Ath, picture by Paul Hermans.

Ath

Écrit par Stephan Debusschere le 7 mai 2017

Les appartements plus chers que les maisons mitoyennes

Dans la Cité des géants, l’immobilier neuf a le vent en poupe, avec pour point de mire la croissance démographique attendue. 

Dans la ville d’Ath, le potentiel d’amateurs locaux a diminué depuis la crise de 2008, remplacé par un nombre conséquent de candidats acquéreurs provenant désormais de la Région bruxelloise mais aussi des zones de la dorsale de l’A8. C’est que la ville présente de gros avantages en termes de mobilité, avec l’A8 desservant Bruxelles en 30 minutes et une gare la connectant à Bruxelles en 25 minutes.

Retour à 2013

Les maisons jointives avaient encaissé une petite correction à Ath courant 2015, équivalente à l’augmentation en 2014. Ce retour aux valeurs de 2013 n’a donc pas signifié une baisse de prix. Au contraire, avec une progression du prix médian à 160 000 euros, l’année 2016 a démontré que ce segment reste une valeur sûre en Hainaut occidental, et c’est d’autant plus le cas à Ath, étant donné la hausse de l’attrait de la ville suite aux grandes rénovations dont elle a fait l’objet et aux facilités qu’elle offre désormais.

L’attrait du produit fini

Le segment des villas de 30 à 40 ans d’âge reste le plus durement touché. Ces biens, où presque tout est à rénover, avaient subi une baisse allant jusqu’à 25% au lendemain de 2008. Avant la crise, les candidats acquéreurs se focalisaient sur le prix d’achat, quitte à sous-estimer le montant des rénovations nécessaires. Mais la tendance s’est depuis largement inversée, les candidats à la propriété craignant de ne pas pouvoir assumer ces dépenses.

L’attrait du produit fini a donc fait son œuvre. En conséquence, ce sont les biens qui ne nécessitent pas ou peu de travaux et dont le profil énergétique est viable qui ont désormais la préférence des acheteurs, avec des prix qui restent plutôt stables pour les biens récents, c’est-à-dire datant de 10 ans au plus.

Ath, picture by Paul Hermans.

Biens haut de gamme en berne

Sur le segment des fermettes et des propriétés de 300 000 euros et plus, la demande reste toujours faible. Une situation qui ne concerne d’ailleurs pas uniquement Ath et sa région, car la demande pour ce type de biens n’a jamais été importante au niveau de toute la province. La majorité des candidats ne regardent que de très loin les maisons sises sur des terrains d’une dizaine d’ares et plus, et se contentent désormais de la moitié.

Le neuf a la cote 

Au lendemain de la crise de 2008, l’attrait du produit fini s’est répercuté sur le segment des appartements neufs. Si la demande n’a en finalité pas posé de problèmes en ce qui concerne les petits appartements d’investissement ou des appartements 2 chambres jusqu’à 160 000 euros, les candidats sont devenus plus exigeants au-delà de ce plancher. Il faut que l’emplacement soit de qualité et que le produit fini puisse être apprécié. Une tendance qui se poursuit aujourd’hui. L’immobilier neuf a le vent en poupe, avec pour point de mire la croissance démographique attendue. Pour répondre à la demande, les promoteurs montent des projets avec des unités de logement moins vastes, pour compenser le prix à la hausse des coûts de construction. L’offre est donc composée principalement d’appartements dont la superficie habitable est inférieure ou égale à 100 m², pour un prix fixé en moyenne à 1900 euros du m².

De nombreux projets sont créés, dont la grande majorité prennent place à proximité directe du centre, à l’instar de l’ambitieux projet de revitalisation urbaine « La Sucrerie » devant offrir plus de 200 logements. Sur le site historique des anciennes sucreries, le long de la Dendre et à proximité de la gare, ce futur ensemble mixte de logements et de services sur 20 000 m2  va permettre de réaliser un nouveau quartier de ville prévoyant une mixité dans la typologie des logements, une mixité générationnelle ainsi que des espaces communs de qualité.

Cet engouement pour le neuf n’empêche cependant pas les appartements de seconde main de garder une bonne cote et même de progresser, avec un prix médian de 168 750 euros pour l’année écoulée.

Logic Repères

Maison mitoyenne : 160 000 euros
Appartement : 168 750 euros
Appartement neuf 2 ch. : 1900 euros/m²

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