Lasne, picture by Wouter Hagens.

Prix immobilier à Lasne

Écrit par Stephan Debusschere le 11 mai 2019

Un marché toujours très select

Bien connue pour être historiquement la plus chère de Wallonie, Lasne devance toujours de loin ses voisines du Brabant wallon, avec des prix qui se sont stabilisés.

Lasne, picture by Wouter Hagens.A proximité directe de la Capitale, Lasne constitue le marché immobilier historiquement le plus cher du Brabant wallon, et de toute la Wallonie en réalité. C’est que Lasne jouit d’une situation privilégiée dans la Province, avec un cadre de vie semi-rural où la nature est omniprésente. Partagées entre terres agricoles, forêts, espaces verts et étangs, ses zones rurales occupent plus de la moitié de son territoire. La commune bénéficie par ailleurs d’un riche patrimoine. Les 5 villages qui la composent regorgent de bâtiments et monuments historiques.

Certains d’entre eux sont classés, telles l’église Saint-Etienne et la place communale d’Ohain, l’abbaye cistercienne d’Aywiers à Couture-Saint-Germain, la ferme de la Haie Sainte et la colonne Victor Hugo à Plancenoit, ou encore l’ancienne cure de Maransart. Dans cet environnement pour le moins privilégié, le sentiment d’espace que procurent les grandes parcelles – toutes les parcelles doivent en effet disposer d’une superficie minimum de 15, 25 ou 40 ares, à l’exception des cœurs de village – et la sélection naturelle des personnes qui peuvent y acquérir un bien font de l’entité une sorte d’enclave au sein de la Province.

Un conservatisme affirmé

Une autre forte caractéristique de la commune concerne la typologie de son bâti, qui se divise en deux catégories. Il y a d’un côté les habitations traditionnelles de type fermette ou maison ouvrière que l’on trouve dans les villages d’Ohain, Couture-Saint-Germain, Maransart ou encore Chapelle-Saint-Lambert. De l’autre, les villas sises dans les nombreux lotissements. Ce style architectural lasnois, les autorités communales souhaitent le conserver en imposant une réglementation stricte.

Même pour les projets neufs d’appartements, la commune tient à ce qu’ils ressemblent à des maisons de village, avec des façades blanches, des toitures en tuiles, des croisillons et des garde-corps en bois sur les balcons et terrasses. Cette rigueur se traduit par une identité forte, mais aussi par une rareté de grands développements immobiliers. Les autorités considèrent ainsi qu’un lotissement de quatre ou cinq maisons constitue déjà un gros projet… Autant dire que les promoteurs trop gourmands ne sont pas accueillis les bras ouverts.

Le (trop) plein de biens neufs

Il n’empêche que Lasne a fait évoluer son bâti. Longtemps, le segment des appartements a souffert d’un sérieux manque d’offre face à une vraie demande, notamment de la part de personnes d’un âge avancé qui désirent acquérir un appartement dans la commune pour continuer à profiter de son cadre. Longtemps, ces dernières ont dû trouver leur bonheur ailleurs, sur les communes de Waterloo, Braine-l’Alleud ou encore Louvain-la-Neuve. Cette situation a depuis bien changé.

L’offre en appartements neufs s’est considérablement étoffée, et de nombreux projets sont en cours. L’objectif était en effet de répondre à une demande de seniors désireux de quitter leur villa trop spacieuse et trop coûteuse en entretien comme à l’usage pour habiter un logement plus compact et davantage proche des facilités.

Mais si la demande est bien là, encore faut-il que ces amateurs qui comptent sur un certain montant pour acquérir un appartement  parviennent à vendre leur propriété au prix souhaité, ce qui n’est pas gagné. Le marché des villas est en effet en recul, et nombreux ceux sont qui ont freiné des quatre fers. Il suffit pour le comprendre de se pencher sur les prix demandés par les promoteurs, qui peuvent parfois atteindre 4000 euros/m2.

