Table ronde architecture/urbanisme

Architecture/urbanisme : créer c'est (aussi) transformer

Écrit par Thierry Lafineur le 23 novembre 2015

Table ronde Essentielle Immo

Au cours du siècle passé, la croissance des villes s'est apparentée à une expansion/explosion horizontale sur les terrains libres (greenfields) de leurs périphéries.  Depuis une quinzaine d'années, ce modèle

Table ronde architecture/urbanisme

 - économiquement et écologiquement désastreux - change et la croissance se fait davantage par implosion, en occupant les friches et les terrains urbains déjà construits (brownfields). 
 
Dès lors, faut-il - comme à Londres - inscrire les villes dans une ceinture verte (green-belt) au-delà de laquelle on s'interdit de construire ? Comment et où intensifier (densifier) ? Selon quel modèle urbain, selon quelle mixité fonctionnelle et quelle typologie architecturale ? Quelle(s) vision(s) et stratégie(s) sous-tendent le développement urbanistique des villes - dont Bruxelles - à l'horizon 2030>2050 ?
 
Pour y répondre la présente table ronde réunissait :
  • Christian Sibilde - Arch. Partners - DDS/
  • Marc Stryckman - Architecte  - A.D.E. /
  • Renaud Chevalier - Architecte - CEO Assar Architects /
  • David Roulin - Senior Partner Art & Build architect /
  • Paul Vermeylen - Architecte Urbaniste - City Consult /
  • Pablo Lhoas - Architecte - Vice Doyen Faculté d’architecture La Cambre-Horta de l’ULB /
  • Kristiaan Borret, Maître Architecte de la Région Bruxelles-Capitale

VILLE PALIMPSESTE

Q.: Quelle(s) vision(s) avez-vous de la ville au regard des évolutions de son territoire ?

D. Roulin : La ville est à l'image d'un palimpseste : comme sur le parchemin plusieurs fois effacé, les écritures (urbanistiques et architecturales) s’y succèdent et nourrissent son histoire autant que son identité. Le processus de transformation est permanent et, à la réflexion, la question de la rénovation des immeubles est assez anecdotique.

C’est par ailleurs une notion très européenne. Au Japon et dans d'autres pays, on préfère raser et reconstruire plutôt que rénover.

Au risque de paraître iconoclaste, je dirais que la rénovation d'immeuble - à l'exception de ceux dont la charge historique et symbolique est forte - fait sens, davantage au niveau psychologique (on appréhende toujours le changement) qu' en termes strictement économiques ou écologiques : les standards évoluent et s’accommodent mal des modèles obsolètes.

Il importe donc de penser la ville en tant que structure dynamique de territoire en mutation permanente. C'est un organisme vivant et non un musée axé sur la seule question : qu’est-il pertinent de conserver ou non ? En conséquence cet organisme réclame avant tout de la créativité, de l’innovation, aux fins d'offrir les conditions d'un épanouissement individuel et collectif.

P. Lhoas : On touche là à des questions quasi idéologiques, pour lesquelles - malheureusement ou heureusement - il est du devoir des pouvoirs publics de contraindre.

En effet,  l'intérêt collectif (la ville est une collectivité) n'émerge pas naturellement. Il doit être construit et balisé.

Quant à la notion de palimpseste, nous sommes passés - notamment à Bruxelles - d'une période de dédain complet pour le passé (ex.: démolition de la Maison du Peuple de Victor Horta en 1965) à une période d'encensement où - par un mouvement de retour de balancier - quasi tout ce qui est antérieur à 1932 (*) mériterait d'être gardé . C'est là une incarnation dramatique, un symbole, de notre frilosité et de notre conservatisme ! Nous refusons aujourd'hui de juger ces legs de l'histoire, nous nous interdisons de choisir/distinguer ce qui vaut (à notre sens) la peine d'être gardé et la forme dans laquelle cela doit être fait (en « chair et en os », virtuellement …). Nous devons revendiquer cette possibilité, cette nécessité de choix afin de permettre l'adaptation de notre cadre bâti aux questions essentielles de notre société ; il nous faudra - au travers des critères de notre époque - assumer de nouveaux choix...et les éventuelles erreurs qui en découleraient.  Etre décomplexé par rapport à la dimension actuelle du tout patrimoine, ne consiste ni à tout détruire ni à tout garder et doit s'inscrire dans des limites assumées que les pouvoirs publics doivent baliser. Avec esure, discernement et … choix

(*) voir  www.crms.irisnet.be

LIEUX DE RENCONTRE DE STOCKS ET DE FLUX

Q.: Est-on à l'aube d'un nouveau modèle urbain 'intense' ?

