Immobilier neuf à Charleroi

Écrit par Renaud Chaudoir le 27 février 2014

Le point du vue du constructeur

Le marché immobilier à Charleroi est analysé par deux specialistes immo. Notre entretien avec Didier Eggermont, du groupe Loix, qui parle du point de vue des constructeurs.

La construction résidentielle se voit imposer de nombreuses normes européennes, fédérales ou régionales. Si ces normes augmentent le confort et vont dans le sens des économies d’énergie, elles sont aussi la première source d’augmentation des prix. Quel est votre sentiment à ce propos ?

Force est de constater que ces nouvelles normes et exigences en termes de performance énergétique, de ventilation, d’acoustique, de protection incendie, de coordination de sécurité et de santé – et j’en passe – ont de lourdes conséquences sur ce point d’intersection à trouver entre l’offre et la demande, afin que le marché du neuf puisse profiter à tous ceux qui souhaitent bénéficier de ses avantages, et je pense ici particulièrement aux jeunes ménages qui ne demandent qu’à acquérir un logement qui réduirait leurs factures énergétiques mais qui peuvent difficilement y avoir accès aujourd’hui. Mon sentiment est que les décisions prises sont trop exigeantes et ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité économique dans laquelle nous sommes. Pour faire un comparatif imagé entre l’immobilier et la voiture, c’est comme si on exigeait de la population de passer directement d’une petite voiture d’occasion à un modèle haut de gamme, sans se soucier de savoir si cette population a les moyens de se la payer. On assiste là à un paradoxe qui nuit à l’économie, au sein de laquelle la construction joue un rôle très important. En tant que constructeur, nous sommes obligés d’intégrer ces nouvelles exigences en rognant de plus en plus nos marges pour rester attractifs, mais nous avons nous aussi nos limites…

 

Quelle est la clientèle type de l’immobilier neuf dans la région de Charleroi ?

Dans notre région, une grande partie des biens neufs sont vendus soit à des investisseurs soit à des acquéreurs qui bénéficient d’une confortable épargne et qui vendent leur propre bien immobilier devenu trop coûteux et lourd à l’entretien pour s’installer en appartement. Leur tranche d’âge est donc en grande majorité bien supérieure à celle des jeunes ménages qui doivent généralement se rabattre sur le marché de seconde main qui connaît par ailleurs une baisse de 15 à 20% des prix actuellement. Dans notre région qui connaît une expansion démographique et qui économiquement se redresse, il manque encore des centaines de logements neufs. Les projets de développement économique ne manquent dans la région, et je pense que ce point de rencontre entre l’offre et la demande pourra être atteint à l’horizon de la décennie à venir. C’est du moins ce que j’espère !

Lexique