Regroupement de l’habitat : un must pour sauver les espaces ouverts ?

Le regroupement de l’habitat

Écrit par Renaud Chaudoir le 29 mars 2019

Un must pour préserver les espaces ouverts ?

Qui s’amuse à comparer l’état des paysages actuels avec ceux d’il y a plusieurs décennies aura bien du mal à la nier : les espaces ouverts disparaissent à une vitesse effrayante, en particulier en Flandre. Pour ne pas encourager cette urbanisation grandissante et sauver le peu d’espaces ouverts encore existants, le gouvernement flamand a donc annoncé l’entrée en vigueur d’une mesure « stop au béton » dès l’an 2040. Il répond aux aspirations de l’Architecte du gouvernement flamand Leo Van Broeck, qui plaide depuis de nombreuses années pour un mode de vie moins intrusif des espaces naturels. Bien, mais qu’implique ce « stop au béton » ? Devrons-nous à l’avenir vivre les uns sur les autres ? Pas de panique, nous vous expliquons tout !

Regroupement de l’habitat : un must pour sauver les espaces ouverts ?

Les espaces ouverts, un paradis pour la faune, la flore et les humains

Les espaces ouverts sont un bien précieux. La faune et la flore y sont d’une richesse infinie, et les hommes y trouveront l’énergie dont ils ont besoin pour se ressourcer. Une courte promenade revigorante, une séance de jeu avec les enfants… Voilà autant d’activités qu’il est préférable de réaliser dans un cadre verdoyant qu’au beau milieu d’une jungle de béton. Saviez-vous que des études scientifiques avaient d’ailleurs démontré qu’un cadre de vie verdoyant contribuait à la bonne santé physique et psychique de l’Homme ? Les arbres et plantes purifient l’air en transformant le CO2 en oxygène et en filtrant les substances nocives qu’il contient, mais possèdent aussi une couleur attirante pour le regard et extrêmement apaisante.

Si nous voulons continuer à profiter de ces espaces ouverts à l’avenir, lorsque la population aura encore crû davantage, agir à temps est donc une nécessité absolue. Bétonner la campagne n’est plus une option, le regroupement de l’habitat bien.

Qu’implique le « stop au béton » ?

Le gouvernement flamand insiste aujourd’hui sur le fait que le « stop au béton » n’est en rien une interdiction de construction. Après 2040 aussi, la Flandre verra apparaître de nouvelles habitations sur son territoire. En revanche, la construction de nouvelles habitations ne pourra se faire au sacrifice des espaces ouverts existants.

Ce qu’implique bel et bien le « stop au béton », c’est que les maisons quatre façades se feront de plus en plus rares. Nous serons contraints de construire plus proches les uns des autres, que ce soit en ville ou à la campagne. Les logements superposés deviendront également la norme dans les décennies à venir, même si les appartements ne seront pas les seules habitations encore accessibles dans nos villages. L’Architecte du Gouvernement flamand Leo Van Broeck appelle à une transformation des villages surpeuplés servant de dortoirs en « villes miniatures », où fleurissent les commerces et services utiles à la population. Les villages plus petits, par contre, doivent selon lui être préservés en l’état.

Tous colocataires à l’avenir ?

Ce qui est sûr, c’est que le « stop au béton » stimulera les formes d’habitat alternatives telles que l’habitat groupé. Cette dernière ne reste cependant qu’une de nombreuses possibilités envisageables, et ne se présente en aucun cas comme une obligation. La cohabitation se décline sous de nombreuses formes et formules. Familles, couples ou célibataires peuvent partager des espaces de vie entiers, mais aussi opter uniquement pour une remise ou un jardin commun.

Notons en outre que l’habitat groupé n’est pas seulement possible en ville. À la campagne aussi, de vieilles fermes, presbytères ou bâtiments scolaires peuvent être transformés en habitations multifamiliales.

Outre les appartements et habitats groupés, les tiny houses savamment agencées répondent elles aussi à cette nécessité de vivre de manière plus compacte. Comme elles le prouvent, vivre plus proche les uns des autres ne signifie certainement pas que nous devrons faire définitivement une croix sur le confort de vie auquel nous avons été habitués jusqu’ici.

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