P. Vermeylen : Lorsque Renzo Piano parle d'intensification des villes (en associant par ailleurs cité à civilité) , il dépasse ce qu'on sait depuis longtemps quant à la nécessité de rendre les villes compactes , pour entrer dans une autre dimension, celle qui définit les métropoles  comme  des lieux de rencontre entre des stocks et des flux (**).

Or, dans la majorité de nos analyses, nous prenons surtout en compte les stocks (ex.: construire X milliers de logements/an) et très peu les flux (ex.: changement de mode de vie, de travail et d'usage, changement de composition des ménages, du rapport intergénérationnel, notion de recyclage, ... ). On rappellera donc que nous ne sommes plus dans le fordisme  (produire des stocks) mais dans l'internet, c'est-à-dire dans l'intensité de la communication (smartphones et autres ordinateurs) liée la révolution numérique.

Cela signifie que la question du comment intensifier dépasse le débat ancien><nouveau  au profit d'une interrogation plus saugrenue mais toutefois pertinente : Comment aller au-delà de la mort des mammouths (***) dont les cadavres sont les immeubles ayant perdu leur vitalité (leur flux) au profit d'autres bâtiments.

Ainsi, les gares dans lesquelles on trouve aujourd'hui des commerces, des espaces de co-working, des espaces de soins, etc., sont désormais bien davantage que des arrêts pour trains !

Ces nouveaux modèles nous transmettent un message : un bâtiment n'est vivant que connecté aux flux, faute de quoi il devient un fossile du genre mammouth. Pour les architectes et urbanistes cela suppose de prendre en compte la dimension de ré-adaptabilité continue des bâtiments. On parlera alors d'exit d'un usage au profit d'un autre ou du même usage reconnecté.

(**) Voir 'Le temps de la Métropole. Parcours en Europe' - Ed.: L’Harmattan. - Aut.: P. Vermeylen.

(***) Inscrit dans l'actualité de la crise migratoire, le bâtiment WTC de Bruxelles est un mammouth mort. Sa fonction bureau n'existe plus ce que montre son nouvel usage d'abri pour  réfugiés.

K. Borret : Cette réflexion sur l'intensification sous-entend une dichotomie entre ville et non ville. Or, sans risque de se tromper énormément, on peut affirmer que tout le territoire de la Belgique est urbanisé, ne serait-ce que dans son mode de fonctionnement !

La ville compacte n'existe donc plus et toutes les entités urbaines font partie d'un réseau dépassant leurs simples limites administratives. Si aujourd'hui, surtout en Europe occidentale , nous sommes entrés dans une phase de bannissement de l'étalement horizontal des villes (périurbanisation) au profit d'une transformation/densification , éventuellement verticale, il reste que chaque partie de ces villes élargies voire étalées devra s'adapter. Cela signifie d'abandonner l'idée selon laquelle seuls les centres urbains sont les lieux d'implantation de tours.  Ramené à l'exemple de Bruxelles, il apparaît alors clairement que la deuxième couronne (construite dans le seconde partie du XXème) doit évoluer vers plus de mixité, de densité, d'urbanité .  Le vrai défi  de la rénovation urbaine du XXI siècle - il doit notamment contribuer à ramener une classe moyenne en ville -  porte donc aussi, voire surtout, sur la densification de la périphérie proche.

C. Sibilde  : Oui, à condition de ne pas répéter les erreurs. C'est le risque de certains quartiers dont celui  Marcel Thiry qui semble voué à cumuler les faillites pour cause de mono fonctionnalité, celle du bureau hier, celle du logement aujourd'hui et demain.

A l'opposé, on voit apparaître en Brabant wallon (notamment à Lasne !) un phénomène de vente accrue de villas 4 façades, parallèlement à l'émergence de projet d'immeubles denses. Difficile à imaginer il y a 5 ans seulement ce mouvement montre qu'il existe bien une tendance vers un nouveau modèle urbain, qu'on soit en centre-ville ou en périphérie.

