Vue globale des participants à la table ronde

Table Ronde mai 2018

Écrit par Thierry Laffineur le 7 mai 2018

La ville : intelligence collective d’un territoire

L’intelligence d’un territoire est une vision globale. Si le principe de création, de collecte et de traitement des big datas est indispensable à l’émergence de cette « intelligence », ces données doivent impérativement être au service des habitants de la ville et de son développement. 

Il existe en effet une interaction systématique entre les besoins, les consommations et les modes d’habiter / travailler la ville de Vue globale des participants à la table ronde
tous les citadins concernés. C’est donc à travers une action citoyenne que l’intelligence collective pourra être mise au profit de l’urbain. Un territoire ne sera « smart » que s’il intègre ses habitants dans l’ensemble de ses projets et dans la globalité de sa gestion.
 
Pour analyser ces considérations, la présente table ronde réunissait : 
 
  • Bernard Heiderscheidt - CEO - SECO
  • Jean-Christophe Vanderhaegen – Dir. Gén. - Confédération Construction Bxl Capitale
  • Carina Basile - COO - Smart City Institute (ULg)
  • Tamàs Polster - Head of Consulting EMEA – Cushwake
  • Paul Vermeylen - Urbaniste - For Urban Passion
  • Xavier Tackoen  - Adm. Del. - Espaces Mobilité
  • Steven Beckers - CEO – Lateral Thinking Factory
  • Luc Deleuze – Architecte Partner – Art & BuildSmart cities - intervenants

Environnement, mobilité et gouvernance 

Selon quels éléments définissez-vous la notion de Smart City (SC) ?

JC Vanderhaegen : L’élément central – cela reste vrai pour tout développement urbain - est et doit rester le facteur humain. Selon ce principe, la condition sine qua non d’un tel modèle est la construction de smart bâtiments visant un double objectif  profitable aux citoyens :
  • Réduire l’empreinte carbone des immeubles et améliorer la qualité environnementale ;
  • Connecter ‘énergétiquement’ les immeubles afin que la gestion de cette énergie soit mutualisée et rationalisée ;
C. Basile : Dans le baromètre que nous avons établi et publié en 2017 quant à l’approche smart city développée par les villes belges on retiendra les éléments suivants :
  • Une majorité (66%) des pouvoirs locaux des villes/communes – se sent concernée et intéressée par la démarche ;
  • La vision des pouvoirs publics reflète une double préoccupation. Si la technologie constitue le principal défi ‘matériel’, le facteur humain doit être central. Quant aux deux éléments retenus comme prioritaires ils concernent l’environnement et la mobilité. 
Cela établi, il existe un préalable à toute réflexion SC qui pose la question du modèle de gouvernance : 
  • Modèle descendant (top down) : l’initiative émane des pouvoirs publics (c’est l’essentiel de ce qui se passe aujourd’hui) et descend vers les citoyens
  • Modèle ascendant (bottom up) : l’initiative émane des citoyens et remonte vers les pouvoirs publics. 

Smart cities - intervenants

X. Tackoen:  La mobilité est intimement liée à la dimension humaine évoquée. En effet, outre une première différence entre navetteurs et habitants, tous les citoyens souffrent aujourd’hui – peu ou prou - d’une mobilité dont ils ne sont plus maîtres !
Pourquoi ?  Parce qu’ils sont inscrits dans un système de déplacement monomodal (ex. : voiture).   Pour sortir de cet ‘esclavage’, le multimodal (co-voiturage, vélo, tram, train,.. ) - qui permet des choix - s’impose. Or, cette multimodalité existe mais nous en avons perdu l’usage et devons donc la réapprendre. 

Pour que big data ne devienne pas big brother 

Quid des rapports sensibles entre SC et Big Data?

P. Vermeylen : Selon une vision prospective on ne peut dissocier la SC des Big Data et de leurs potentialités. Si le récent scandale Facebook/ Cambridge Analytica a suscité une défiance à l’égard de ce modèle et pose la question du comment objectiver le lien entre données et utilisateurs, un  autre hiatus apparaît.  En France, la ville de Nice était considérée comme une SC de référence.  Cette dimension n’a pas empêché les attentats (2016) et montre une faillite du système en termes de sécurité. Souvenons-nous donc que les Big Data n’ont pas la perception/ sensibilisation aux dangers et que des technologies – trop rapidement considérées comme acquises - peuvent mener à des impasses. 
 
