti ».

C’est que s’agissant d’attraction, il convient de faire la distinction entre ce qui reste recherché et ce qui l’est beaucoup moins, ou plus. Derrière l’évolution des prix à la hausse ou à la baisse se cache bien entendu une augmentation plus marquée pour les biens en bon état, pas énergivores et situés dans un bon quartier, et une diminution pour les bâtiments énergivores, en moins bon état, décentrés et dans des quartiers moins favorables.

Appartements : une offre en souffrance  

Ans ne constitue pas à proprement parler un marché d’appartements neufs, comme c’est le cas de Seraing et d’Herstal qui concentrent à elles seules 50% du stock d’appartements neufs dans la zone de Liège-Ville et sa périphérie. S’il existe quelques projets, d’autres se heurtent tantôt au manque de terrains comme c’est le cas dans le centre de la commune, tantôt à la complexité des règlements urbanistiques locaux, tantôt encore à la résistance des riverains qui souhaitent préserver le paysage ansois.

Et sur le marché secondaire, l’offre n’est déjà pas importante, au contraire de la demande. « Il y a d’une part les personnes locales, notamment les plus âgées qui souhaitent à tout prix prolonger leur vie au sein de la commune et tout près de ses facilités, mais aussi les investisseurs qui voient la commune comme une belle alternative au centre de Liège, avec des transports en commun qui y mènent très facilement, commente Marc Gentile.

Malgré ce déséquilibre entre offre et demande, les prix n’enregistrent pas d’évolution à la hausse. « Si les prix n’augmentent pas, en revanche, ils ne se négocient pas autant qu’ailleurs, précise Marco Gentile. Et ces prix sont déjà conséquents à la base. Un studio ou un appartement 1 chambre se vend entre 115 000 et 140 000 euros, et un appartement 2 chambres vaut actuellement quelque 160 000 euros, soit l’équivalent d’une belle maison mitoyenne. »

Logic Repères

Maison : 166 000 euros (à rénover : de 120 000 à 130 000 euros)   

Appartement 2 ch. : 160 000 euros

Appartement neuf : de 2000 à 2300 euros/m2

Villa : entre 300 000 et 400 000 euros

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