Immobilier à Huy

Écrit par Stephan Debusschere le 24 septembre 2013

Bilan du marché immobilier mi-2013

Selon l’agence de notation financière Standard & Poor’s, la Belgique devrait faire face à un ralentissement mais pas à un recul du marché immobilier en 2013. Qu’en est-il précisément sur le terrain ? Pour dresser un bilan semestriel dans l’arrondissement de Huy en province de Liège, Logic Immo a interrogé trois professionnels.

Logic-Immo.be: En raison de conditions difficiles pour les acheteurs, on s’attend à un ralentissement du marché courant 2013. Quel est le bilan du 1er semestre en termes d’activité ?

Offre abondante

Sarah Vacas, Century 21 Vacas (Huy – Wanze)
Au sein de la région hutoise, nous constatons que l’activité s’est avérée très satisfaisante tout au long du premier semestre de cette année, comme en témoigne notre chiffre d’affaires qui, pour cette période, a doublé par rapport à l’année passée. L’offre est plutôt abondante, et la demande suit. Nous constatons que la volonté d’accéder à la propriété reste forte, mais que les candidats acquéreurs ont davantage besoin de soutien et de conseils judicieux pour y parvenir. C’est particulièrement le cas pour le segment de biens dont la valeur est située en-dessous de 200.000 euros. C’est en effet dans cette tranche de prix que les candidats présentent le profil financier le plus délicat et se voient souvent confrontés à des difficultés pour obtenir leur crédit. En revanche, dans la tranche de biens au-dessus de 200.000 euros, le marché est plus porteur, car les candidats intéressés présentent un profil financier plus favorable.

Le point commun à ces deux cas de figure réside dans l’exigence de la part des candidats acquéreurs vis-à-vis de la qualité des biens en vente. Face à l’inconnu, ceux-ci sont attirés par les biens en bon état qui ne nécessitent pas de travaux constituant autant d’incertitudes à terme au niveau financier.

 

Thierry Hermanne, ERA Label Immo (Huy)
On constate un recul de l’activité sur le premier semestre 2013 par rapport au premier semestre 2012, qui avait été particulièrement bon. Par contre, ce premier semestre est meilleur que le second semestre de l’année passée, qui avait été particulièrement difficile en termes de transactions. Ce début 2013 semble un peu meilleur que fin 2012, avec de très bons mois de janvier et février mais des mois de mars et avril plus difficiles. Ce ralentissement est notamment lié aux conditions draconiennes d’octroi de crédits hypothécaires de la part des banques qui sont très frileuses lorsqu’il s’agit de prêter de l’argent, et ce malgré des taux d’intérêt bas.  

 

Freddy Van de Putte, Immo 21 (Verlaine)
La situation actuelle sur le marché immobilier reflète la conjoncture économique. Les biens dont la valeur est supérieure à 230.000 euros se vendent moins bien parce que les conditions d’octroi des crédits sont plus strictes que par le passé. Mais les biens plus modestes ne sont pour autant pas avantagés, car les amateurs dont le profil financier n’est pas favorable sont confrontés au même problème. Face à ce ralentissement de l’activité, il me semble essentiel de fixer des prix de vente qui collent à la réalité du marché. Surévaluer son bien a 2 effets négatifs.
Le premier, le plus évident, est d’allonger le délai de transaction et de se retrouver en finalité avec moins que ce qu’on aurait pu obtenir avec un prix juste.
Le second effet trouve sa cause dans les contre-expertises des banques qui, face à une surévaluation, feront vraisemblablement obstacle à l’octroi du crédit.

Prix des maisons légèrement à la baisse

L.I. En 2013, les prix des maisons sont attendus à la baisse. Cela a-t-il été le cas dans la zone qui vous concerne ?

Sarah Vacas
Si les prix se sont maintenus dans l’ensemble sur ce premier semestre, nous constatons effectivement une légère tendance à la baisse. Face à la conjoncture actuelle, les propriétaires vendeurs ont pris conscience des difficultés des candidats acquéreurs à obtenir leur crédit. Ils sont donc moins « gourmands » et plus raisonnables au niveau de la négociation des prix. Cette tendance est davantage marquée pour les biens les plus modestes, autour de 100.000 euros. La diminution des prix est plus nette sur ce segment, et se chiffre à quelque 15%, voire plus dans certains cas.

 

Thierry Hermanne
Sur le premier semestre de cette année, on a constaté que les acquéreurs négociaient beaucoup plus et qu’ils y regardaient à deux fois avant de faire des propositions. Ils sont conscients que l’offre de biens à vendre est importante et qu’ils n’ont pas de pression pour acheter, ce qui engendre une légère baisse de prix de 2 à 3 %, sur l’ensemble des biens vendus actuellement.

 

Freddy Van de Putte
Face à cette conjoncture difficile, nous observons une baisse des prix de l’ordre de 10 à 15%. Cette baisse est due à deux facteurs. Les candidats acquéreurs dont le profil financier autorise l’absence de clause suspensive détiennent un pouvoir de négociation tel qu’ils peuvent faire pression sur les propriétaires qui, de leur côté, ont pris conscience de la difficulté de nombre de candidats à obtenir un crédit. Les propriétaires vendeurs sont d’une part plus raisonnables dans leur demande, et d’autre part sont davantage ouverts à la négociation, ce qui se répercute sur les prix.

Maintien ou ralentissement du marché immobilier à Huy ?

L.I. Quelles sont vos projections pour le second semestre de cette année ?

 

Sarah Vacas
Le marché devrait continuer à se maintenir dans l’ensemble, à condition toutefois qu’il n’y ait pas d’entraves supplémentaires à l’accès à la propriété, ce qui serait néfaste pour le marché. Je pense ici notamment au coût des obligations et des formalités à remplir dans le cadre de l’achat d’un bien, et qui se chiffre à un minimum de 500 euros…
D’autre part, nous constatons aussi que les banques jouent un rôle de plus en plus important sur le marché immobilier, car leur politique plus stricte que par le passé exerce une pression sur les montants des transactions. Et ce rôle va très probablement devenir encore plus déterminant à l’avenir.  

 

Thierry Hermanne
Je pense que la tendance au ralentissement va se confirmer sur le deuxième semestre 2013, car je ne vois pas d’amélioration des conditions de crédits des banques pour ces 6 prochains mois. En revanche, au vu du redressement américain, je pense que 2014 sera meilleure en termes de vente. L’année 2013 reste donc une bonne opportunité pour les acquéreurs.

 

Freddy Van de Putte
J’estime pour ma part que la correction actuelle des prix est en quelque sorte un retour à la « normale », au vu des augmentations qui ont eu lieu ces dernières années. Il me semble donc que cette tendance va s’installer pour le restant de l’année.

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