S. Beckers  : Deux réflexions : Steven Beckers
  • Une SC ne peut être restreinte à de la technologie mais doit être de la technologie au service du bien-être des citoyens. C’est – entre autres - ce qu’on retrouve dans le modèle ‘Internet de l’énergie’ tel qu’expliqué par J. Rifkin dans la ‘Troisième révolution industrielle’. Or, dès lors qu’on parle des flux (en ce compris les flux de personnes et de matières d’une économie circulaire) qui animent une ville, le recours au Big Datas est indispensable. Reste la question de leur usage  (bon ou mauvais) et de leur exploitation qu’on résumera par le principe l’outil est aussi bon que celui qui l’utilise.
  • Une SC ne peut également être réduite à l’utilisation d’un smart phone ou se cantonner dans la traçabilité (aujourd’hui on peut tout tracer : béton, aliments, matériaux…). L’intelligence d’une ville réside prioritairement dans ses réseaux. D’abord entre bâtiments, ensuite entre quartiers et enfin entre villes. Ce sont ces réseaux, qui par un échange d’informations, permettent une meilleure gestion/mutualisation de l’eau, de l’énergie, des aliments (ferme urbaine), etc.

Bernard Heiderscheidt

B. Heiderscheidt : Peut-être nous focalisons nous trop sur le facteur humain!   Une SC n’a pas pour vocation de répondre à tous les désirs de l’homme mais davantage à l’éduquer en l’amenant à penser aux facteurs d’amélioration de son contexte urbain jusqu’ici non pris en considération (ex. : comment sortir du piège du ‘tout à la voiture’ ? ).  Grâce aux Big Datas et aux algorithmes qui les exploitent on ‘connaît’ à peu près tout ce qui se passe dans une ville. Toutefois ces données pèchent toujours par manque de communication.
 
Exemple : Les principaux réseaux de mobilité publics (trains, tram, bus, ..) se ‘parlent’ et peuvent donc s’organiser au bénéfice d’une certaine fluidité. Visiblement ce dialogue n’a pas atteint  les services de ramassage des ordures qui continuent d’opérer durant les heures de pointe et ajoutent embarras à embouteillages.
 
Ramené aux Big Data je dirais donc que si la collecte des données est bonne, leur traitement visant à les intégrer dans un modèle SC peut (doit) être amélioré. Par ailleurs, dans un cadre préventif (il tend à s’affirmer depuis les attentats), si le Big Data va au tout sécuritaire (et nous devient donc opaque), il ne lui faudra pas longtemps pour devenir Big Brother ! 
 
C. Basile : Etre d’accord avec tout ce qui a été dit renvoie à un autre problème : il n’existe pas d’unanimité quant à la définition Carina Basilede la SC et différents modèles sont possibles.  Des points communs émergent toutefois : la technologie doit être un facilitateur. Cela signifie qu’elle doit permettre de ‘décloisonner’ tous les éléments/acteurs qui composent l’ intelligence collective d’un territoire pour les asseoir autour d’une même table de discussion. Par ailleurs, nous vivons une ‘révolution’ numérique. Sachant que personne n’a jamais arrêter de révolution en marche il importe donc de mettre des balises (comment traiter les données) afin d’éviter les déviances. Associer les données à la dimensions humaine n’a de sens qu’à condition que celles-ci recréent de la valeur ajoutée et du lien pour assurer une meilleure cohésion sociale.  
Ndlr : C’est notamment cette cohésion sociale qui permet de faire des SC des villes résilientes  

Erreur de mesure et nouveau Dieu

Quels risques / erreurs identifiez-vous dans les stratégies ‘smart city’ ? 

Tamas PolsterT. Polster : Aujourd’hui, lorsqu’on interroge un citadin européen (quelle que soit la ville considérée) deux des principaux  problèmes mis en évidence sont ceux de la mobilité et  de la qualité de l’air/pollution.  Je souligne un premier paradoxe : si grâce aux nouvelles technologies on mesure et affine de mieux en mieux les moyens techniques à mettre en œuvre pour résoudre le problème on ne mesure pas les comportements humains et politiques qui en sont la cause !   Ainsi, le problème de la mobilité (et des navetteurs) est d’abord un problème de relation entre habitat,  lieu de travail et de consommation. Si nous regardons Bruxelles, la ville –continue de perdre des habitants (essentiellement des classes moyennes ) et des entreprises au profit des périphéries. En conséquence cela concourt à un étalement urbain à des problèmes de mobilité et de qualité de l’air.   Alors que la plupart des métropoles du continent ont ‘cadré’ cet étalement et développé des stratégies de retour des habitants à la ville (ex. cela fait 20 ans que Londres a ceinturé la ville pour canaliser les flux et gérer les implantations du résidentiel et des entreprises),  Bruxelles et son hinterland doivent être l’une des dernières villes/régions d’Europe où les politiques fiscales et urbanistiques continuent d’encourager l’exode urbain. 
 
