Péruwelz, le parc Simon. Picture by Jean-Pol Grandmont.

Péruwelz

Écrit par Stephan Debusschere le 25 mai 2018

La commune la moins chère de l’arrondissement

Avec une offre supérieure à la demande, le marché immobilier de Péruwelz a enregistré en 2017 un nouveau recul des prix sur le segment des maisons. Une tendance qui rejoint la réalité de ce marché essentiellement local.

Péruwelz est avant tout une ville à la campagne. Les villages avoisinants tels que Roucourt, Brasmenil et Wiers, ainsi que les quartiers retirés de Péruwelz sont en conséquence les plus recherchés, notamment grâce à leur accessibilité facile aux grandes voies de communication telle l’autoroute E42. « Mais le marché immobilier de Péruwelz souffre depuis quelques années de par la difficulté qu’ont les candidats acquéreurs à obtenir un financement pour accéder à la propriété pour des biens à des petits budgets et donc avec travaux », commente Christophe Domecki de l’agence Century 21 Agence du Parc à Péruwelz. La moyenne des prix a ainsi chuté sur le segment des petites maisons.

En 2015, le prix moyen d’une maison mitoyenne était fixé à 139 000 euros, mais l’année suivante avait bien démontré que ce prix était en réalité surfait. La correction qui s’en est suivie a ramené ce prix moyen à 128 500 euros, soit un recul de près de 8%. Et l’année écoulée a poursuivi la tendance baissière, en faisant encore reculer ce prix moyen de 7%, pour le fixer à 119 000 euros. Deux baisses consécutives qui ont eu pour conséquence de retrouver la réalité du marché, eu égard aux progressions artificielles des années précédentes. Au palmarès de l’arrondissement de Tournai, qui affiche un prix moyen de 177 500 euros sur ce segment des maisons, Péruwelz apparaît ainsi comme la commune la moins chère.

Shopping immobilier

Quelle est précisément la nature de la demande dans sa majorité ? Christophe Demecki nous livre ici son expérience de terrain. « Les candidats acquéreurs recherchent principalement une habitation 3 ou 4 façades, avec un terrain de minimum 5 ares, sans trop de travaux de préférence, et de préférence aussi dans un environnement campagnard. Pour le reste, l’offre étant supérieure à la demande, les acquéreurs ont naturellement tendance à visiter de nombreux biens avant de se lancer, et comparent donc les maisons et les prix. Ce shopping immobilier se répercute en conséquence sur le prix de vente final, qui est bien entendu à distinguer du prix de vente initialement demandé. La négociation se fait donc de plus en plus présente avec, d’une part, des propriétaires persuadés de la valeur de leur bien et, d’autre part, de candidats qui ont l’avantage de disposer d’un large choix. »

Péruwelz, le parc Simon. Picture by Jean-Pol Grandmont.

Des candidats réfractaires aux travaux 

On constate par ailleurs que les candidats acquéreurs sont à la recherche de biens de qualité, c’est-à-dire des biens qui ne nécessitent que très peu de travaux de rénovation, voire pas du tout. « Or les biens dont les prix sont situés en dessous de 100 000 euros, logiquement attractifs, ne correspondent que rarement à cette exigence, poursuit Christophe Demecki. Ceux d’une valeur comprise entre 50 000 à 60 000 euros nécessitent forcément des travaux importants et sont devenus difficile à vendre. D’une part, il y a peu d’investisseurs, d’autre part les candidats potentiels tentent de négocier encore les prix. Quant aux jeunes couples, ceux-ci apparaissent réfractaires à la nécessité de faire trop de travaux. Les biens d’une valeur comprise entre 80 000 et 90 000 euros présentent déjà moins de problèmes, bien qu’il faille généralement y remplacer les châssis, la toiture, ou encore la chaudière, par exemple. On constate depuis plusieurs années que pour ces biens, plusieurs visites sont devenues nécessaires afin que les candidats acheteurs fassent réaliser plusieurs devis de travaux. » Pour acquérir un bien qui ne demande qu’un rafraîchissement, il faut donc tabler sur un budget de minimum de 110 000 euros, avec un plafond qui se situerait à quelque 170 000 euros. »

Les maisons 3 et 4 façades présentent pour leur part une tranche de prix plus large, « de 170 000 à 190 000 euros pour les villas anciennes à rénover, et de 250 000 à 350 000 euros pour les villas plus récentes », précise Christophe Domecki. Pour ces types de biens, le marché reste stable, parce que les prix le sont aussi.

Un marché revitalisé

Le tableau n’est pourtant pas aussi sombre qu’il n’y paraît. « Il faut en effet préciser que le marché est globalement devenu plus facile, et ce, principalement en raison de l’abattement fiscal sur les premiers 20 000 euros, en application depuis janvier de cette année. Un incitant auquel viennent s’ajouter bien sûr les taux d’intérêt qui sont particulièrement bas. Et pour les petits budgets, la clientèle principale, qui est jeune, emprunte auprès du “Fonds du logement” ou du “Petit Propriétaire” à Tournai, une entreprise coordonnée par la Fondation pour le Crédit Social, et qui octroie des prêts hypothécaires à des taux avantageux, bien entendu sous certaines conditions. »

Pas d’appartements neufs

Péruwelz ne détenant ni grande école, ni université, ni grandes entreprises, son marché immobilier n’attire en conséquence pas beaucoup les investisseurs et reste essentiellement local, sans demande particulière pour des appartements neufs, qui ne constitue donc pas un marché porteur. « Sur ce marché, l’offre se développe en effet ailleurs sur des villes comme Ath, Mons et Tournai, là où se trouve la demande », confirme Christophe Domecki. La demande pour le neuf se porte donc essentiellement sur de nouvelles constructions d’habitations 3 ou 4 façades. Sur ce segment en particulier, l’activité s’avère stable.

Recherche petits terrains

Sur le plan du foncier, les transactions ont pour leur part également bien repris selon Christophe Domecki. « Après plusieurs années d’accalmie, les terrains à bâtir sont de nouveau recherchés et des transactions s’opèrent, avec des prix qui varient de 80 000 à 125 000 euros pour des surfaces de 10 à 25 ares et selon les caractéristiques du terrain. Nous constatons aussi que la demande n’est plus forcément pour des grandes surfaces. Les candidats se contentent de terrains d’une surface d’environ 8 ares. » 

Une tendance que l’on retrouve ailleurs aussi, et qui est en réalité quasi générale sur l’ensemble de la Province et même du pays, et qu’on peut, sans trop de risques de se tromper, qualifier de sociétale. Ne préfère-t-on pas en effet durant les week-ends s’offrir des city trips ou s’adonner à des loisirs culturels plutôt que de passer son temps libre à l’entretien fastidieux d’un trop grand jardin ?

Repères

Maison mitoyenne (à rénover) : de 60 000 à 100 000 euros
Maison mitoyenne en bon état : de 100 000 à 160 000 euros
Maison 4 façades/villa récente : de 250 000 à 350 000 euros

Lexique