Mobiscore : l’adresse de votre logement rime-t-elle avec durabilité ?

Mobiscore

Écrit par Renaud Chaudoir le 19 juin 2019

L’adresse de votre logement rime-t-elle avec durabilité ?

Nous avons déjà souvent abordé le sujet sur notre blog : la position géographique de votre logement est cruciale, puisqu’elle détermine la facilité avec laquelle vous accédez aux commerces et services, mais influence aussi votre empreinte écologique. Afin d’avoir un aperçu du niveau de durabilité de votre (future) adresse, les autorités flamandes viennent donc de lancer le mobiscore. Petit mot d’explication.

Mobiscore : l’adresse de votre logement rime-t-elle avec durabilité ?

Qu’est-ce que le mobiscore ?

Travail, activités de loisir, achats personnels… Les personnes habitant dans des endroits reculés n’ont généralement pas d’autre choix que de faire appel à la voiture pour leurs déplacements, qu’ils soient professionnels ou personnels. Bien entendu, l’environnement est la première victime de ces trajets en voiture. La bonne nouvelle ? Grâce au site mobiscore.omgeving.vlaanderen.be, vous pouvez désormais analyser si la position géographique de votre logement en Flandre rime ou non avec un mode de vie durable. Il vous suffit d’encoder l’adresse de votre (future) habitation et vous obtenez immédiatement un score sur dix. Plus cette valeur est élevée, plus les écoles, magasins et lignes de transports en commun sont facilement accessibles à pied ou à vélo.

Le mobiscore est en quelque sorte comparable à la valeur PEB d’une habitation. Chaque logement situé en Flandre se voit déjà attribuer un score pour ses performances énergétiques, mais à cela vient désormais s’ajouter le mobiscore, définissant le niveau de durabilité lié à la position géographique d’une habitation.

Un instrument de sensibilisation

La création du mobiscore est, à l’origine, une initiative de l’ancienne ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege. La ministre CD&V a présenté pour la première fois ce concept il y a environ quatre ans, mais les partenaires de la coalition, l’Open VLD et la N-VA, avaient alors jugé la mise en place d’un tel score comme de l’excès de zèle de la part de la ministre et l’idée fut remisée au placard.

Plus tôt dans la semaine, l’idée du mobiscore a cependant été remise sur la table par le Département flamand Environnement et l’actuel ministre de l’Environnement, Koen Van den Heuvel (CD&V). Aucun avantage de nature fiscale ou autre n’est actuellement lié au mobiscore et le ministre insiste pour qu’il en reste ainsi. Les autorités flamandes voient en effet davantage le mobiscore comme un « instrument de sensibilisation » dont l’objectif est d’inciter à la réflexion les personnes cherchant une nouvelle habitation. « Grâce au mobiscore, les futures propriétaires ou locataires peuvent aujourd’hui choisir délibérément une habitation qui ne les contraindra pas (ou moins) à se déplacer en voiture », explique le journal De Morgen. Leo Van Broeck, architecte du gouvernement flamand, voit toutefois la situation sous un autre angle et propose pour sa part de récompenser fiscalement les personnes qui privilégient la mobilité durable lors du choix de leur nouveau logement.

Un impact sur le prix des maisons ?

Les experts immobiliers sont également formels : à terme, le mobiscore aura tout comme la valeur PEB une influence non négligeable sur les prix de l’immobilier. Autrefois rarement pris en considération, le score PEB détermine aujourd’hui en grande partie la valeur d’une habitation sur le marché et le mobiscore semble être destiné à un avenir tout aussi prometteur.

La position géographique d’un bien et sa facilité d’accès sont depuis longtemps des facteurs centraux dans le choix d’un logement, en particulier auprès de la jeune génération, mais nous n’interprétons pas tous le concept de « facilité d’accès » de la même manière. Bien souvent, les futurs propriétaires ou locataires se contentent de vérifier le nombre de places de parking accessibles dans le quartier, ce qui est bien sûr insuffisant.

Une pluie de critiques immédiate

Le mobiscore a fait l’objet de nombreuses critiques dès son lancement, en particulier sur le réseau social Twitter. Certains y ont vu une « énième » mesure du gouvernement destinée à stigmatiser les personnes vivant en milieu rural. D’autres trouvent le système trop simpliste et pointent des lacunes. Une multitude de facteurs ne seraient en effet pas pris en compte, tel l’état des pistes cyclables à proximité des habitations. Nombreux sont également les bourgmestres à souligner qu’ils réclament depuis plusieurs années une meilleure offre de transports en commun, sans succès.

Le ministre actuellement en fonction, Koen Van den Heuvel, cherche quant à lui à calmer les esprits : « Le mobiscore est un outil d’aide qui permet d’informer et de sensibiliser les gens. Il ne s’agit en aucun cas d’une valeur absolue. Celle-ci dépend de facteurs qui varient d’une personne à l’autre », réagit-il au micro de la VRT. Selon lui, il est essentiel de faire preuve de « prudence ». « Le mobiscore est et reste un chiffre qui englobe de nombreux facteurs, une donnée générale qui ne fournit aucun détail précis », conclut-il.

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