B. Heiderscheidt :  Pour nos responsables politiques il s’agit de convaincre les populations concernées. Cela suppose d’avoir Luc Deleuzeune vision à long terme et de procéder par une ‘éducation douce’.
 
Ndlr : la politique du ‘Stop Béton’ – visant à mettre fin à l’étalement urbain tant en Flandre qu’en Wallonie - ne sera pas effective avant l’horizon 2030>2050.
 
L. Deleuze : Nuançons. La région Bxl-Capitale (162km²) est difficilement comparable aux autres villes européennes du fait même des instances politiques ‘éclatées’ qui assurent sa gestion.   Lorsqu’on dit – à juste titre - que l’essentiel de la SC est de se centrer sur l’humain, on tend un peu trop facilement à oublier que le Big Data c’est avant tout de l’argent !
Lorsqu’une entreprise privée capte des données, elle peut les transformer/les gérer/les traiter avant de les régurgiter au politique comme étant LA vérité (selon l’assertion : Big Data et NOS algorithmes montrent ce que les gens veulent !). Le danger est grand d’un déséquilibre entre une sphère politique désargentée et un pouvoir économique qui voit très bien comment rentabiliser / valoriser cette masse d’informations. Nous sommes en passe d’adorer un nouveau dieu auquel nous attribuons des pouvoirs, des mérites et des vertus supposés nous dégager de toute responsabilité politique. En conséquence on gère davantage l’effet que la cause. On s’inscrit  dans l’adaptabilité et le réactif plutôt que dans le prospectif … d’où le manque de projets de société.
Les algorithmes sont devenus la boite noire du big data. Ils aplatissent les données mais ne prédisent rien de plus que les oracles ou autres vaticinations de l’antiquité. Or, souvenons-nous que : « L’important n’est pas de prédire l’avenir, l’important est de le rendre possible » (Saint Exupéry)
 
J-Chr. Vanderhaegen JC Vanderhaegen : Pour avoir travaillé sur le concept des bâtiments tertiaires R2S (= Ready to Service) et du 4ème fluide (*), le risque de dérapage est réel. La gouvernance de la stratégie territoriale ne peut se dissocier de la gouvernance numérique : elle doit rassembler tous les acteurs autour d’une communication transparente. 

Mammouths et intelligence artificielle 

Quelles conséquences socio-économiques prévoyez-vous ? 

Paul Vermeylen

P. Vermeylen : Première conséquence de la technologie mobile, notre époque se caractérise par une fossilisation/disparition des grands ‘mammouths’ de l’emploi !   Cette disparition se fait  au profit de nouvelles activités, de nouvelles structures et de nouveaux modes de travail (fab-lab, Co-working,… ) derrière lesquels transparaît d’ores et déjà un second impact : celui de l’IA  (Intelligence Artificielle).
 
Cela signifie que les SC qui gagneront demain auront deux axes centraux : 
  • - La formation /l’éducation
  • - La perméabilité à l’imagination
Depuis quelques années des villes comme Paris, Barcelone, Berlin, Amsterdam, etc. ont développé une approche ‘incitative’. Elle vise à susciter des projets de ville/ de société en y impliquant la population. En effet, ces appels à idées ont le mérite de faire émerger des propositions ascendantes (bottom up) et à revivifier un modèle aujourd’hui essentiellement descendant (top down).   L’implication de ces nouveaux acteurs (start up, entreprises, associations, etc. , …) qui relèvent d’une nouvelle façon de fonctionner agit à plusieurs niveaux:
  • Résidentiel : des logements plus petits et des locaux partagés assortis de conciergeries multi-services;
  • Tertiaire : un modèle de bureaux et ressources partagés via le co-working;
  • Hôtel : de nombreux groupes hôteliers dont Accord ressentent désormais la concurrence de airb&b et comprennent qu’ils doivent modifier leur approche de l’hébergement en offrant davantage de lieux partagés;
  • Etc.
Fondamentalement il s’agit de regarder/comprendre quelles sont les nouvelles valeurs des générations montantes et donc vers 

L. Deleuze, JC Vanderhaegen & P. Vermeylen

quels usages (mode d’utilisation) on s’oriente.