P. Vermeylen : C’est l’illustration du passage du phénomène NIMBY (not in my backyard) au phénomène BIMBY (build in my backyard) par lequel on densifie aussi en utilisant les espaces entre les 4 façades de villas ou pavillons de banlieue, ce qui a pour effet de valoriser le foncier, de permettre aux habitants de rester sur leur parcelle, d'établir un partenariat entre voisins, .... Notons, qu'ici aussi, et sans cette dynamique, les villas seront bientôt des petits mammouths

LA BIODIVERSITÉ APPLIQUÉE Á L'IMMOBILIER

Q.: Comment - selon quel modèle - associer intensité et diversité ?

C. Sibilde : Sans entrer dans une polysémie notons que le mot intensifier comprend la notion de tension qu'on peut imaginer entre des pôles différents.

Nos villes n'ont certes plus de murailles ni de fossés pour délimiter leur territoire mais toutes transformations relèvent de tensions (sociales, économiques...).

Lorsque Hausmann transforme Paris, il affronte des tensions sociales et répond à une évolution économique. Aujourd'hui, à travers les pressions exercées tant par le monde économique que par celui de la construction, nous ressentons une crainte et des hésitations quant à la notion même de densification.

Pourquoi ?

Parce qu'on n'en perçoit qu'une petite partie  (exemple caricatural : on va rajouter X niveaux sur chaque immeuble à toit plat ! ) alors que la qualité et la performance des villes relèvent aussi de diversités - et donc des tensions - entre différents modes/cultures d'habiter la ville, entre différentes fonctions/quartiers. Densifier ce n'est pas construire 2.000 logements identiques sur une même zone. De même qu'il convient de respecter la biodiversité de la nature, il convient d'aider la nature (voire jouer son rôle) à appliquer cette biodiversité à l'immobilier  !

M. Stryckman : Passer d'une ville aux quartiers monofonctionnels et juxtaposés à celle d'une mixité reconstruite - selon la formule : reconstruire la ville sur la ville -  est à mettre en parallèle avec la vitesse d'obsolescence des techniques et des immeubles tertiaires qui les abritent, l'apparition des modèles familiaux 'patchwork' ou explosés qui réclament d'autres habitats, l'omniprésence des technologies de communication permettant de travailler de partout, etc.

A cet égard, les 14 km du canal de Bruxelles constituent une zone intéressante. En effet, outre ce qui s'y développe/construit, cet espace est devenu celui de la réunion de deux parties de la ville et constitue une opportunité de créer des interactions entre plusieurs pôles ( éviter les ghettoïsations).

Cette opportunité se traduit notamment dans la création des ZEMU (Zone d'Entreprises en Milieu Urbain). Toutefois, ces outils urbanistiques intelligents - destinés à créer des lieux de rencontre et de développement de fonctions diverses (artisanat, logement, commerce, culture,...) - ne fonctionneront qu'à la condition de s'établir sur des parcelles suffisamment grandes pour éviter des juxtapositions (voire  des empilements) de fonctions parfois désastreuses car non gérées."

GLISSEMENT DES MENTALITÉS ET CEINTURE VERTE

K. Borret : Les Zemu ont effectivement l'ambition d'être un bon outil de densification multifonctionnelle, même si aujourd'hui encore nous manquons d'une capacité à (ré)inventer des typologies d'immeubles permettant la cohabitation multifonctionnelle. Ce travail - qui reste à faire - sur la typologie architecturale doit impérativement répondre à la stratégie urbanistique proactive (et risquée) des autorités publiques de reconquête du canal .

Nul doute que doive s'opérer là un glissement de mentalité (mental shift) permettant l'imagination et la construction de nouveaux modèles d'immeubles.

P. Vermeylen : Pour avoir travaillé en France depuis une décennie, je relève que les métropoles attractives  (Bordeaux, Lyon, ... ) sont en compétition, non pour proposer des zones d'activités économiques mais pour offrir des espaces de travail flexibles : combien d'espaces de co-working, de Fab-Labs, de nurserie d'entreprises, etc., ... peuvent être développés et attirer des créateurs ?

