L’appartement 2-chambres type n’existe pas

L’appartement 2-chambres type n’existe pas

Écrit par de Smet Yvan le 22 avril 2016

Le bien phare des investisseurs s’adapte à sa cible et se décline dans une véritable gamme

Demandé par les acheteurs, souvent imposé à l’obtention des permis, le roi "2-chambres" se développe en gamme. L’hésitation, déjà rare tant l’appartement 2-chambres convient ces dernières années à la majorité de la population, entre l’acquisition d’un appartement d’une, de deux ou de trois chambres aura bientôt totalement disparu. Désormais, la nouvelle tergiversation de l’acquéreur, surtout si la première destination du bien est la location, se complique. Les 2-chambres, le choix est certain, mais… avec une surface de 80 m2, 100 m2 ou 120 m2 ? Et doté d’une ou de deux salles de bains ?

"Une typologie d’appartements 2-chambres se développe en adéquation avec la cible et le quartier, explique Thomas André, directeur Ventes et Marketing chez Bouygues Immobilier Belgium. Un couple âgé qui décide de s’établir en appartement mais qui a longtemps vécu dans une maison a d’autres attentes que deux jeunes amoureux qui s’installent." La taille de l’appartement et son niveau d’équipement, à savoir une ou deux salles de bain, constituent les axes de variation principaux du 2-chambres. Outre l’éventuelle seconde pièce d’eau, les mètres carrés supplémentaires se répartissent habituellement entre le salon et les chambres. Le balcon devient parfois une terrasse, mais aucune tendance ne se dégage en la matière. Quant au parking, le nombre minimum d’un emplacement par appartement, imposé par la commune, n’est dépassé que si le quartier est particulièrement encombré.

S’identifier pour acheter

Le règne du 2-chambres n’est pas pour autant absolu. "Ce type de bien recouvre généralement entre 60 et 65 % d’un projet", précise Gabriel Uzgen. Et l’administrateur délégué du promoteur Besix Red de nuancer : "Certains développements immobiliers comportent une majorité d’autres types de logements. C’est le cas dans le quartier Léopold, à Bruxelles. Les hommes d’affaires qui résident dans cette partie de la capitale n’ont besoin que d’un studio."

Les constructeurs sont unanimes. La suprématie de l’appartement 2-chambres n’est jamais due à des impératifs de rentabilité de la construction. Certes, un immeuble de 12 studios demande plus d’accès, plus d’évacuations d’air et davantage de gaines techniques que le même espace divisé en six appartements de deux chambres, mais, en plus de la gamme de différentes sortes de 2-chambres, les nouveaux développements immobiliers montrent plus de diversifications. "On essaye que chaque 2-chambres soit différent, pour personnaliser le produit. Si le bâtiment est trop uniforme, ça ne marche pas", révèle Gabriel Uzgen. La raison ? Avant de passer à l’achat, l’acquéreur aime se projeter. Il s’imagine vivre dans tel ou tel logement. Qu’il en ait effectivement le projet ou que le bien soit uniquement destiné à la location n’entre pas en considération.

L’appartement 2-chambres type n’existe pas

Raison ou sentiment ?

"La société spécialisée en investissements immobiliers qui achète 20 appartements en une fois opère un achat raisonné pour maximiser son profit. L’entretien des communs doit être rapide et les cuisines les plus standardisées possibles, analyse encore Gabriel Uzgen. L’investisseur privé n’a pas cette approche purement financière, elle est beaucoup plus affective."

Au contraire, la mixité du bâtiment garantit sa pérennité. Les différentes manières de vivre assurent la vie d’un immeuble. Chaque génération a ses attentes qui participent à la mise à jour des communs. Les personnes âgées n’auront pas toujours conscience ou ne seront simplement pas désireuses de se lancer dans des travaux nécessaires au maintien de la valeur du bien. Le projet qui serait exclusivement destiné aux investisseurs pourrait générer le même type de problème. Une exclusivité de locataires, c’est un turn-over qui peut devenir dérangeant. Et les locataires n’ont pas forcément les mêmes préoccupations que les propriétaires.

"Aucune distinction n’est faite entre les candidats-acquéreurs", précise Thomas André. Si certains investisseurs demandent moins de sur-mesure que des futurs occupants, ça n’entre pas en ligne de compte. "La finition et le parachèvement n’ont pas un grand impact dans les coûts. Il faut déjà qu’un certain nombre d’appartements soit concerné pour qu’il y ait une véritable incidence", complète Thomas André.Yvan de Smet

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