Marche-en-Famenne, picture by Jean-Pol Grandmont.

Marche-en-Famenne

Écrit par Stephan Debusschere le 6 novembre 2018

En route vers l’avenir

Face au manque de logements et aux prix immobiliers élevés par rapport aux communes voisines, Marche-en-Famenne a dressé un plan d’attaque visant à se rendre plus attractive en créant un millier de logements dans les prochaines années.

Marche-en-Famenne, picture by Jean-Pol Grandmont.Entre la vallée de la Lesse et celle de l’Ourthe, Idéalement située par rapport aux nœuds de communication, Marche-en-Famenne est une commune appréciée pour la qualité de sa rénovation urbaine, son offre en matière de commerces et d’écoles, ses nombreux services ou encore ses différents parcs d’activités économiques.

Attirer de nouveaux habitants

La commune présente en revanche un ratio faible entre logements et emplois, ce qui signifie que nombre de ménages qui y travaillent n’y logent pas, préférant habiter dans des communes voisines qui profitent donc du dynamisme marchois à son détriment. En cause, le manque de logements ainsi que des prix immobiliers devenus élevés. Sur le segment de la maison, le chef-lieu de l’arrondissement éponyme présente en effet un prix médian de 187 500 euros au terme de ce premier semestre, soit un bond de 10% par rapport à 2017. Un prix sensiblement plus élevé que dans les communes voisines telles que Durbuy (163 000 euros), Hotton et Nassogne (170 000 euros), Saint-Hubert (147 500 euros), Rendeux (132 500 euros), La Roche-en-Ardenne (150 000 euros), ou encore Rochefort dans la Province de Namur (150 000 euros). En 2017, la moitié des ventes à Marche-en-Famenne s’est conclue dans une fourchette de 155 000 à 251 000 euros. Une fraction de ces ventes a donc franchi la barre des 250 000 euros.

Pour tenter de résoudre ce problème, d’inverser la tendance et attirer davantage d’habitants et de ménages en son sein, la commune a décidé de prendre les taureaux par les cornes en renforçant son offre de logements, qui a (trop) longtemps souffert d’une pénurie de promotions immobilières. Il y a peu, la majorité des nouvelles constructions était en effet constituée d’habitations particulières. Mais les choses changent. Désormais, la commune attire d’importants investisseurs privés, séduits par sa position stratégique et son dynamisme économique.

En conséquence, des projets résidentiels conséquents commencent à voir le jour, à l’image de la résidence « Les Portes de l’Ourthe », un projet composé d’une soixantaine d’appartements proche du centre historique, ou encore de la Résidence Luxembourg dans la rue éponyme et qui proposera 14 appartements. Si cela n’apparaît évidemment pas suffisant à terme, il est clair que la commune souhaite mettre en place une politique de logements dynamique afin de combler son retard en la matière par rapport à des villes comme Bastogne et Arlon, villes frontalières qui connaissent un développement immobilier plus important de par la hausse démographique liée au phénomène bien connu de périurbanisation de la métropole luxembourgeoise. A Marche-en-Famenne, le développement immobilier se fera petit à petit, les autorités souhaitant suivre celui-ci de près afin de le contrôler au mieux.

Quartier nouveau

Pour se rendre plus attractive en offrant du logement plus accessible, Marche-en-Famenne mise à la fois sur le nombre et la variété des futurs logements. S’agissant du nombre, la commune et des partenaires privés comptent créer dans les prochaines années près de 1000 logements. C’est que Marche-en-Famenne fait partie, aux côtés de Bastogne et Arlon, des trois villes de la Province du Luxembourg à faire partie des dix « Quartiers Nouveaux » sélectionnés par la Région wallonne. Fin 2015, le Gouvernement wallon avait en effet lancé un appel à projets auprès des communes et du secteur immobilier en vue de soutenir la création de quartiers nouveaux afin de faire face à la croissance attendue de la population. Si la Province du Luxembourg y figure en bonne place, c’est parce qu’elle connaît depuis au moins une trentaine d’années une croissance continue de sa population.

Et d’après les perspectives de l’Iweps (l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique), cette province serait celle qui vivra la plus importante évolution démographique d’ici 2035, après celle du Brabant wallon. Dans les prochaines années, environ 10 000 logements seront ainsi créés au sein de ces dix communes, dont Marche-en-Famenne assurera donc 10%, ce qui constitue une importante proportion au regard d’autres (plus grandes) communes sélectionnées. A l’instar des autres, Marche-en-Famenne bénéficiera d’une aide de l’administration wallonne par le biais d’un accompagnement technique d’aide au montage et au développement de projets, d’un soutien administratif garantissant une maîtrise des délais, et bien sûr du label officiel régional « Quartier nouveau ».

Réaffectation, rénovation et innovation

Dans ce cadre, un programme varié sera mis sur pied, dopant la mixité sociale et rendant le logement plus accessible, sur une zone totalisant 95 ha et située entre le contournement nord, la nationale 4 et la rue Victor Libert. Des immeubles résidentiels seront construits sur l’ancien site de l’arsenal dans le quartier Notre Dame de Grâce, ainsi qu’un éco-quartier près de l’école Saint-Martin. Le projet de Quartier Nouveau prévoit aussi un quartier au niveau du parc des Frères Franciscains en collaboration avec des universités et la Société wallonne du logement. Placé sous la bannière de l’innovation et du développement durable, ce quartier comprendra aussi du logement social acquisitif. Et du côté du quartier de la Fourche, la Société de logement public La Famennoise va créer plusieurs dizaines d’habitations sociales et rénovera, réhabilitera ou reconstruira les habitations de la cité sociale devenues obsolètes.

Repères

Maison : 187 500 euros

Appartement neuf : de 2150 à 2500 euros/m2

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