Le marché immobilier à Mons: état des lieux

Écrit par Stephan Debusschere le 21 octobre 2013

Les appartements neufs plus chers que les maisons

Dans un marché local tiré par le segment du neuf, les appartements neufs qui continuent à sortir de terre sont désormais plus chers que les maisons mitoyennes.

Cœur d’une agglomération élargie de 250.000 habitants – la troisième de Wallonie – le chef-lieu du Hainaut est tout en contrastes, avec des entités en posture encore inconfortable, comme Jemappes ou Flénu, et d’autres, comme Saint-Symphorien ou Villers-Saint-Ghislain, qui concentrent des populations à revenus élevés. La ville de Mons révèle surtout de beaux atouts, tels son patrimoine, ses infrastructures culturelles, son réseau universitaire, ses lieux touristiques ainsi que ses centres de recherche de formation et d’innovation. Soutenus par une politique de développement immobilier, tous ces leviers stratégiques devraient lui permettre de se projeter positivement dans l’avenir avec l’ambition affichée de devenir à la fois une vitrine et une locomotive pour sa région. Une ambition qui prend forme puisque la capitale du Hainaut a été choisie pour devenir capitale européenne de la culture en 2015.

Petit retour en arrière

Selon la fédération des notaires, les transactions immobilières montoises avaient été plus lentes courant 2009, suite à la crise de 2008, avec une diminution du volume d’environ 15%, une offre plus importante et une demande plus timide. Mais dans cette province réputée la moins chère du pays sur le plan immobilier, le prix de vente moyen d’une maison d’habitation mitoyenne, dans tout l’arrondissement de Mons, avait bel et bien augmenté de quelque 58 % entre 2003 et 2008. Mais ce prix n’a pas augmenté par la suite, notamment parce que les vendeurs ont su tempérer leurs exigences et marquer un temps d’arrêt dans cette hausse ininterrompue. Le coup d’arrêt des prix en 2009 n’avait finalement entraîné qu’une baisse de moins de 4%, et le rattrapage avait bien eu lieu au cours de l’année 2010, pour atteindre à nouveau le niveau de 2008. On pouvait donc parler d’une situation de statu quo.

Stabilisation

Le premier semestre 2012 a fait quelque peu bouger les lignes. Les chiffres officiels ont en effet attesté d’une contraction des prix des maisons unifamiliales de quelque 3%, ramenant le prix de référence de 155.000 à 150.000 euros. En 2013, ce prix s’est stabilisé pour faire rencontrer l’offre et la demande. Les propriétaires comprennent qu’être gourmand est désormais contreproductif, et ont choisi la voie de la raison pour baisser leurs exigences, dans un marché où les conditions d’octroi des crédits se sont fort resserrées.

Retard rattrapé

Si le qualificatif de province « la moins chère » du pays reste d’actualité, le Hainaut a refait plus que son retard sur les autres provinces wallonnes. C’est particulièrement le cas sur le segment des villas, pour lequel le prix de référence provincial en 2011 était de 265.000 euros, toutes superficies confondues. Du coup, ce n’est plus dans le Hainaut mais bien en Province de Namur que le prix de référence pour ce segment était le moins élevé (260.000 euros). A Mons cependant, ce segment affiche pour l’instant un prix de référence un plus élevé que la moyenne provinciale, soit 300.000 euros.

Appartements en stock  

Sur le segment des appartements de seconde main, on avait observé en 2009 une bonification de plus de 3%, avant un fléchissement de quelque 4% courant 2010. C’est que le neuf lui fait forte concurrence. En 2009, l’offre excédant la demande, de nombreux promoteurs ont été obligés de faire des offres alléchantes pour attirer à eux une clientèle fortement intéressée par la garantie de qualité et de confort qu’offre le neuf, notamment en matière de performance énergétique, et donc de charges.  
Sur ce segment qui n’a pas à proprement parler le vent en poupe à l’échelle provinciale, Mons se taille une bonne part du marché, et les immeubles à appartements du centre-ville attirent toujours les investisseurs, conscients du grand potentiel locatif du marché montois. Le prix moyen d’un appartement montois de seconde main (2 chambres) se chiffre actuellement à 165.000 euros, et l’offre sur ce segment est importante.

Encore du neuf

Les appartements neufs à Mons tirent littéralement le marché provincial sur ce segment qui représente à lui seul près de 50% de l’offre hennuyère et quelque 30 projets résidentiels, dont la moitié sur la ville. Citons, entre autres, celui du Montroeul sur la chaussée de Maubeuge, de la Drève Prévert sur le chemin de l’Inquiétude, des Rives Montoises rue du Curoir, des Grands-Prés le long du quai des Otages, de l’immeuble (pas encore nommé) de 18 appartements rue du Fish-Club, ou encore celui du projet I Love Mons situé en face du Théâtre du Manège.

Logic Repères:

Les chiffres-clés de l'immobilier montois:

  • Maison : 150 000 euros (à rénover)
  • Appartement 2 chambres : 165 000  euros  
  • Appartement neuf : 1900 à 2000 euros/m²
  • Villas : 300 000 euros

Source: Magazine Logic-immo, édition du Hainaut

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