Eupen, picture by Jedadesign.

Les cantons de l’Est font les montagnes russes

Écrit par Stephan Debusschere le 25 avril 2018

Tant sur le segment de la maison que sur celui de l’appartement, les marchés des onze communes qui composent les trois cantons de l’Est affichent de grands écarts, avec autant de hausses que de baisses à la clé.

L’arrondissement de Verviers intègre la région germanophone de Belgique, qui s’étend du Luxembourg au sud jusqu’aux Pays-Bas au nord, et comprend les communes de La Calamine, Lontzen, Raeren, Eupen, Bütgenbach, Büllingen, Amblève, Saint-Vith et Burg-Reuland, réparties au sein des cantons d’Eupen et Saint-Vith.

Comme ce fut le cas dans toute la Province de Liège au cours de l’année écoulée, les candidats acquéreurs au sein de ces communes éprouvent encore souvent de grandes difficultés à obtenir un crédit, malgré les taux d’intérêt toujours historiquement bas. C’est l’une des raisons pour lesquelles les délais de mise en vente restent longs. De nombreux biens sont en vente, ce qui induit que le marché reste plutôt aux mains des acquéreurs. Ces derniers peuvent prendre le temps de comparer les biens susceptibles de les intéresser avant d’asseoir leur choix. Et s’ils ne conditionnent pas leur achat à l’obtention d’un crédit, ceux-ci se trouvent alors dans une position de force dans leur négociation avec les vendeurs.

Du point de vue de l’activité, les professionnels estiment que les marchés immobiliers de ces neuf communes sont restés globalement stables en 2017, dans la lignée des quatre années précédentes. Les prix moyens des maisons sur l’ensemble de cette région germanophone évoluent entre 120 000 euros (Bütgenbach), qui est aussi le prix moyen le moins élevé de toute la Province, et 222 000 euros (Amblève), avec un prix moyen global de 174 000 euros, soit un prix inférieur à celui de l’arrondissement de Verviers, fixé à 182 700 euros en 2017. Mais ce dernier est aussi 4% plus élevé que la moyenne sur l’ensemble de la Province de Liège, ce qui place la région germanophone tout à fait dans la norme provinciale sur le segment de la maison.

Des résultats en dents de scie

Après la période de stabilisation observée il y a cinq ans, les communes des deux cantons ont alterné au fil du temps des variations de prix plus ou moins importantes sur le segment des maisons jointives. Bien qu’iI s’agisse souvent d’habitats anciens, rarement conformes aux normes actuelles relatives à la consommation d’énergie ou à l’installation électrique, les prix demandés pour ce type de biens sont néanmoins restés dans des tranches de prix abordables.

C’est encore le cas au vu de l’évolution au cours de l’année écoulée, dans un panorama en montagnes russes. Certaines communes, qui avaient encaissé des reculs sur ce segment, ont enregistré des rattrapages des prix. D’autres, qui avaient progressé, ont su poursuivre sur leur lancée, tandis que d’autres encore ont vu les prix des maisons à nouveau baisser ou subir une correction.

Eupen, picture by Jedadesign.

Canton d’Eupen

La capitale de la Communauté germanophone ne comprend pas non plus suffisamment d’observations pour tirer des conclusions satisfaisantes, et les résultats doivent donc être pris avec une certaine nuance. Et ce n’est pas nouveau. Déjà en 2014, la commune d’Eupen avait vu le prix moyen de ses maisons encaisser un sérieux recul chiffré à près de 33 %, ramenant le prix moyen à 177 000 euros, avant d’enregistrer un rattrapage quasi équivalent l’année suivante, avec un prix moyen remonté à 228 000 euros. Deux ans plus tard, on constate que ce prix moyen est redescendu à 176 000 euros, soit près de 15% en moins qu’en 2016…

Les maisons de Raeren ont pour leur part poursuivi leur progression, avec un prix moyen qui s’est bonifié pour atteindre 209 500 euros. Celles de Lontzen ont également progressé, mais dans une moindre mesure. Avec une bonification d’un peu plus de 2%, le prix moyen d’une maison jointive, qui avait déjà franchi la barre des 200 000 euros en 2016, se chiffre aujourd’hui à 210 000 euros.

Canton de Saint-Vith

Le canton de Saint-Vith est celui qui avait enregistré les plus fortes variations en 2014. Le prix moyen d’une maison jointive sur la commune de Bütgenbach avait ainsi affiché cette année-là une progression de… 93,6%, à 260 000 euros. L’année suivante avait indiqué une correction de 47 %, ramenant le prix moyen d’une maison à 137 800 euros. Mais étant donné le faible nombre d’observations et l’influence sur la moyenne que peuvent avoir quelques ventes à des prix plus faibles, il convenait de relativiser ces résultats. C’est à nouveau le cas pour l’année écoulée, qui affiche un prix moyen de 120 000 euros, soit une correction de quelque 18% par rapport à 2016. Le faible nombre de transactions peut donc justifier cette importante variation.

Il en est de même pour la commune de Saint-Vith, qui a enregistré pour sa part une augmentation du prix des maisons de quelque 12%, amenant le prix moyen à 207 000 euros. Ce prix, qui reste donc à relativiser, ne concerne en outre que le cœur de Saint-Vith, qui est un centre de commerce, de tourisme et un pôle culturel important de la région. Des sections de la commune telles que Crombach et Lommersweiler affichent pour leur part un prix moyen de respectivement 167 000 et 161 000 euros.

Appartements

Dans la Province de Liège, le prix moyen d’un appartement est de 158 000 euros, à la suite d’augmentations constantes au fil des ans. Au sein de l’arrondissement de Verviers, ce prix moyen est légèrement supérieur, à 161 500 euros. Quant à la communauté germanophone, peu de communes présentent suffisamment d’observations pour tirer des conclusions sur l’évolution des prix. A Eupen, le prix moyen des appartements d’Eupen semble s’être stabilisé à 152 500 euros, tandis que celui à La Calamine a enregistré une bonification de près de 7%, faisant passer le prix moyen à 154 500 euros.

Logic Repères

 

Maisons

La Calamine

164 000 euros

Lontzen

210 000 euros

Raeren

209 500 euros

Eupen

176 000 euros

Amblève

222 000 euros

Bütgenbach

120 500 euros

Bullange

141 500 euros

Burg-Reuland

122 800 euros

Saint-Vith

207 000 euros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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