Flobecq, picture by Jean-Pol Grandmont.

Prix immobilier au Pays des Collines

Écrit par Stephan Debusschere le 21 août 2019

Pari sur l’authenticité

Formé par une succession de villages et de hameaux éparpillés dans un paysage de vallons et de bocages, le pays des Collines mise sur l’authenticité pour booster son attractivité.

Flobecq, picture by Jean-Pol Grandmont.
Blottie au nord du Hainaut, jouxtant la province de Flandre orientale, le Pays des Collines est une région rurale qui se détache entre les vastes plaines du sud de Bruxelles et de l’est du Tournaisis. Constituée par les communes d'Ellezelles, de Flobecq, de Frasnes-lez-Anvaing, du Mont-de-l'Enclus et par une partie de la commune d'Ath (les villages de Mainvault, Houtaing et Ostiches), cette zone très verte, que certains considèrent - à tort ou à raison - comme les « Ardennes flamandes » du fait d’une topographie identique, est formée par une succession de villages et de hameaux éparpillés dans un paysage de vallons et de bocages. Situé à 50 kilomètres de Lille, 15 de Tournai, 70 de Bruxelles ou encore 40 de Gand, la région s’avère d’un accès aisé, car traversée par deux axes routiers importants, à savoir la liaison Leuze-Renaix (N60 reliant Valenciennes à Gand) et l’autoroute A8 reliant Tournai et Bruxelles.

Le pays des Collines constitue aussi un cadre de vie de qualité au sein duquel le souci de conservation du patrimoine paysager et architectural a abouti en 1997 à la reconnaissance du statut de parc naturel pour la région. Son bâti résidentiel se présente sous des formes variées : d’un côté, des maisons ouvrières et mitoyennes qui témoignent du passé industriel de la région, de l’autre des volumes uniques bas et allongés, de petits ensembles aux volumes diversement disposés ou encore de grands quadrilatères.

A la croisée de la France et de la Flandre, les attraits de la région ne semblent pas manquer, d’autant que la région a de quoi satisfaire tous les budgets. De la maison mitoyenne dans le centre urbain de Frasnes à la villa de prestige d’Ellezelles, en passant par les fermettes typiques de Flobecq ou du Mont de l’Enclus, on trouve de nombreuses et diverses possibilités de logement ou d’investissement. Ainsi, à côté de ses habitants réguliers qui jouissent en permanence des beautés de la région, on trouve également des personnes qui y établissent leur seconde résidence.

Des prix soutenus

Classé historiquement le moins cher du pays, le marché hennuyer n’en est pas moins l’un des plus éclatés et des plus disparates. Celui du pays des collines ne fait pas exception. Ces dernières années, certaines communes ont davantage eu le vent en poupe que d’autres, à l’instar de Flobecq – la seule commune à facilités de la région – où le prix moyen des maisons a bondi pour se hisser au-dessus de la barre des 200 000 euros.

Mais au cours de 2017, le soufflé y était quelque peu retombé, sans pour autant avoir chahuté le marché au cours de l’année passée. Les maisons 4 façades et les bâtiments de type fermette – à rénover – s’y échangent à partir de 180 000 euros. Les villas et autres belles fermettes se négocient, pour leur part, dans une tranche de prix comprise entre 250 000 et 350 000 euros, selon la situation, l’état et la superficie, tandis que les biens d’exception peuvent atteindre 500 000 euros.

Des acheteurs bien informés

Plus rurale que Flobecq, et parsemée de petits villages, la commune de Frasnes-lez-Anvaing affiche une situation identique, alors qu’elle n’avait pas réellement bénéficié du regain d’activité qui avait pris place ailleurs au lendemain de 2008. Au fil du temps, des progressions sensibles de prix ont été enregistrées sur le segment des maisons, jusqu’à frôler voire dépasser la barre des 200 000 euros selon les années. Aujourd’hui, la tendance est à la stabilisation, et les prix pratiqués sont comparables à ceux de Flobecq. Si la demande provient en partie de candidats acquéreurs néerlandophones, il n’y a pas eu pour autant de pression immobilière.

