De Panne, picture by Luna04.

La Côte belge face à la montée des eaux

Écrit par Stephan Debusschere le 18 août 2017

D’ici 2100, le niveau de la Mer du Nord pourrait monter d’1 mètre en raison des changements climatiques. Cette hypothèse mettrait alors en péril la partie occidentale du littoral belge. L’équipe de l’architecte du gouvernement flamand et divers experts des Travaux publics et des Services maritimes flamands ont donc réalisé une étude scientifique et envisagé quatre scénarios, avec certains choix drastiques, pour protéger l’environnement et l’autre moitié du littoral belge.

Dans leur étude, réalisée en 2015 et intitulée « Paysage côtier métropolitain 2100 », ces experts tentent de « maximaliser les qualités des zones actuelles » et réfléchissent à l’avenir et la viabilité à long terme de la Côte. L’un des scénarios envisagés, et baptisé « Bipôle », consisterait à sacrifier la partie occidentale de la Côte et à y donner libre cours à la nature, afin de pouvoir sauver l’autre partie du littoral. Concrètement, les autorités n’investiraient plus dans le développement urbain, les digues et la productivité de la partie occidentale du littoral, qui redeviendrait progressivement nature sauvage.

La possibilité d'inonder des terres derrière les communes balnéaires de La Panne, Coxyde, Furnes, Nieuport et Middelkerke constitue donc l'un de ces quatre scénarios. Joachim Declerck, architecte et l'un des auteurs de l'étude, souligne cependant que l'inondation de villes à l'ouest d'Ostende est le scénario le plus extrême. Dans l’éventualité de cette scission de la Côte belge, la région autour d’Ostende, Zeebrugge, Knokke et Bruges serait alors renforcée contre la montée du niveau de la mer, pour former une sorte de noyau urbain. Ce renforcement comprendrait une extension du port ostendais, un rehaussement des bancs de sable entre Ostende et Zeebrugge et l’aménagement de nouveaux îlots devant la côte de Knokke-Heist.

De Panne, picture by Luna04.

Zone, Archipel et Mosaïque

Dans les trois autres scénarios, moins drastiques que le « Bipôle », les villes de Furnes, Nieuport et La Panne seraient épargnées, et des digues et murs renforceraient leur résistance à la montée des eaux. Le scénario nommé « Zone » conserverait et renforcerait une étroite bande de terre ou sable tout le long de l’actuelle côte, alors que l’eau qui avance serait envoyée vers des polders dans l’arrière-pays. Ceci impliquerait l’aménagement d’un nouveau système de mobilité rapide.

Le scénario appelé « Archipel » prévoit pour sa part de conserver des zones d’habitation de qualité, alors que les polders pratiquement vierges accueilleraient le trop-plein d’eau. Quant au scénario « Mosaïque », il prévoit d’urbaniser encore davantage la ligne côtière et de rendre les polders adaptés à des activités agricoles, grâce à une gestion artificielle de l’eau. Ceci impliquerait des infrastructures linéaires solides, comme des routes et des canaux, du côté des terres.

L’importance de la vallée de l’Yser

L’étude prend en compte bien davantage que la seule ligne côtière, pour développer une vision d’ensemble pour cette région de Flandre occidentale, sur des thèmes comme la mobilité, le vieillissement de la population, les résidences secondaires à la Côte, l’agriculture et l’infrastructure portuaire. « Nous devons préparer la nature pour accueillir l’eau qui monte, et nous devrons adapter l’agriculture, explique Joachim Declerck. Nous ne pouvons pas simplement continuer à construire le long de la côte ». Le rôle de la vallée de l’Yser sera crucial dans ce développement futur. « Elle devra en effet absorber toujours davantage d’eau, tout en ayant un moyen de stocker de l’eau pour d’éventuelles longues périodes de sécheresse », précise encore l’architecte flamand.

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