Bruxelles

Des locataires de plus en plus vieux

Écrit par Masquelier Frédérique le 31 mai 2016

Plus âgés et moins fortunés, les locataires le restent plus longtemps

En moyenne, le locataire bruxellois est âgé de 45 ans, signe du vieillissement de la population locative. En 2004, l’âge moyen était de 36 ans. Après être longtemps resté stable autour de 39 ans, il a grimpé à 43 ans en 2010 en raison d’une part toujours plus importante de locataires de plus de 75 ans. Ces derniers représentent 8 % des locataires de la capitale en 2015.

Seuls ou en famille

Sans surprise, puisqu’il s’agit de constantes observables depuis quelques années déjà, la part de locataires vivant seuls (44 %) équivaut à celle des locataires vivant en couple, avec ou sans enfants (43 %). A noter que 39 % des biens abritent des enfants.

La stabilité est de mise

En 2015, la durée des baux est en moyenne plus longue qu’elle ne l’était en 2013 : 40 % des locataires ont signé un bail de 9 ans, alors qu’ils n’étaient que 22 % auparavant. De même, ils sont 19 % à avoir opté pour un bail d’un an, contre 30 % voici deux ans. Cette tendance à la stabilité se reflète dans le laps de temps moyen pendant lequel les locataires de la capitale occupent leur logement : 6 ans et 8 mois. "Cette hausse de la stabilité de la population locative bruxelloise est sans doute due à son vieillissement", souligne le rapport. Elle peut aussi provenir du fait que la location semble moins être un choix qu’une nécessité. En effet, avant 2008, près de 40 % des locataires envisageaient d’accéder à la propriété après avoir quitté leur logement. En 2015, ils sont 28 % seulement, une proportion qui persiste depuis 2008.

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Revenu et loyer : un rapport en déséquilibre

Le revenu disponible moyen des locataires bruxellois est établi, en 2015, à 1787euros. C’est que 37 % d’entre eux se contentent d’un seul revenu du travail, contre 18 % jouissant de deux rentrées financières. Près d’un quart (23 %) dépend des allocations familiales, 5 % sont étudiants et 17 % sont titulaires d’une pension. Partant d’un loyer moyen à 709 euros, la part consacrée au logement dans le budget des locataires bruxellois s’approche dangereusement des 40 %. Ce décrochage entre loyer et revenu moyens, qui devraient pour bien faire se caractériser par un rapport de 1 à 3, "résulte d’un appauvrissement de la population bruxelloise en général, et locative en particulier", indique le rapport.

Le cas particulier de la colocation

En 2015, 7 % du parc locatif bruxellois sont occupés par une colocation. Ces logements se caractérisent généralement par une taille supérieure à la moyenne, mais ne sont pas significativement plus confortables ni plus performants d’un point de vue énergétique, le tout pour un loyer plus onéreux. Ceci étant, divisé entre les différents colocataires, ce dernier reste largement en deçà du loyer moyen pratiqué à Bruxelles : 373 euros mensuels. Pour un quart des colocataires, il est même question d’un montant inférieur à 275 euros. Des économies d’échelle qui attirent un public jeune… et moins jeune. L’âge moyen des colocataires augmente et atteint, en effet, et en 2015 toujours, 35 ans. Preuve que ce type de vivre ensemble brasse plus large que les étudiants ou les jeunes travailleurs, 22 % des colocataires vivent en couple… avec enfants (!), contre 18 % en couple sans enfants. Une évolution qui se marque également dans le revenu moyen des colocataires, d’année en année plus élevé que celui de l’ensemble des locataires de la capitale.

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