Exemple : Il y a 30 ans on faisait de l’épanouissement professionnel la condition de l’épanouissement personnel. La génération Z actuelle est quasi à l’opposé de cette position et demande des modèles de villes qui soient à la fois intenses et fassent sens (écologie, culture, spiritualité,…) 

De la com-petition à la coo-petition !

B. Heiderscheidt : C’est exact et cela ne va pas sans poser de sérieux problèmes aux grandes entreprises en phase de recrutement. Les incitants économiques (voiture, salaire, etc., ..) sont de moins en moins pris en compte au profit d’une volonté de s’impliquer dans des ‘projets sexy’.
Le nouveau paradigme veut que la voiture (de société) soit remplacée par un budget mobilité. De facto on supprime les contraintes ‘automobile’ au profit de davantage de liberté, de capacité financière pour voyager, se cultiver, etc.
 
S. Beckers : En Suède – dans le cadre d’un projet de ville (12 ha)-  nous avons organisé non une com-pétition mais une coo-pétition (autour de valeurs et d’une vision pour le nouveau quartier, parc ou campus…) permettant d’associer les lauréats du concours au sein d’une même démarche, même si la feuille de route fut parfois tortueuse. 
Dans une SC il s’agit effectivement moins de prévoir que de ne pas bloquer des évolutions dont la finalité est d’inventer la ville du mieux vivre. Cette ville est celle qui se développera  à travers les nouveaux services (partage, fermes urbaines,  etc.) et les nouvelles technologies. 
 
Exemple : le Big Data au service du BIM (maquette 3D paramétrique) permet de projeter les évolutions d’un immeuble jusqu’à son exit et/ou sa réaffectation. 

Good data & smart citi…zens

Tamas Polster & Carina BasileC. Basile : La démarche ‘de coopération’ que vous citez pourrait trouver un écho en Belgique.
En effet, il existe une prise de conscience des autorités locales impliquées dans une démarche SC et – en filigrane – une volonté d’évoluer et de passer au modèle ascendant (et coopératif), même si 3 obstacles majeurs freinent cette évolution selon les villes sondées: 
  • Les ressources financières ;
  • Les ressources / compétences humaines (notamment au sein des administrations) ;
  • La difficulté à impliquer toutes les parties prenantes en ce compris la société civile qui dispose des talents et de la créativité.

Comment impliquer ces citoyens ? 

P. Vermeylen : Il s’agit donc moins de Smart Cities que de Smart CITIZENS … 
 
X. Tackoen : … et nous ne recherchons pas les BIG data mais les GOOD data !  Pour travailler avec nombre de villes et Xavier Tackoencommunes nous constatons que face à l’émergence du Big Data (good data), les administrations manquent effectivement de compétences internes et de moyens pour traiter ces données (le traitement est alors fait par des opérateurs privés : Google, Proximus, … ). Si je caricature, je dirais que les fonctionnaires connaissent la nouvelle économie via ce qu’ils en lisent dans la presse. En corolaire on comprend qu’il  faudrait des budgets R&D dans la fonction publique ! Par ailleurs, le fondement même des marchés publics est dépassé : ils sont statiques dans un monde dynamique parce qu’ils relèvent toujours d’une ‘économie planifiée’. 
 
JC Vanderhaegen : Il existe des démarches ascendantes, dont celle initiée par la Région de Bruxelles-Capitale dans le cadre de l’Alliance Environnement Emploi. A un autre niveau des constructeurs (p.ex. : Matexi) procèdent selon un tel modèle dès lors qu’ils associent les futurs habitants des quartiers qu’ils construisent à l’élaboration d’une vision commune. 
 
L. Deleuze : Attention aux perversités de ces systèmes.  On ne sait absolument pas comment ces informations seront traitées.  
Il ne suffit pas de disposer du ‘terreau fertile’ des datas, encore faut-il être attentif à ce qu’on y sèmera  et à la façon dont la plante évoluera.  Cela posé, j’espère qu’un jour on abandonnera le terme de smart city. S’agissant d’intelligence, de socialité, de démocratie et de liberté, il conviendrait de passer de ‘smart’ à ‘wise’ pour s’arrêter à ‘tolerant-city’ et ne plus en bouger !
 
C. Basile : Je vous suis et le terme ne passe effectivement plus très bien. Avec d’autres nous réfléchissons à des appellations qui suggèrent la transition vers un modèle durable.

