La Meuse et la pont Albert à Liège. Picture by PJDespa.

Liège

Écrit par Stephan Debusschere le 24 avril 2017

A l’assaut des quartiers délaissés

La redynamisation de quartiers autrefois délaissés est un mouvement permanent dans la Cité ardente. Tout comme les projets de rénovation et d’embellissement. 

Les nombreux projets de rénovation urbaine ont incontestablement un effet dopant sur la santé immobilière de la Cité ardente. En effet, depuis 2007, quelque 30 millions d’euros ont déjà été consacrés par la Ville de Liège à la rénovation des logements, et de nombreux projets, tant publics que privés, sont en cours et en préparation. Les objectifs de ces projets sont aussi la démolition des chancres urbains et la reconstruction de logements neufs, la réhabilitation des logements vides au-dessus des commerces ou encore l’aménagement d’espaces publics, de parcs et de jardins à proximité des nouveaux ensembles. Citons ici la rénovation prochaine des quartiers Sainte-Marguerite et aussi Cathédrale nord, aujourd'hui dénommé Grand Léopold, cette zone de l'hyper-centre de Liège qui a connu une grave explosion en 2010 ayant coûté la vie à plusieurs personnes.

Une redynamisation populaire

Il y a une dizaine d’années, Liège était devenue impayable pour une bonne partie de la population, et en particulier les jeunes ménages. Parce que les quartiers les plus cotés étaient devenus hors budget pour eux, ceux-ci n’ont pas hésité à investir dans le quartier Le Laveu situé derrière la gare des Guillemins et qui était alors tombé en désuétude. Un grand nombre de maisons y ont été achetées et rénovées et, depuis, ce quartier est carrément devenu branché, et sa valeur a littéralement explosé. Cet exemple emblématique montre que les Liégeois sont pragmatiques, et qu’ils préfèreront toujours être propriétaires dans un quartier en devenir ou délaissé plutôt que de rester locataires dans un quartier plus en vue. Ce caractère et cette volonté de réinvestir les quartiers délaissés dynamise dès lors aussi la ville dans son ensemble.

La Meuse et la pont Albert à Liège. Picture by PJDespa.

Quartiers en devenir

Aujourd’hui, d’autres quartiers encore abordables sont susceptibles de connaître le même sort. On pense ici notamment au quartier Saint-Léonard, entre Droixhe et le centre-ville, ou encore Thiers qui le surplombe. Dans ces deux quartiers qui font partie dudit quartier nord qui s’étend jusque Herstal, on peut encore y acquérir une maison ouvrière typique, avec deux chambres, un petit jardin ou une courette, et souvent un grenier aménageable, pour un budget variant de 70 000 à 130 000 euros, alors que la transaction moyenne à Liège tourne autour de 170 000 à 180 000 euros. Mais il ne faudra pas trop tarder du côté de Saint-Léonard, de plus en plus investi par les jeunes ménages.

Le quartier de Droixhe est pour sa part un cas plus particulier, car son parc immobilier est principalement composé de tours à appartements. S’il est très abordable, ce quartier mettra sans doute beaucoup plus de temps à devenir vraiment attractif.

Depuis l’arrivée de sa nouvelle gare, le quartier des Guillemins fait aussi partie de la liste. Considéré comme encore abordable jusqu’il y a deux ou trois ans, de nombreux projets immobiliers comme celui de Paradis Express – un écoquartier haut de gamme de 35 000 m2 de logements, bureaux et commerces – ont néanmoins ouvert la porte à une spéculation hasardeuse.

Jardiner dans les rues

Lancé depuis peu par le collectif des « Incroyables comestibles » de Liège, en partenariat avec la Ville et le Centre liégeois du Beau-Mur – une asbl qui encourage les initiatives citoyennes et participatives –, un dispositif de « permis de végétalisation » permet désormais aux Liégeois d’installer eux-mêmes leur jardinière, voire leur parterre dans les rues. Une autre manière d’embellir la ville pour laquelle une charte s’apprête à être rédigée, qui encadrera quelque peu les engagements des citoyens participants. Seule consigne à respecter : planter des végétaux comestibles. Avis aux mains vertes !

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