Le gouvernement a rendu l’achat d’une maison plus cher

Écrit par Renaud Chaudoir le 11 mars 2014

La solution ? Investir dans les biens en location

“Louer un bien, c’est un gaspillage d’argent” : voici l’une des raisons majeures de préférer l’achat d’une maison à sa location. Sans oublier que le bonus logement rend cet investissement encore plus attrayant. Pourtant, le sociologue de l’habitat Pascal De Decker pense que les jeunes devraient attendre que leur carrière professionnelle et leur vie se dessinent avant d’acheter leur propre bien immobilier.

Malheureusement, pour beaucoup de personnes, louer une maison ou un appartement n’est une option envisageable, à cause du manque de biens à louer et des conflits fréquents dans le secteur de la location. Selon De Decker, il s’avère dès lors nécessaire que le gouvernement change de cap et procède à des investissements dans le marché de la location.

La tendance de l’achat prématuré

C’est souvent autour de leurs 25 ans que les jeunes souhaitent posséder leur propre maison. Selon le sociologue de l’habitat Pascal De Decker, les jeunes feraient mieux d’attendre un peu avant d’acheter leur maison. En devenant propriétaire tôt, leur engagement financier se concentre à un seul endroit, alors que de nombreux changements peuvent encore survenir dans leur vie et carrière professionnelle. En outre, ce mode de vie ne permet que peu de flexibilité, pourtant nécessaire à cet âge.

 

Selon Pascal De Decker, l’achat d’une maison à 45 ans reste le meilleur scénario. À cet âge-là, vous pouvez rembourser votre emprunt en 20 ans et vous possédez votre propre maison au moment de la retraite.

Le bonus logement fait grimper les prix de l’immobilier

La raison qui encourage le plus les jeunes à acheter une maison est le bonus logement intéressant, qui permet au gouvernement de stimuler l’achat d’un bien immobilier.

 

Cependant, De Decker pense qu’il ne s’agit pas là d’une règle générale. L’affirmation selon laquelle les subsides du gouvernement permettent de payer moins pour l’achat d’une maison n’est pas correcte. Le marché de l’immobilier n’est actuellement pas très souple, et on ne construit plus de maisons à un rythme rapide lorsque la demande augmente. En aspirant toujours plus d’argent dans un marché peu réactif, l’immobilier voit ses prix augmenter sans cesse. Le gouvernement ne rend donc pas l’achat d’une maison moins cher, que du contraire.

Les biens en location ne représentent pas une bonne alternative

Alors que les maisons restent chères, les achats immobiliers ne faiblissent toutefois pas. En cause, le manque d’intérêt pour le marché de la location, dont la polarisation est trop importante. D’un côté, on trouve des logements vétustes et, de l’autre, des biens à louer beaucoup trop chers. Les personnes disposant de revenus faibles ou moyens préfèrent donc se tenir à l’écart du marché de la location.

 

En outre, une grande insécurité perdure pour qui souhaite s’établir définitivement dans le marché de la location, car, dans le meilleur des cas, un contrat de location porte sur une période de neuf ans en Belgique. En louant un bien, vous risquez d’être confronté à des situations conflictuelles, avec des différends concernant les frais, la qualité et l’entretien.

 

Enfin, le faible taux d’intérêt donne logiquement envie de préférer l’achat d’une maison. Mais chaque maison achetée signifie moins de biens en location abordables sur le marché.

Le gouvernement doit investir dans les biens à louer

On investit actuellement très peu dans le marché de la location. Des subsides directs de location n’offriraient aucune solution. Il serait plus avisé d’investir dans des agences immobilières médiatrices, qui mettraient fin aux conflits possibles entre le propriétaire et le locataire.

 

De plus, une augmentation de l’offre dans le secteur de la location sociale s’avère nécessaire. Les listes d’attente se prolongent sans cesse, ce qui contraint les propriétaires louant leur bien à assumer le rôle d’une agence immobilière sociale. Enfin, les logements sociaux sont toujours plus insuffisants.

 

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