Reformulée, cette  question devient : Comment faire, aujourd'hui, pour sortir le créateur de l’isolement et faire en sorte qu'une bonne idée  trouve un lieu (fertilisateur) où se développer ? C'est le défi des Zemu.  Il s'agit de réinventer comment la ville peut produire, non seulement des services, mais aussi les biens très adaptés, individualisés, en séries courtes, par l’alliance entre un nouvel artisanat et les  nouvelles technologies.

A cette réflexion s'en ajoute une autre. La compétition que se livrent les villes sur le  développement de la créativité est saine et normale. Bruxelles est toutefois un peu en retard sur ses voisines européennes !

R. Chevalier : Si je me replace dans l'historique de Bruxelles je constate que nous sommes passés en +/- 30 ans d'un modèle tout bureau à un modèle tout habitat pour enfin entrer dans une période de valorisation de la mixité intense.

Cela posé, instaurer une ceinture verte (greenbelt) à la ville afin de réduire son étalement n'est pas nécessairement une bonne idée.

A Londres, le système montre ses effets pervers. En effet, le coût des logements dans la capitale anglaise est devenu (très) cher et on assiste à un embourgeoisement  (gentrification)

de l'intramuros alors que la population active - mais économiquement plus faible - se voit contrainte à l'exode et donc à entrer dans un système de navettes contribuant à accroître le trafic ! En d'autres mots on a déplacé le problème mais on ne l'a pas réglé.

P. Vermeylen : Ne systématisons pas. Nous vivons désormais selon un mode globalisé via les technologies de la communication/connectivité : son pendant est le renforcement  de la nécessité de créer des attaches locales fortes, c'est à dire des contacts de proximité tant entre les hommes qu'avec la nature.

A cet égard, le développement d'une ceinture verte fait sens dès lors qu'elle permet aux urbains un accès rapide et facile à la nature. Ainsi, au mauvais exemple de Londres - la ceinture verte divise - on peut opposer le bon exemple de la ville basque de Vitoria-Gasteiz pour laquelle la ceinture verte rassemble et agrémente la vie urbaine. 

Ajoutons qu'au niveau local, il importe de comprendre les paysages.

Longtemps les remparts ont fixé les limites clairement visibles et compréhensibles de la ville. Aujourd'hui - comme cela a été dit - ces bornes ont disparu : où commence/finit la ville, où sont les limites et les ancrages ? L'émergence des thématiques du cycle de l'eau (revalorisation du canal à Bruxelles, des Quais de la Sambre à Charleroi, des bords de Meuse à Liège,...) sont une partie de la réponse à la question des repères, dont une autre partie s'exprime dans les ceintures vertes.

P.Lhoas : Rappelons qu'il existe aussi des ceintures administratives régionales ! Elles sont certes moins visibles mais, au moment où se profile la réflexion sur la densification, elles posent plusieurs questions dont celles de :

- l'échelle (communale, régionale, nationale) à laquelle il faut envisager l'urbanisme ;

- la collaboration à imaginer entre les entités fédérées.

Ces questions sont d'autant plus prégnantes que les ressorts de la règlementation actuelle tout comme les modèles d'habiter qu'elle sous-tend  ( notamment incarnés dans les RRU), ont 30 ans et sont largement dépassés. S'il s'agit de ne pas permettre n'importe quoi et donc d'accepter un contrôle des pouvoirs publics, il s'agit aussi de favoriser l'éclosion et la mise en oeuvre d'idées audacieuses nouvelles en phase avec les besoins de notre société.

UNE FAUSSE DYNAMIQUE DE L'IMMOBILIER ?

D. Roulin : Le développement du territoire ne sera pas pertinent s'il n’est que le résultat de règles à respecter, de contraintes. Nous préférons les notions de dynamiques et de synergies par lesquelles il s'agira, à chaque fois, d’inventer un nouveau modèle, sur-mesure, adapté à un contexte (géographique, urbanistique, économique, social et culturel), et d' accompagner , dans ce processus de mutation, les pouvoirs publics autant que les investisseurs privés.

