Augmentation obligatoire de la surface des appartements à Anvers

Augmentation obligatoire de la surface des appartements à Anvers

Écrit par Renaud Chaudoir le 12 août 2019

Une bonne chose ou pas ?

Le conseil communal anversois a récemment adopté de nouvelles règles relatives à la surface minimale des nouvelles constructions. Les appartements devront à l'avenir être un peu plus grands. Cette décision a déjà suscité le mécontentement d'un promoteur immobilier. Mais l'augmentation obligatoire de la surface des appartements est-elle vraiment une mesure antisociale ?

Augmentation obligatoire de la surface des appartements à Anvers

Nouvelles surfaces minimales, nouveaux prix

Les nouvelles normes mises en place par le conseil communal anversois sont applicables dans toute la ville. Ainsi, les appartements d'une seule chambre devront mesurer au minimum soixante mètres carrés. Pour un appartement de trois chambres, il s'agit de 110 mètres carrés et de 130 mètres carrés pour une habitation de quatre chambres.

Pour satisfaire aux nouvelles normes, les appartements anversois devraient mesurer en moyenne 20 % de plus que leur surface actuelle. Il va de soi qu'un appartement plus grand coûte aussi plus cher. D'après les calculs du promoteur immobilier Immpact et de l'organisation professionnelle UPSI-BVS, cela représenterait une hausse pouvant aller jusqu'à 50 000 euros. Avec l'entrée en vigueur des nouvelles règles, un appartement d'une chambre, qui se vend aujourd'hui pour un peu moins de 150 000 euros, passerait à un prix de vente de 188 470 euros, soit une hausse de 26 %. Pour un appartement de trois chambres, la hausse de prix équivaudrait à environ 50 000 euros.

Et le regroupement de l’habitat ?

Outre la hausse des prix de vente, on s'attend également à une augmentation des loyers des appartements anversois. La nouvelle règle serait donc « antisociale » selon Immpact. « En imposant des surfaces minimales, l'administration communale espère attirer plus de familles », explique le CEO Philippe Janssens à De Standaard. « Mais en pratique, cela signifiera que le citoyen lambda ne pourra plus se permettre une nouvelle construction. » Selon Janssens, la mesure va à l'encontre des prévisions démographiques et des tendances actuelles qui indiquent un regroupement d l’habitat : « Notre société compte de plus en plus de célibataires, d'isolés et de personnages âgées qui ne peuvent pas se payer de grands appartements ou veulent justement habiter dans un lieu plus compact, pour faire des économies d'énergie. »

Si l'administration communale applique bel et bien la mesure, il se verra contraint de quitter Anvers pour continuer ses activités de promoteur immobilier.

Augmentation obligatoire de la surface des appartements : une mesure à l'encontre de la tendance

La fédération professionnelle UPSI-BVS aussi s'inquiète de la décision prise par le conseil communal. Olivier Carrette déclare à De Standaard que dans d'autres villes et communes, on observe le mouvement inverse : « Les normes sont au contraire réduites. En tant que promoteurs immobiliers, nous répondons à la demande du marché. Et la demande des Flamands va vers un habitat plus petit, plus compact et moins cher. »

Malgré tout, l'administration communale d'Anvers maintient sa décision. « Proposer un logement toujours plus petit constitue un défi », explique l'échevin du logement Fons Duchateau (N-VA). « Dans les quartiers très demandés en particulier, c'est une approche qui renforcera les problèmes. Nous opposons le "toujours plus petit" au "toujours plus créatif". » Il insiste sur le fait que des écarts de 15 % par rapport aux normes sont possibles en prévoyant des espaces collectifs dans les habitats collectifs. « Nous répondons ainsi aux inquiétudes face à la pression à la hausse sur les prix », ajoute l'échevine anversoise de l'urbanisme Annick De Ridder (N-VA).

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