Binche, picture by Jean-Pol Grandmont.

Binche

Écrit par Stephan Debusschere le 1 novembre 2018

Un marché sans pression

Bien que les prix de son parc immobilier semblent stagner, la ville de Binche et sa périphérie n’en restent pas moins un marché très stable.

Binche, picture by Jean-Pol Grandmont.Située sur l’axe reliant les villes de Mons et Charleroi, l’entité binchoise, comptant quelque 35 000 habitants, regroupe huit anciennes communes : Bray, Buvrinnes, Epinois, Leval-Trahegnies, Péronne-lez-Binche, Ressaix, Waudrez et Battignies. L’entité apparaît comme la zone chic de la région du Centre, et nombre de personnes souhaitent ainsi acquérir un bien dans le centre, notamment par attrait pour son célèbre carnaval qui a été élevé au titre de Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité par l'UNESCO en novembre 2003.

Pas de pression immobilière

Au terme de ce premier semestre, le prix médian de la maison de rangée, qui reste le maître-achat local à Binche, comme c’est le cas aussi dans toute la Wallonie orientale avec les marchés de Mons et de Charleroi, s’est chiffré à 132 500 euros, soit un léger repli par rapport à l’ensemble de l’année écoulée. Mais force est de constater que le marché binchois subit peu de pression immobilière. Les prix n’augmentent ni ne baissent de manière significative. Sur les 5 dernières années, la progression des prix ne s’est ainsi chiffrée qu’à 9%. Une douce progression qui n’a jamais menacé la stabilité du marché binchois qui présente des prix correspondant bien au profil des candidats acquéreurs, en majorité des jeunes couples en mesure de se permettre cet engagement financier. Lorsqu’il est à rénover, ce type de bien – des maisons mitoyennes de 2 à 3 chambres avec un jardin – présente une fourchette de prix entre 70 000 et 80 000 euros. Et pour quelque 100 000 euros, on peut même déjà trouver une maison quasi habitable directement, mais qui demande bien entendu des travaux de rafraîchissement et de remise aux goûts du jour.

La demande est d’ailleurs restée constante, car tant que les prix restent sous la barre des 200 000 euros, les biens se vendent relativement aisément et dans des délais tout à fait raisonnables. Pour trouver des biens moins chers dans la région, il faut se rendre du côté d’Erquelinnes ou Merbes-le-Château, où le prix médian d’une maison ne dépasse pas la barre des 125 000 euros, où encore Morlanwelz où ce prix médian reste inférieur à 120 000 euros. A l’inverse, avec des prix médians supérieurs à 170 000 euros, les communes de Thuin et Ham-sur-Heure-Nalinnes apparaissent les plus chères de l’arrondissement. Au sein de cette dernière, le prix médian a même franchi la barre des 200 000 euros.

Plus stable qu’au sud

Avec son prix médian de 132 500 euros, la maison de rangée binchoise correspond pour sa part au prix médian de l’ensemble de l’arrondissement de Thuin. On peut même ajouter que, sur ce segment, Binche est à l’image du reste de la Province du Hainaut, stable et sans forte évolution dans un sens ou dans l’autre. Ce qui n’est pas le cas au sud de Binche, où la stabilité n’a pas été de mise. On constate en effet que les évolutions de prix y ont connus des variations plus importantes. C’est à Sivry-Rance que le prix d’une maison a diminué le plus au cours de ce premier semestre (-10%). D’autres communes ont connu des reculs plus importants, comme Chimay et Froidchapelle, tandis que la plus forte augmentation de prix a eu lieu
à Ham-sur-Heure-Nalinnes. Des situations de « montagnes russes » que ne connaît pas Binche.

Petite baisse de régime pour les appartements

Si Binche n’est pas à proprement parler un marché d’appartements, la commune a enregistré par le passé un nombre plus important de transactions que bien d’autres communes de Wallonie orientale. Une tendance qu’elle a confirmée au sein de son arrondissement au cours de 2017. Un résultat qui s’est accompagné en revanche d’une correction au niveau des prix, qui s’apparente davantage à une stabilisation, un retour à la normale qui renforce la situation de stabilité du marché. Dès 2010, on avait ainsi noté une hausse sensible des prix.

Si le prix médian en 2015 et 2016 avait affiché une légère bonification après deux années de stabilisation, celle-ci a néanmoins été rapidement corrigée. La tendance s’est ensuite confirmée sur l’ensemble de 2017. Si la concurrence du neuf fait son œuvre et met la pression sur les prix du marché secondaire, le prix médian d’un appartement binchois n’a néanmoins pas encaissé de recul sensible et se chiffre à 130 000 euros. En détaillant les résultats au niveau des entités, c’est en réalité à Battignies que la plus forte diminution a été enregistrée sur base annuelle.

Cherche villa en bon état

Sur le segment des villas, on assiste depuis cinq ans à un rattrapage des prix. Les dernières estimations semblent indiquer une nouvelle bonification, pour un prix qui peut dépasser le seuil des 250 000 euros. Mais qu’on ne se leurre pas. Sur ce segment qui reste globalement en berne à cause de son coût élevé à l’entretien et de son profil énergétique souvent défavorable, ce sont essentiellement les biens en bon état et qui jouissent d’une bonne localisation qui parviennent véritablement à tirer leur épingle du jeu. Le seuil psychologique des 250 000 euros est aussi loin d’être neutre, car il s’agit là du montant à partir duquel on dépasse le cadre d’un remboursement supportable au vu de la moyenne des revenus. Quant aux biens et propriétés plus haut de gamme, leur vente reste à leur image : exceptionnelle, mais néanmoins réelle

Un marché du neuf sain

L’activité sur le marché du neuf reste soutenue à Binche. Son évolution favorable autorise les promoteurs à mettre sur pied des projets sans attendre d’obtenir des ventes fermes sur plans. La majorité des nouvelles promotions – des immeubles de 6 à 12 unités en moyenne – se développent surtout en périphérie. Dans le centre historique protégé, les restrictions urbanistiques et la relative pénurie de terrains limitent en toute logique la mise sur pied de nouveaux projets. Les appartements neufs dans le centre sont en conséquence fort recherchés et se vendent donc à des prix plus élevés selon la situation et le standing, à l’instar de la résidence « Le Clos du Mimosa » située sur le site de l’ex-gendarmerie, et qui propose des appartements et duplex 2 et 3 chambres dans une tranche de prix comprise entre 185 000 et 265 000 euros.

Buvrinnnes attise les convoitises

Parmi les zones les plus prisées de l’entité, hormis le centre, citons en premier lieu le paisible village de Buvrinnes qui concentre les biens de plus grande valeur. Son caractère très rural, ses fermes et fermettes attisent logiquement les convoitises. Dans une tranche de prix plus abordable, l’engouement se porte aussi sur les entités de Péronnes et Ressaix, où de nombreuses et anciennes maisons ouvrières font l’objet de très belles rénovations. Plus dense et toute proche du centre de Binche, l’entité de Waudrez fait également partie des zones les plus convoitées.

Repères

Maison : 132 500 euros
Villas : 250 000 euros
Appartement : 130 000 euros
Appartement neuf : de 1800 à 2300 euros/m2

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