Si je considère le projet Docks Bruxsel (nous y travaillons depuis 10 ans), force est de constater que les réflexion sur les nouvelles manières d’envisager le commerce, l’activité productive ou la mixité de fonctions se heurte en permanence à la vision des agents immobiliers, inscrite dans une perspective beaucoup plus traditionnelle : favoriser  ce qui se fait (et se vend) plutôt que ce qui pourrait/devrait se faire (mais comporte un risque commercial).

K. Borret : Il est exact que si les règlements actuels font parfois obstacle à la créativité, la position du secteur immobilier - derrière des apparences très dynamiques et progressistes - reste très conservatrice. En d'autres mots on construit toujours ce qui a fonctionné (lisez : ce qui a été vendu) et le marché ne se réinvente donc que très peu.

C. Sibilde : Ce que confirme la position de la plupart des investisseurs institutionnels retranchés derrière la stratégie de tel ou tel fonds de pension fort désireux d'acheter du commerce, du logement ou du bureau mais pas de mixité.

K. Borret : Sans doute faute d'une mauvaise interprétation de la mixité. On retrouve ici le glissement mental  à opérer parce que les habitants des villes n'associent plus - par exemple - un atelier avec une fonction urbaine. Or, si vous considérez le projet de Tour & Taxi tel une sorte de microcosme dans lequel se retrouvent un parc, du logement, une zone d'entreprise, des espaces publics, etc. vous créez un espace urbain qui règle le 'conflit' entre ces activités en même temps qu'il favorise leur développement.

CITÉ ET CIVILITÉ

P. Vermeylen  : Une autre évolution radicale est celle qui touche - et touchera bien plus encore à l'avenir - le commerce sous l'effet de l'internet. Il s'agit désormais - comme le démontre les Apple Store - d'offrir du service intégré et non uniquement des biens.

Parallèlement, on constate aujourd'hui - sous l'effet notamment d'une accessibilité/mobilité de plus en plus difficile des centres commerciaux périphériques - que les enseignes de la grande distribution réinvestissent le niveau local (maxi-épicerie de quartier). Ce retour à la ville - favoriser par le principe 'je vais chercher en magasin ce que j'ai vu ou commandé sur internet'  - annonce une désaffectation (une mammouthisation !)  des grands centres commerciaux périurbains, déjà en cours pour certains d'entre eux.

C. Sibilde : A Charleroi, où nous avons travaillé sur le projet Rive Gauche, on constate que le redéveloppement des cœurs de villes est une volonté politique qui relève moins d'une nécessité socio-économique que d'une opportunité de régénérer un tissu urbain.

D. Roulin : Tissu d'autant mieux régénéré que ces espaces commerciaux urbains n’ont de sens que s’ils créent une valeur ajoutée au niveau du territoire et non uniquement au regard  des marchandises proposées ! Ce qui compte, c’est que leur attractivité soit renouvelée en permanence et surtout, en adéquation avec les attentes - elles évoluent très vite - du public.  Comme dans une ville, il importe dès lors que ces espaces offrent une mixité d' enseignes et d' activités (horeca, cinéma, culture, ...) autour desquelles s'agrègeront alors naturellement de nouvelles dynamiques urbaines. Il faut que la greffe prenne !

P. Vermeylen : Il s’agit de quitter le modèle actuel de la ville du toujours plus (on parle désormais d'une économie chrématistique pour désigner la surconsommation) au profit de celui du davantage de prospérité pour tous : cela portera aussi sur les flux humains dans lesquels nous ne voudrons plus être anonymisés.

La crise actuelle des réfugiés est un signe avant-coureur d'un phénomène appelé à s'étendre (dans un monde globalisé, les guerres - et leurs conséquences - sont elles aussi globalisées) et pose dès lors une question : nos villes seront-elles suffisamment malléables - dans le fond et dans la forme - pour être une grande fabrique de citoyenneté ou, en d'autres mots, capables d'associer cité et civilité ?

M. Stryckman :  La période 2000 > 2015 a vu l'émergence des réseaux  et l’amplification de leur utilisation , point de départ d’une mobilité/communication importante qu'il s'agisse du lieu de travail et/ou de vie.

La prochaine (2015 > 2030) demandera aux villes de se réinventer face à des habitants  en ligne  et  désormais hyper connectés avec toutes les conséquences que de tels changements impliquent.

 

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