Les fonctions deviennent services

Luc Deleuze et Véronique Le ClercqB. Heiderscheidt : J’ignore si le terme intelligent peut effectivement s’appliquer aux villes par contre il s’applique d’ores et déjà aux immeubles qui s’autogèrent via les connections data. Cela ne signifie pas d’abandonner le contrôle humain ! Il importe effectivement que le citoyen ‘reste au volant’ MAIS ce citoyen n’est pas opposé à ce que son véhicule soit autonome et conduise tout seul !
L. Deleuze: C’est moins de l’intelligence que de la gestion pro-active. L’intelligence de l’homme c’est aussi le pouvoir de dire non, ce qu’un bâtiment même ‘intelligent’ ne dira jamais : il continuera à fonctionner selon le modèle implanté. Cela ne signifie évidemment pas que ses commodités – parmi lesquelles la sécurité - ne peuvent pas dire ‘non’ mais elles le font selon un système pré évalué… par l’homme !

X.Tackoen  : Qu’il s’agisse de la mobilité ou d’autres composants de la SC, on entre désormais dans l’approche ‘as a service’. Ainsi la mobilité comme service (mobility as a service) est celle qui réserve à l’humain le choix desdits services et de leurs usages. Dans ce modèle, la mobilité est un service complet et intégré proposant tous les modes de transport, publics et privés, via des applications clients (**). Ce principe – transposable aux immeubles (building as a service) - a pour finalité de remettre l’homme (et sa liberté de choix) au centre du jeu et d’éviter le piège déjà cité du big data = big brother ! 

C Basile: D’où l’importance de la critique et donc du modèle ascendant : il pose des balises et fais émerger des nouveaux modèles. 

Remarque : Le 24 mai 2018, SCI organisera le Smart Inspiration Day – (voir : ici) dont l’un des objets portera sur ces modèles. 

Smart et circulaire 

L’économie circulaire est-elle la preuve d’intelligence des villes ? 

B. Heiderscheidt : L’économie circulaire, ses cycles courts et son schéma C2C (cradle to cradle) sont une pièce majeure d’un puzzle ‘intelligent’ qui a deux avantages : 
  • Réduire et Recycler (réutiliser) afin de limiter la consommation de matières premières et l’empreinte écologique;
  • Empêcher les délocalisations d’une main d’œuvre peu qualifiée et créer une dynamique locale sur base d’un modèle vertueux (moins de pollution)
La condition sine qua non de cette stratégie est de penser en amont de tout projet. L’exemple des voitures - aujourd’hui recyclables à 97% contre 60% il y a quelques années – illustre ce modèle. C’est parce que les constructeurs ont intégré le principe du recyclable lors de la conception du véhicule qu’on atteint aujourd’hui ce degré de réemploi. J’ajouterai que s’agissant de l’économie d’usage (être dans l’utilisation et non plus dans l’appropriation) le modèle airb&b – préalablement cité - illustre ce changement de paradigme : il n’est plus question de rechercher un pactole mais bien de s’assurer une rente …. sans rien posséder!
 
T. Polster : Je comprends et approuve la dimension circulaire dès lors qu’elle touche à des fonctions ‘industrielles’ ou plus globalement ‘secondaires’.  Problème : Nos grandes villes sont à 90% des économies de services (tertiaire, quaternaire) auxquelles ne s’appliquent pas les cycles courts. En conséquence et dans le contexte d’une  digitalisation extrêmement rapide de l’économie une partie de plus en plus importante des emplois tertiaires vont être dématérialisés et délocalisés. Pensons aux call-centers ou services informatiques!  Par ailleurs, le manque d’intégration des monnaies locales (elles fonctionnent avec l’économie circulaire) illustre les limites du modèle dans le contexte de nos métropoles tertiarisées. 
 
Table ronde - vue d'ensemble
 
(*)  Une fois un bâtiment alimenté en électricité, en eau, chauffé et climatisé, il est techniquement viable. Toutefois, dans un futur proche, son efficacité et donc sa valeur passeront par sa capacité à accueillir et héberger des services accessibles via  téléphones. C'est ce nouveau canal qu’on appelle 4ème fluide. Dans ce cas, l’utilisateur dispose d'applications pour réserver un bureau, une salle de réunion, une place de parking, son repas à la cantine, utiliser la conciergerie et pourra bientôt bénéficier de cabines de télémédecine et des capteurs , à porter sur soi, vérifieront la bonne qualité de l'air intérieur. 
(**) La mobilité comme service promet le passage de la voiture individuelle à un “mix” de services de mobilité publics et privés, fournis à l’usager final à travers une interface de service unique. Une sorte de “box” de la vie mobile, capable de faire coïncider les offres de transports publics et privés avec des besoins de mobilité divers.
 
 

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