Bruxelles-Capitale

Reprise du neuf à Bruxelles-ville

Écrit par Stephan Debusschere le 2 mars 2015

Tendances du marché bruxellois

Le vif intérêt pour le centre de la capitale permet de maintenir l’activité. Mais les prix des maisons comme ceux des appartements sont en stagnation. Seul le segment du neuf progresse.

Le soutien des pouvoirs publics pour offrir du logement neuf à prix abordable à Bruxelles-Ville est impératif, sous peine de voir les prix s’envoler au-delà de 3500 euros du m2

Statu quo des maisonsBruxelles-Capitale

L’immobilier dans le centre de Bruxelles, en particulier du côté des investisseurs privés, suscite toujours de l’intérêt, même si, sur le marché secondaire, les prix stagnent globalement depuis près de deux ans dans la capitale. Sur le segment des maisons, ces prix sont bel et bien restés globalement stables en 2014, et Bruxelles-Ville n’a pas échappé à la règle en affichant une progression à 0% au cours du 3e trimestre de l’année écoulée, avec un prix moyen fixé à 350 000 euros, plaçant Bruxelles-Ville à la 8e place des communes bruxelloises les plus chères sur ce marché, derrière Etterbeek.

Pas de hausse des appartements

Bruxelles-Ville reste l’une des communes les plus courues sur le segment de l’appartement. Mais la progression des prix n’est pas d’actualité non plus sur ce segment. Le prix moyen d’un appartement de seconde main d’une superficie d’environ 120 m2 à Bruxelles-Ville est actuellement de 224 000 euros, pour un rendement locatif brut estimé à 4,15%, vide locatif d’un mois compris.
Si un appartement 2 chambres est 33% plus cher qu’un appartement 1 chambre, un appartement 3 chambres coûte quant à lui 47% de plus qu’un 2 chambres. Les prix des 3 chambres ont ainsi augmenté plus fortement au cours de ces dernières années. Si cette augmentation est notamment due à la hausse des divorces et des familles uniparentales, elle a aussi pour cause le rabattement des ménages vers ce type de logement en lieu et place d’une maison, pour des raisons budgétaires. Le jeu de l’offre et de la demande a fait le reste.

Redémarrage du neuf

Après un temps d’arrêt dû d’une part à l’attentisme de la part des promoteurs et d’autre part au fait des autorités publiques qui ont postposé les autorisations, ce qui a eu globalement pour avantage d’adapter l’offre à la demande et de soutenir les prix, l’offre en immobilier neuf est à nouveau à la hausse à Bruxelles-Ville. En septembre 2014, 21 projets ont été recensés, pour une offre à la vente de près de 250 appartements. Avec une tendance commune à l’ensemble de la capitale, à savoir la réduction des unités développées par projet (10 en moyenne à Bruxelles-Ville). Du côté des prix, après une légère baisse il y a 2 ans, ceux-ci sont à nouveau dans une tendance positive. Sur l’ensemble des 19 communes, la hausse moyenne annuelle des prix des appartements neufs varie de 2,2 à 5%. La demande internationale étant forte à Bruxelles-Ville, les hausses de prix y sont d’environ 4% sur base annuelle, amenant actuellement le prix moyen d’un appartement neuf à 3150 euros/m2. Le foncier continuant de grimper, le soutien et l’aval des pouvoirs publics pour y offrir du logement neuf à prix encore « abordable » est désormais devenu impératif, sous peine de voir un jour les prix s’envoler au-delà de 3500 euros, ce qui est déjà le cas dans des communes comme Ixelles ou Etterbeek.

Taxe contre les chancres

Pour lutter contre les chancres, les bâtiments à l'abandon et les dessus de commerces inoccupés tout en favorisant la revitalisation urbaine, la Ville de Bruxelles s'est dotée d'outils incitatifs, dissuasifs ou répressifs. En termes d’outils répressifs, la Ville a imaginé la création d'une taxe vers les propriétaires d’immeubles et de terrains laissés à l’abandon ou non exploités comme les étages vides situés au-dessus des commerces. Une taxe dont le concept a depuis été repris par d’autres communes bruxelloises et plus récemment par la Région de Bruxelles-Capitale.

Redéploiement du centre

La Ville de Bruxelles a présenté l’année passée son futur projet de redéploiement des places et des boulevards du centre. La zone piétonne déjà existante située dans le Pentagone sera fortement étendue. Les travaux devraient débuter fin 2015 et s'achever pour fin 2017. L'idée est de créer un centre-ville constitué d'un pôle économique, culturel et touristique autour de la Grand-Place, de la zone Unesco, de la place Sainte-Catherine et du Marché aux Poissons. Les grandes lignes du projet sont la remise en valeur du patrimoine des boulevards du centre, la restauration des façades, le revêtement de plain-pied, le nouveau plan de circulation au Pentagone ou encore le création de nouveaux parkings publics souterrains.
La Régie foncière de la Ville de Bruxelles s’impliquera dans la dynamique de rénovation et de redynamisation du centre au niveau de la création de logements, des commerces et des emplacements de parking. La Ville de Bruxelles pilote aussi deux Contrats de quartier dans le Pentagone. Le Contrat de quartier « Jardin aux Fleurs » a déjà commencé tandis que le Contrat de quartier « Jonction » débute cette année. Les travaux de redéploiement permettront de créer un véritable lien entre ces deux quartiers.

Logic repères

  • Maison unifamiliale : 350 000 euros
  • Appartement (120 m2) : 224 000 euros
  • Appartement neuf : 3150 euros/m2

 

 


 

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