Marché des villas

Depuis environ 5 à 6 ans, bon nombre de propriétés ont perdu de la valeur. Le marché des biens estimés entre 750 000 et 2 millions d’euros est particulièrement touché. Une villa achetée 1,5 million d’euros il y a quelques années n’en vaut en effet « plus que » 900 000 euros aujourd’hui. Si les transactions ont repris depuis 2017, c’est notamment parce que la majorité des propriétaires ont pris conscience que le marché a évolué et qu’ils ne peuvent plus demander les prix du passé.

Les candidats à l’achat ont pour leur part tendance à prendre leur temps pour analyser l’offre. Ils sont persuadés que certains biens restent surévalués, et restent donc souvent dans l’expectative d’une baisse de prix pour se faire connaître des propriétaires, en précisant que certains propriétaires ne sont pas nécessairement dans le « besoin » de vendre à tout prix. Il en résulte donc une offre assez importante, qui se résorbe néanmoins depuis la prise de conscience des vendeurs. En revanche, sur le marché des biens d’exception, au-delà de 2,5 millions, les prix semblent se maintenir.

Malgré cette tendance, et des propriétaires vendeurs qui n’ont d’autre choix que de relativiser leurs prétentions parce que les acheteurs, très bien informés, ne se manifestent que lorsque le prix leur paraît justifié, la commune de Lasne reste encore et toujours la plus chère de la Province sur ce segment.

Légère bonification des prix des maisons

Face aux prix très élevés de la commune, nombre de candidats acquéreurs tentent leur chance du côté des biens plus modestes, ce qui a alimenté au fil du temps la hausse des prix sur le segment des maisons dites ordinaires. En 2012, la maison lasnoise avait enregistré une progression de quelque 15%, amenant le prix moyen à franchir la barre des 550 000 euros. Mais 2013 avait cassé cette progression en enregistrant une correction qui avait pris de l’ampleur courant 2014 avant de se stabiliser. Avec un rattrapage de 10 %, le prix moyen de 536 000 euros pour l’année 2015 semblait démontrer que le retour au niveau de 2012 était possible. Mais les résultats pour l’année 2016 ont contredit cette hypothèse.

L’offre est restée importante, et le marché s’est dirigé vers une correction, tirant le prix moyen vers le bas, à 476 000 euros. L’année 2017 aura été marquée par un nouveau rattrapage, de 12%, replaçant le prix moyen à 533 000 euros, loin devant Waterloo qui plafonne sous la barre des 400 000 euros. Au cours de l’année écoulée, le prix moyen a suivi l’inflation pour se place à 562 000 euros. Un prix resté stable depuis. Si 75% des biens vendus ont affiché un prix au-dessus des 350 000 euros, cela signifie donc que 25% des biens se sont vendus à un prix inférieur. L’offre sur l’entité de Lasne inclut en effet aussi des biens à des prix en dessous de la barre des 400 000 euros. Etant plus rares, il conviendra aux candidats acquéreurs d’être très réactifs sur ce type d’offres.

Le grand écart d’Ohain

Au même titre que les entités de Chapelle-Saint-Lambert, Couture-Saint-Germain, Maransart et Plancenoit, Ohain est une section de la commune de Lasne. Tout au long de ses 20 km² de superficie, on peut encore dénicher des maisons de village à rénover dans une tranche de prix comprise entre 250 et 300 000 euros. Celles qui ont été rénovées affichent des prix qui se rapprochent ou dépassent les 400 000 euros. Les villas s’échangent à partir de 450 000 euros, jusqu’aux biens de prestige pouvant atteindre, voire dépasser les 3 millions d’euros. Mais ici aussi, l’offre haut de gamme y est toujours supérieure à la demande. Nombreux sont les propriétaires ayant connu le boom des années précédant la crise, et qui ne se sont pas encore alignés sur la tendance du marché.

Repères

Lasne

Maison : 562 000 euros

Appartement neuf : 3700 euros/m2

Ohain

Maison : 300 000 euros (non rénovée) à 450 000 euros (rénovée)

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