Louvain-la-Neuve - Musée Hergé. Picture by EmDee.

Ottignies-Louvain-la-Neuve

Écrit par Stephan Debusschere le 22 mars 2018

Des marchés très actifs

Si Louvain-la-Neuve connaît actuellement un plafonnement de ses prix immobiliers, l’activité n’en reste pas moins très soutenue. Et si l’entité d’Ottignies affiche des prix moins élevés, ce n’est peut-être plus pour très longtemps. 

Sa situation de pôle d’attraction économique, l’accroissement continu de population qui en a découlé et les moyens élevés dont celle-ci dispose ont contribué au fil des années à créer une importante pression immobilière à Louvain-la-Neuve, qui constitue à l’évidence un marché qui jouit d’une aura certaine et sécurise les acheteurs. Entre la fin des années 1990 et aujourd’hui, la valeur de son immobilier a tout simplement plus que doublé.

Mais toute croissance a ses limites. Et c’est probablement le cas pour Louvain-la-Neuve qui semble atteindre aujourd’hui un plafond au niveau des prix pratiqués. « On observe bel et bien un tassement général des prix, commente Anouk Renard de l’agence Aryês située à Wavre. Le marché n’en reste pas moins très dynamique et très réactif. Sur le segment des maisons de Louvain-la-Neuve, par exemple, qu’on peut qualifier d’exclusif de par son offre réduite, les transactions sont très rapides, à condition que les prix soient réalistes. C’est pourquoi nous tâchons de conscientiser les vendeurs sur le fait de ne pas se montrer trop gourmands. »

Les acquéreurs qui ne trouvent pas leur bonheur à Louvain-la-Neuve se rabattent sur Ottignies. « Le différentiel de prix se chiffre globalement entre 15 et 20%, poursuit Anouk Renard. Mais il n’en reste pas moins que les prix des maisons à Ottignies suivent un mouvement ascendant, dans une tranche de prix comprise entre 300 000 et 500 000 euros. Et les biens s’y vendent vite. »

Appartements

En matière de biens neufs, Louvain-la-Neuve constitue également un marché à part, et qui a du succès. On y construit beaucoup d’appartements, à des prix qui atteignent ou dépassent les 4000 euros du m², mettant globalement hors d’atteinte les jeunes ménages. Pourtant, on y vend autant qu’on ne construit. « Ce marché attire beaucoup les seniors actifs, pour toutes les facilités de mobilité qui y sont offertes, explique Anouk RenardEt ils sont disposés à s’offrir un appartement à 400 000 euros après avoir vendu leur maison. »

Marché d’investisseurs

Si l’activité sur le segment des appartements de seconde main est également soutenue, les prix s’avèrent aussi souvent prohibitifs pour les jeunes ménages, et a fortiori ceux sans aide financière extérieure. Un appartement 1 chambre se négocie déjà entre 170 000 et 220 000 euros, selon sa situation et ses prestations. Les studios s’écoulent encore plus facilement, bien que leurs prix soient à l’avenant : un studio de 35 m2 s’échange ainsi à quelque 160 000 euros…

Les petites unités de logement se vendent aisément auprès des investisseurs parce que le retour sur investissement est – quasi – assuré. Ces biens sont destinés à une large frange de locataires tels que les célibataires, les chercheurs, les étudiants et les personnes âgées seules. « Et l’offre n’est pas prête de se tarir, ajoute Anouk Renard. Louvain-la-Neuve s’apprête en effet à accueillir, entre autres, le futur projet des Jardins de Courbevoie, qui mettra sur le marché plus d’une centaine de kots, autant d’appartements, une quarantaine de studios et une trentaine de mini-lofts. »

Louvain-la-Neuve - Musée Hergé. Picture by EmDee.

Marché locatif

Les locations d’appartements à Louvain-la-Neuve sont aussi plus chères qu’à Ottignies (environ 15%), et les loyers supérieurs à 1000 euros y sont deux fois plus fréquents qu’en Wallonie. Cependant, la proportion de petits loyers est importante à Louvain-la-Neuve, vu le nombre important de petits logements. Leur loyer va de quelque 500 euros pour un studio, à 600/650 euros pour un appartement 1 chambre. Les autres locations concernent davantage des personnes pensionnées, des jeunes couples qui travaillent dans la région, avec au maximum un ou deux enfants. Il y a aussi des étrangers, d’Europe principalement, qui travaillent dans les entreprises de la région, ainsi que d’anciens étudiants qui y reviennent s’ils travaillent dans la région. Louvain-la-Neuve continue ainsi clairement de conforter son marché d’appartements.

Des projets à venir

Toujours en phase d’expansion à près de 50 années d’existence, Louvain-la-Neuve est en passe de finaliser d’importants projets. C’est le cas par exemple de l’Agora Resort urbain qui devrait voir le jour dans le courant de cette année. Situé tout près de la Grand-Place, ce projet va rassembler un pôle hôtelier d’une centaine de chambres et autant d’appart-hôtels, des appartements, une résidence-service, un espace événementiel ainsi qu’un City Spa, pour un total de quelque 30 000 m2. L’agrandissement du centre commercial de L’Esplanade a pour sa part été entamé. Quelque 20 000 m2 vont en effet s’ajouter à l’offre commerciale existante, soit pratiquement le double de sa superficie actuelle. Cet agrandissement va s’étendre derrière le centre existant, vers le nouveau quartier Courbevoie et la E411.

De quoi s’affirmer petit à petit non plus seulement comme une cité estudiantine, mais bien comme une ville à part entière, comme a tendance à le prouver le futur China Belgium Technology Center, un complexe d’incubateurs chinois qui va probablement impacter aussi son activité économique.

A Ottignies aussi, les choses bougent. Parmi les projets, celui du site de la gare est le plus emblématique et le plus ambitieux, parce qu’il s’agit là d’un lieu clé dans le développement d’une ville. Un site qui sera directement concerné par des projets résidentiels, comme celui, entre autres, de la potentielle reconversion des dix hectares de l’ancien site industriel de Benelmat en un nouveau quartier qui rassemblerait quelque 900 logements répartis en plusieurs îlots, ainsi que des commerces, des services, mais aussi des espaces pour PME et des bureaux. Et Ottignies n’en restera sûrement pas là, parce qu’elle n’échappera pas à la croissance démographique prévue, et qu’elle possède d’autres zones industrielles à reconvertir, comme par exemple celles de Mousty et Franquenies. 

Un développement futur qui a déjà une influence sur les projets en cours de commercialisation. « Les appartements des résidences du Petit-Ry sont là pour le démontrer, avec des prix au m2 qui se placent déjà entre 3000 et 4000 euros », précise Anouk Renard.

Logic Repères

Maison : de 300 000 à 500 000 euros

Studio et appartement : à partir de 150 000 euros

Appartement neuf : de 3000 à 4000 euros/m

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