Ohain église

Lasne : hausse des prix enrayée

Écrit par Stephan Debusschere le 22 avril 2015

baisse de régime des villas

Dans la commune historiquement la plus chère de Wallonie, la baisse de régime des villas a alimenté la hausse de prix sur le segment des maisons. Une hausse qui connaît aujourd’hui ses limites.

Villas : la correction se poursuit 

Ohain égliseEn 2010, les villas lasnoises avaient déjà enregistré une baisse de quelque 9%. Les transactions se faisaient alors plus difficilement, mais on pouvait penser que, passée la période « d’attente » d’après crise, l’activité allait reprendre. Or, le petit recul encouru l’année suivante avait démontré que, dans cette commune, on jouait essentiellement les prix, et que ces derniers l’emportaient sur l’activité. L’offre s’est alors accumulée face à une demande qui ne suivait plus. Une grande partie des villas lasnoises sont en effet des biens qui datent et nécessitent des travaux de rénovation plus ou moins importants, jusqu’à 150 000 euros en fonction de la qualité des finitions souhaitées. Et le coût énergétique élevé de ces gros biens a également fait partie des facteurs de répulsion. Cette situation avait alors logiquement mené à une nouvelle correction des prix courant 2012. 
Malgré la forte tendance à la correction sur ce segment, et des propriétaires vendeurs qui n’ont d’autre choix que de relativiser leurs prétentions, la commune de Lasne reste encore et toujours en surclassement par rapport aux autres communes de la Province, et de la Wallonie toute entière en réalité. Bien que le prix moyen des villas lasnoises ait encaissé quelque 10% en 2013, puis près de 24% durant l’année écoulée, il atteint encore 725 850 euros. Pour faire un comparatif, la commune de Waterloo affiche pour 2014 un prix de 537 200 euros sur ce segment. 

Léger recul des maisons 

Face à ces prix hors normes, nombre de candidats acquéreurs préfèrent s’orienter vers des biens plus modestes, alimentant de ce fait la hausse de prix sur le segment des maisons.
Courant 2010, ce segment avait déjà remonté une bonne partie de sa baisse de quelque 15% en 2009, propulsant le prix moyen de 350 000 à 395 000 euros. A l’époque, les maisons lasnoises avaient dû céder leur première place provinciale au profit de celles de la Hulpe qui avaient vu leur prix moyen valorisé à 380 000 euros. Mais Lasne a ensuite bien rattrapé son retard pour reprendre la tête des maisons provinciales les plus chères, avec une remontée impressionnante de quasiment 25% courant 2011, pour un prix moyen fixé alors à 440 000 euros, soit un prix plus élevé qu’en 2008. 
En 2012, la maison lasnoise avait enregistré une nouvelle progression de quelque 15%, amenant le prix de référence à franchir la barre des 550 000 euros. Mais 2013 avait cassé cette progression en enregistrant cette fois une correction, qui a pris de l’ampleur courant 2014 pour finir par se stabiliser au prix moyen de 485 500 euros sur base annuelle. L’offre sur l’entité de Lasne inclut aussi nombre de biens à rénover, pour des prix bien inférieurs.

Appartements en souffrance

Le segment des appartements à Lasne souffre toujours d’un sérieux manque d’offre. Il y a pourtant une vraie demande pour ce type de logement, notamment de la part de personnes d’un âge avancé qui désirent acquérir un appartement dans la commune pour pouvoir y rester. Vu le manque d’offre, ces personnes trouvent dès lors leur bonheur sur les communes de Waterloo, Braine-l’Alleud ou encore Louvain-la-Neuve. 

La langueur des acheteurs 

Sur le segment des biens haut de gamme, les amateurs ont toujours fortement tendance à prendre leur temps pour analyser l’offre. Ils sont conscients que certains biens sont surévalués, parfois jusqu’à 30% de leur valeur. Ils restent donc souvent dans l’expectative d’une baisse de prix pour se faire connaître des propriétaires qui, de leur côté, ont tendance à ne pas vouloir vendre en-dessous de ce qu’ils estiment pouvoir obtenir, en précisant que nombre de ces propriétaires sont généralement des gens aisés qui ne sont pas nécessairement dans le « besoin » de vendre à tout prix.   
Il y a donc énormément de biens au-delà de 800 000/1 million d’euros qui restent sur le marché pendant de nombreux mois, voire même quelques années. 

Le grand écart d’Ohain

Au même titre que les entités de Chapelle-Saint-Lambert, Couture-Saint-Germain, Maransart et Plancenoit, Ohain est une section de la commune de Lasne. Tout au long de ses 20 km² de superficie, on peut encore dénicher des maisons de village à rénover dans une tranche de prix comprise entre 250 et 300 000 euros. Celles qui ont été rénovées affichent des prix qui se rapprochent ou dépassent les 400 000 euros. Les villas s’échangent à partir de 450 000 euros, jusqu’aux biens de prestige pouvant atteindre, voire dépasser les 3 millions d’euros. Mais ici aussi, le marché haut de gamme est loin d’être en bonne posture. L’offre y est bien supérieure à la demande, qui ne suit pas. Nombreux sont les propriétaires ayant connu le boom des années précédant la crise, et qui ne prennent pas ou ne veulent pas prendre conscience de la tendance baissière du marché sur ce segment. 
 

Logic repères

Lasne

  • Maison : 550 000 euros 
  • Villa : 700 000 euros 
  • Appartement : 400 000 euros 

Ohain

  • Maison : 280 000 euros (non rénovée) à 450 000 euros (rénovée)
  • Villa : à partir de 450 000 euros 

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