La rumeur selon laquelle ces candidats néerlandophones seraient disposés à payer plus cher apparaît fallacieux. Ces derniers sont très bien informés sur le marché qui les intéresse et recherchent, comme tout acquéreur, le meilleur rapport qualité-prix. De manière générale, les acheteurs, d’où qu’ils viennent, sont devenus plus exigeants. Ils étudient le marché, font des comparatifs et n’hésitent pas à faire réaliser des devis de travaux pour savoir où ils mettent les pieds avant d’éventuellement s’engager. Si les maisons qui nécessitent peu de travaux se vendent mieux et plus vite que celles qui en exigent davantage, en finalité tout se vend, mais pas à n’importe quel prix. Il est dès lors impératif que les biens soient mis en vente à leur juste valeur.

Pour tous les goûts

L’offre, assez diversifiée, rencontre naturellement différents profils d’acquéreurs. Les jeunes ménages s’intéressent essentiellement aux maisons mitoyennes et petites fermettes que l’on trouve surtout dans le centre de la commune et les villages avoisinants, dans une tranche de prix comprise entre 100 000 et 180 000 euros, en fonction de l’état du bien et des travaux nécessaires. Au-delà de cette tranche, on touche une autre clientèle, intéressée par des biens de type fermette, à rénover ou pas, sis sur de beaux terrains. Les biens d’une catégorie supérieure semblent en revanche toujours difficiles à vendre, de par leur état qui n’est plus au goût du jour et leur caractère énergivore. Face à une villa d’une valeur supérieure à 350 000 euros sise sur un terrain qui vaut quelque 100 000 euros, il apparaît aux candidats acquéreurs que, pour un prix identique, ils peuvent en réalité se faire construire un bien neuf, qui sera totalement à leur goût. 

La commune d’Ellezelles a, pour sa part, rattrapé son retard au fil du temps, enregistrant même la plus belle progression au cours des dernières années. Et alors que le prix moyen d’une maison était en recul il y a deux ans, l’attraction générale exercée par la région a permis à ce dernier de remonter depuis, poussant le prix moyen d’une maison juste sous la barre des 200 000 euros.

Du neuf à taille humaine

Aujourd’hui, le pays des Collines n’est pas réellement présent sur le marché de l’immobilier neuf. Les immeubles à appartements sont, en effet, concentrés dans les communes d’Ath, Tournai et Renaix. Mais dans la commune de Frasnes et sa périphérie, la situation pourrait néanmoins évoluer dans les très prochaines années. Plusieurs projets d’investisseurs voient ainsi le jour peu à peu, avec des résidences d’appartements et/ou des lots de maisons. Cet essor, qui va de pair avec une volonté de développement culturel, rime cependant avec un certain éloge de la mesure, à savoir des projets à taille humaine.

D’ici deux à trois ans, le développement de logements neufs devrait donc se matérialiser davantage en reconversions de bâtiments existants qu’en nouveaux immeubles à proprement parler. C’est que l’authenticité semble être ici une valeur qualitative, qui s’avère d’ailleurs aussi de mise pour les nombreux gîtes qui accueillent les cyclotouristes et autres vacanciers. Cela ne signifie pas pour autant que l’innovation n’a pas sa place au pays des Collines. Des projets d’habitats groupés voient en effet déjà le jour.

En outre, de par les grands espaces de terre encore exploitables, nombreux sont ceux qui privilégient de même l’aspect qualitatif en développant la permaculture et le bio, par exemple. Le marché immobilier du pays des Collines apparaît ainsi à l’image de sa région : contrasté et vivant.

Repères

Maison de rangée et petite fermette : de 100 000 à 180 000 euros

Villa et fermette avec grand terrain : entre 250 000 et 350 000 euros

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