Woluwe-Saint-Lambert, picture by Matthew Ross.

Prix immobilier à Woluwe-Saint-Lambert

Écrit par Stephan Debusschere le 19 novembre 2019

Une progression douce mais certaine

Proche du quartier européen, la commune de Woluwe-Saint-Lambert est recherchée tant par les cadres internationaux que par les familles et les jeunes couples. Une situation qui pèse sur l’évolution des prix, qui semblent avoir encore de la marge de progression.

Woluwe-Saint-Lambert, picture by Matthew Ross.Les origines historiques de la commune de Woluwe-St-Lambert remontent au milieu du XIe siècle. A cette époque, d'importants travaux de défrichement ont été entrepris dans la partie de la forêt de Soignes située sur le cours moyen de la Woluwe – petite rivière qui allait donner son nom au village – afin d'y créer un centre d'exploitation agricole. Des cultivateurs s'y installèrent et l’église qu’on y bâtit fut dédiée à Saint Lambert, le prestigieux évêque de Maastricht. Woluwe-Saint-Lambert était née.

Deux marchés distincts

Commune prospère et considérée comme l’une des zones ultra-résidentielles de Bruxelles, comptant quelque 54 000 habitants sur une superficie de 7 km², Woluwe-Saint-Lambert présente aujourd’hui un paysage assez hétérogène. Les hôtels de maître et immeubles cossus se côtoient sur les grandes artères prestigieuses qui délimitent son territoire telles que l’avenue de Tervuren, l’avenue de Broqueville ou encore le boulevard Saint-Michel. Selon les quartiers, on se retrouve tour à tour au milieu d’avenues rectilignes bordées d’immeubles modernes et de standing, de petites rues où s’alignent les maisons de rangée, ou dans des quartiers jalonnés de belles maisons Art déco ou modernistes, comme c’est le cas dans la périphérie du rond-point Montgomery.

La commune se compose en conséquence de deux marchés immobiliers assez distincts. Globalement, il y a, d’une part, le marché « citadin » du côté de l’hôtel de Ville, avec notamment la rue Slegers et l’avenue de Broqueville, et d’autre part, le marché « décentré » des lotissements à la limite de Kraainem et de Wezembeek-Oppem. La proximité de nombreux parcs et espaces verts, souvent bordés de belles maisons, ajoute par ailleurs une réelle plus-value à certains de ses quartiers.

Du neuf

Sur le segment des biens neufs, ces deux micromarchés ne réagissent pas de la même manière et présentent une différence de prix au m², variant de 3300 à 3600 euros, avec des pointes à 4000 euros et plus. Livrée fin 2018, la résidence « Les Balcons », sise le long de l’avenue Marcel Thiry, s’est inscrite dans le processus de réaffectation d’immeubles – de bureaux – inoccupés, en vue de répondre aux besoins croissants en logements et au développement raisonné du tissu urbain à Bruxelles.

Ce projet, dont le bâtiment d’origine faisait partie d’un complexe de quatre immeubles de bureaux dont trois avaient déjà fait l’objet d’une réaffectation en logements, revêt principalement une fonction résidentielle en déployant 85 logements passifs, déclinés en petits et grands appartements, duplex et penthouses répartis sur deux bâtiments – dont une extension. Il se voit aussi assorti d’activités économiques – deux surfaces commerciales et trois cabinets pour profession libérale – contribuant à la vitalité et l’animation urbaine du quartier Marcel Thiry.

Le long du boulevard de la Woluwe, le projet « Elyx » émane également d’une reconversion d’immeuble de bureaux, qui livrera 55 appartements à l’horizon 2020. A l’instar du projet Twice, le long du boulevard du Souverain, on constate ainsi que le résidentiel est en train de se réapproprier les grands boulevards réaménagés.

