Les deux casquettes des courtiers : agents et communicateurs

Les deux casquettes des courtiers : agents et communicateurs

Écrit par Masquelier Frédérique le 21 juin 2016

Les deux casquettes des courtiers : agents et communicateurs

C’est bien connu, la force d'un réseau réside, entre autres, dans les économies d’échelle que sa taille lui permet de réaliser. En courtage immobilier comme dans d’autres domaines. Or, il est un département particulièrement gourmand en espèces sonnantes et trébuchantes et on ne peut plus indispensable au sein des sociétés aujourd’hui : celui de la communication et des nouvelles technologies, le ‘Com&IT unit management’ en anglais dans le texte.

"Communiquer et utiliser les meilleurs outils numériques pour le faire est devenu un métier en soi, acquiesce Caroline de Robiano, Head of marketing France et Benelux pour Engel&Völkers. Si l’agent immobilier n’a pas l’appui d’un réseau pour dégager des moyens humains et financiers à cet effet, la tâche se révèle ardue…" Mais pas impossible, assure Bruno Lambotte, expert en nouvelles technologies déclinées pour les métiers de l’immobilier (lire par ailleurs).

Quels sont les dispositifs techniques indispensables à l’exercice du métier de courtier 2.0 ? Panorama des dernières tendances avec quelques grands réseaux d’agences immobilières du pays.

Un logiciel efficace et ultra-connecté

Le système de gestion et d’exploitation des données clients et de celles liées au portefeuille de biens de l’agence, c’est l’équipement de base dont tout professionnel doit être pourvu. Lequel se doit d’être facile à utiliser - "un enfant de 5 ans est à même de maîtriser le logiciel mis au point par la maison-mère allemande d’Engel&Völkers, à Hambourg", glisse Caroline de Robiano. Mais aussi de permettre une appréhension aisée de supports tels que les portails de petites annonces immobilières en ligne de type Immoweb, Logic-Immo, etc., de même que les réseaux sociaux. "En encodant les références d’un bien à louer ou à vendre dans la base de données du logiciel développé par Trevi, il est possible, en un seul clic, d’envoyer ce contenu sur les portails de petites annonces", explique Benoît Delrue, Communication Network Manager chez Trevi Group. "Idem pour les publications sur les réseaux sociaux, qu’il s’agisse d’annonces ou d’articles d’information", ajoute Mme de Robiano. Il va sans dire que pareil bijou technologique est régulièrement mis à jour et amélioré. Era Belgium, par exemple, s’est doté d’un programme capable de fournir des analyses de marché comparatives et des estimations de prix.

Un site Internet tous supports et bien alimenté

"C’est la carte de visite du réseau, et, par extension, celle des agences franchisées", insiste pour sa part Isabelle Vermeir, CEO de Century 21 Benelux. "Parmi les outils fournis par le réseau - hors Immoweb et consorts, donc -, c’est celui qui est consulté en priorité par le public de candidats-acquéreurs et propriétaires, renchérit Benoît Delrue. Il est impératif qu’il soit ergonomique, riche en contenu, actualisé régulièrement, mais aussi ‘responsive’. C’est-à-dire en mesure de détecter la forme et la taille de l’écran de l’appareil à partir duquel il est consulté et de s’y adapter."

La ‘newsletter’ revient en force

On la pensait un moment révolue; il n’en est rien. Mais elle a changé de codes et d’apparence. "Toutes les technologies n’évoluent pas dans les mêmes gammes de prix, reprend Benoît Delrue. Et l’‘emailing’ est, en l’occurrence, moins onéreux que les moyens traditionnels, l’impression et la distribution de flyers." Raison pour laquelle le procédé est intensivement utilisé par les agences immobilières, pour leurs annonces (formations, portes ouvertes…) comme pour leurs… petites annonces. "Un bel email coûte quelque 300 euros auprès d’un bon graphiste, poursuit-il. L’achat d’adresses électroniques d’investisseurs ou de candidats susceptibles de l’être au vu de leur pouvoir d’achat représente 30 à 45 centimes d’euro l’adresse. Ce qui, au final, est bon marché pour un produit aussi beau, à la diffusion aussi large."

Photos et vidéos, le combo idéal

L’importance d’une photo de qualité pour illustrer la petite annonce n’est plus à démontrer. Les courtiers sont désormais formés et équipés à cet effet. Quid de la vidéo ? Son usage reste, lui, encore très confidentiel. "Nous essayons de fournir des vidéos hébergées sur YouTube dès que l’on commercialise une promotion d’au moins 15 appartements neufs", évoque Benoît Delrue. Chez Engel&Völkers, les vidéos de vues aériennes réalisées avec un drône gagnent timidement du terrain, tandis qu’un compromis a été trouvé pour le reste : les diaporamas de photos sur fond musical. Autre alternative, limitée au neuf toutefois, tirer parti des vidéos 3D réalisées par les architectes aux frais des promoteurs en vue des dossiers de demandes de permis et autres réunions d’information aux riverains.

Les deux casquettes des courtiers : agents et communicateurs

Une présence active sur les réseaux sociaux

Active, sinon, elle est inutile. Dans l’ensemble, chaque réseau a sa page Facebook et son fil Twitter (lire par ailleurs). Leurs franchisés ou patrons d’agences en propre, eux, sont aussi connectés, quoique plus à l’aise sur Facebook que Twitter. Et ce, alors qu’aux Etats-Unis, "où les tendances qui arrivent seulement chez nous se sont déjà imposées depuis 5 ans", les deux canaux sont déjà "obsolètes", "délaissés pour Instagram et Snapchat". "Reste que Facebook ou Twitter ne servent pas à vendre des biens mais à créer un lien entre l’agent et son marché, observe Alain Declercq, Senior Business consultant auprès d’Era Belgium. Celui-ci y partage une vente exceptionnelle, le retour positif d’un client, un article de presse…"

App ou pas app ?

A ce jour, et quoique la plupart y travaillent de pied ferme, seul le réseau d’agences Era Belgium dispose d’une app - à l’échelle européenne, pas belge - pour smartphones et tablettes. "En même temps, Era vient de ‘Electronic Realty Associates’, sourit Alain Declercq. Normal que nous soyons à la pointe de la technologie…" App qui offre un outil de recherche immobilière à ses utilisateurs, via des critères de localisation, de budget, etc. "A terme, il est clair qu’une app peut être utile, nuance Benoît Delrue, mais il faut rester humble. Aucun candidat-acquéreur ou locataire n’étendra ses recherches ailleurs que sur les portails de petites annonces immobilières. Je crois plutôt à l’intérêt d’une app à destination des propriétaires-vendeurs ou bailleurs, leur permettant de se rendre compte de l’état d’avancement de la commercialisation de leur bien." Soit un "outil d’interaction" plutôt qu’un "beau catalogue", précise-t-il.

Développer des partenariats avec des start-up

Voilà un moyen de profiter des avancées les plus innovantes sans investir dans la recherche et le développement. D’autant, souligne Benoît Delrue, que le temps où les start-up se concentraient sur la programmation de portails alternatifs aux géants en place est révolu. Désormais, elles visent de réelles plus-values technologiques, à l’image du ‘Tinder de l’immobilier’, Ozaam, avec lequel Trevi a (entre autres) noué un partenariat.

Proposer des formations régulières

Se pourvoir des meilleurs outils c’est bien, savoir les utiliser, c’est mieux. Les réseaux offrent dès lors un programme de formations complet à leurs membres afin de leur donner toutes les clés pour se différencier de leurs concurrents.

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