Essayer son habitation pour l’adopter

Essayer son habitation pour l’adopter

Écrit par de Smet Yvan le 20 juin 2016

L’achat d'un logement n’est pas une décision facile. Est-il bien conçu ? Quelle est l’ambiance du quartier et qu’en est-il de la mobilité ? Autant de questions auxquelles le candidat-acquéreur n’a pas toujours le temps de trouver des réponses, par crainte de rater la bonne affaire ou le coup de cœur présumés. Voilà pourquoi la Régie communale autonome (RCA) Engis-Immo, dépendant de la commune du même nom, en région liégeoise, met au point une alternative, un système de ‘bail de résidence principale avec option d’achat’.

"Nous voulons permettre aux personnes intéressées par l’acquisition d’un logement d’y vivre avant de se décider, explique Philippe Lhomme, l’administrateur-délégué d’Engis-Immo. Après un maximum de 2 ans, si elles se sentent bien dans leur logement, elles pourront l’acheter." La décision doit être communiquée après 18 mois pour permettre à la régie, en cas de refus d’acquérir, de trouver un autre acheteur rapidement. Le locataire qui ne souhaite pas devenir propriétaire doit alors obligatoirement quitter l’habitation. "C’est bien la vente qui est l’objectif et non une option d’achat offerte au locataire sans limite de durée", précise Philippe Lhomme, qui prévient qu’"un deuxième candidat ne pourrait sans doute pas profiter du système de période d’essai". L’habitation doit être vendue dans un maximum de deux ans sous peine, pour la régie communale, de ne pas pouvoir récupérer la TVA.

Essayer son habitation pour l’adopter

Loyer ristourné

Outre le test de son futur logement, l’acquéreur potentiel profite, en cas d’achat, de la récupération de la moitié des loyers qu’il a versés. "Notre système permet aux futurs acheteurs de se constituer un capital pour obtenir un prêt hypothécaire plus facilement", indique Philippe Lhomme.

Concrètement, sept logements basse énergie, des maisons et des appartements de deux à trois chambres, sont concernés au sein du nouvel écoquartier de la Fontaine Saint-Jean, à Hermalle-sous-Huy, en région liégeoise.

Autre précision d’importance, la valeur du bien est fixée à la signature du bail, soit potentiellement deux ans avant son acquisition. Une donnée qui ne risque pas de populariser la formule auprès du secteur privé, mais qui n’effraie pas la régie communale. "Au niveau de nos coûts, le modèle est équilibré économiquement. Les prix proposés sont toutefois légèrement supérieurs à ce qu’ils auraient été si les biens étaient vendus directement."

Cumulé à la récupération de la moitié du loyer, l’avantage d’une valeur vénale fixée par avance pourrait être considérable compte tenu des fluctuations du marché. La formule ne serait pourtant pas uniquement profitable aux futurs propriétaires. Philippe Lhomme espère raccourcir le temps de la vente. Une hypothèse plus qu’une certitude, tant ce système de location-achat semble être unique dans le paysage immobilier belge.Yvan de Smet

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