Graphique nombres de transaction en région Liégeoise

La région liégeoise manque cruellement de bureaux

Écrit par Lemaire Isabelle le 12 mars 2015

La dernière étude d'Immoquest dénonce une offre qualitative et quantitative trop faible

Dans sa dernière étude, ImmoQuest dénonce une offre qualitative et quantitative bien trop faible. "Existe-t-il une concurrence entre le centre de Liège et sa périphérie en matière d’immobilier de bureaux ?" C’est la question que s’est posée Christophe Nihon, administrateur-délégué d’ImmoQuest. Enfin, pas tout à fait car, explique le courtier, pour qu’il y ait concurrence, il faut que l’offre soit suffisante. Or, on est loin du compte. Le manque de bureaux en région liégeoise est saisissant. 

Le Liégeois et son équipe ont mené une minutieuse investigation sur le terrain, un travail qui a duré neuf mois. Ils ont répertorié les sociétés ayant pris part aux transactions de bureaux entre 2010 et 2014 dans l’hypercentre de Liège, le péri-centre (les différents quartiers de Liège) et la périphérie (qui recouvre les communes avoisinantes).

Les sédentaires en ville, les nomades en périphérieGraphique nombres de transaction en région Liégeoise

Ces cinq dernières années, plus de 70 % des surfaces de bureaux ont été prises en occupation sur le territoire de la Ville (soit 46 % des transactions, qui sont au nombre total de 78) contre 30 % en périphérie. Les surfaces de bureaux de plus de 1500 m2 (10 % des transactions) se trouvent en centre-ville, qui accueille, à 85 %, des services publics ou administratifs. La périphérie recèle plutôt des surfaces inférieures à 400 m2 (60 % des transactions), occupées par des PME, des services commerciaux ou des cabinets d’avocats. "Le centre est attractif pour les activités sédentaires et le B to C, le péri-centre intéresse les activités B to B et B to C, la périphérie sera propice à l’implantation des activités nomades ou commerciales du B to B", peut-on lire dans l’étude. Cet état de fait s’explique par la difficulté qu’éprouveront les travailleurs ayant besoin de fréquemment quitter le bureau d’entrer et sortir du centre-ville.

L’étude souligne une offre qualitative basse à Liège. "Le stock comprend à 68 % un bâti ancien et beaucoup d’entreprises ont investi des maisons de maître. Ce sont des gouffres énergétiques, des bâtiments qui ne sont plus aux normes, qui manquent de flexibilité pour s’adapter aux nouveaux modes de travail. Ou alors, les coûts de transformation sont énormes. Puisqu’il n’y a pas de terrains à bâtir à Liège, l’avenir est de raser et de reconstruire et que les maisons de maître retrouvent leur caractère résidentiel. Mais pour ça, il faudrait qu’il y ait une offre de bureaux", déclare Christophe Nihon.

Seul 1,4 % du stock de bureaux est disponible

Car là où le bât blesse, c’est que l’offre quantitative est largement insuffisante. ImmoQuest note que le bassin liégeois dispose d’un stock de bureaux de 620000 m2 dont à peine 8500 m2 sont actuellement disponibles (1,4 % du stock). Or, depuis 2009, 437000 m2 de demandes ont été enregistrées. Plus d’un tiers des demandes ne peuvent être satisfaites. "Les conséquences sont que ces sociétés vont voir ailleurs ou qu’elles restent là où elles sont, au détriment du bien-être au travail et en subissant le coût des charges. Des projets comme Bavière à Liège ou le Crystal Park à Seraing stagnent ou se concrétiseront à moyen terme. Qu’on les débloque et qu’on arrête de venir avec des mastodontes. Construire 60000 m2 d’un bloc aux Guillemins, c’est absurde : rien d’autre ne va se développer pendant les dix prochaines années. Il y a de la place pour tout le monde mais il faut pouvoir répartir les projets, y compris en périphérie", dénonce Christophe Nihon.Isabelle Lemaire

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