Citons évidemment aussi le vaste projet « Greenwood », qui a livré ses premiers logements en 2016. Au terme des quatre phases de construction, les huit immeubles situés dans un cadre de verdure à proximité du Woluwe Shopping Center et du parc Malou offriront un total de 700 logements. Le prix d’un studio se situe entre 170 000 et 190 000 euros. Pour un 2 chambres compact, il faut débourser quelque 270 000 euros et 350 000 euros pour un 2 chambres avec terrasse. Le prix d’un appartement 3 chambres se situe, quant à lui, entre 500 000 et 550 000 euros, et davantage selon le niveau. Le troisième immeuble en cours de commercialisation – Inwo – propose aussi des duplex 4 chambres de plus de 200 m2.

A la lisière du Parc Schuman et à proximité du Shopping, le projet « Jardins de Woluwe » livre cette année des appartements de 2 et 3 chambres de 93 à 169 m², ainsi que des penthouses 4 chambres en duplex de 218 à 239 m2. La résidence Victory, sur l’avenue Marcel Thiry, livre également cette année ses studios (à partir de 170 000 euros) et ses appartements 2 chambres (à partir de 335 000 euros).

Le projet « So Stockel », entre la Place Dumon et le Shopping, constituera à l’horizon 2022 un micro-quartier en intérieur d’îlot. Les trois futurs immeubles, qui seront cernés d’un parc privatisé, déploieront au total 138 studios et appartements de 1 à 3 chambres. Pour y devenir propriétaire, il faudra débourser à partir de 168 000 euros pour un studio, 269 000 euros pour un appartement 1 chambre, 353 000 euros pour un 2 chambres et 451 000 euros pour 3 chambres.

Grâce à ces projets, la pénurie de biens neufs s’avère moins importante qu’à Woluwe-Saint-Pierre, mais on pourrait néanmoins déplorer un déficit semblable en situation plus centrale. La commune n’échappe pas, par ailleurs, à la tendance de fond qui traverse tout Bruxelles. Les candidats acquéreurs sont, en effet, très sensibles désormais à la proximité de services tels que les écoles, crèches, commerces, centre sportif et autres besoins d’une population de plus en plus soucieuse de limiter les trajets et le coût en temps comme en stress.

Un marché dynamique

Petit flashback. Il y a dix ans, la commune était sur le point de s’installer en tête du classement des communes les plus chères de la Capitale sur le marché des maisons. Ce phénomène s’était expliqué par le fait que le marché local avait su garder le cap grâce à une demande soutenue. La commune est, en effet, historiquement très recherchée, notamment pour ses espaces verts et ses clos résidentiels présentant un caractère original, sans compter sa proximité tant du quartier européen que des communes à facilités. Sur l’ensemble de l’année 2009, les prix des maisons avaient finalement été détrônés par ceux de Woluwe-Saint-Pierre.

Quatrième place ex aequo

Avec un prix médian valorisé à 490 500 euros au cours de 2017, puis à 499 000 euros au terme de 2018, les maisons de Woluwe-St-Lambert occupent actuellement la quatrième place sur le podium bruxellois, à égalité avec Uccle, mais encore loin de sa voisine Woluwe-Saint-Pierre, dont le prix médian des maisons a atteint 568 000 euros. En 2018, 50 % des maisons mises en vente à Woluwe-Saint-Lambert se sont vendues entre 420 000 et 636 000 euros.

Nouveau bonus pour les appartements

Dans cette commune qui fait le plus gros de son marché sur le segment des appartements, on observe d’année en année des mouvements de hausse des prix.

Alors qu’en 2009 les prix observés avaient exceptionnellement diminué, l’année suivante avait vu ce segment enregistrer un premier rattrapage de près de 10 %. La progression des prix s’est ensuite poursuivie jusqu’en 2014. Si 2015 a marqué un temps d’arrêt, l’année 2016 a permis à ce segment de prendre un peu de valeur, amenant le prix médian d’un appartement à 270 000 euros, toutes surfaces confondues. L’année 2017 avait indiqué une nouvelle mais très légère bonification, fixant ce prix médian à 273 250 euros. Au terme de 2018, ce prix médian a encore progressé de 2%, pour se fixer à 284 500 euros. Ce segment se situe ainsi à la troisième place du classement bruxellois, talonnant désormais les appartements ixellois.

Repères

Maison : 499 000 euros

Appartement : 284 500 euros

Appartement neuf : de 3300 à 4000 euros/m²

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