Participants à la table ronde

Table Ronde novembre 2018

Écrit par Thierry Laffineur le 3 novembre 2018

Architecture et technologie

Qu’il s’agisse de la sphère de la conception (BIM, IT, réalité virtuelle…) ou de celle de la réalisation (robotique, préfabrication, drone, réalité augmentée, maintenance prédictive, scan et imprimante 3 D …) l’architecture (et la construction) intègre désormais de nouvelles technologies dont l’objectif est d’atteindre simultanément un meilleur niveau de qualité/performance (plus-value technique et environnementale ), un gain de productivité (plus-value économique) et une créativité optimisée (nouvelles formes pensables).

Selon ce modèle, on se posera plusieurs questions : 

  • Comment l’architecture / ingénierie assimile ces évolutions technologiques, points forts et points faibles?
  • Comment l’enseignement et la formation répondent-ils à ces évolutions?
  • Quel rôle les entreprises jouent-elles dans cette formation? 
Participants à la table ronde

Pour y répondre, la présente Table Ronde réunissait : 

  • Cédric Ballarati - Architecte – HELIUM 3
  • Pablo Lhoas – Architecte LHOAS & LHOAS et doyen de la Faculté d’architecture de l’ULB /
  • Luc Deleuze – Architecte / Partenaire – ART & BUILD
  • Gaston Dakulovic – Observateur-critique et citoyen (*)
  • Gabriel Uzgen - Managing Director – BESIX RED
  • Etienne Godimus – Architecte / Chef du Service Conception Architecturale – Doyen de la Faculté d’architecture et d’urbanisme U MONS
  • Eric Doye – Ingénieur / Partenaire – aCMG

Technologies : entre résonance et clairvoyance Gabriel Uzgen

Tous les métiers sont aujourd’hui impactés par l’innovation technologique. Qu’en est-il pour les architectes et ingénieurs ? 

G. Uzgen : Qui dit technologie dit innovation et nouvel outil. A cet égard si je considère les programmes de réalité virtuelle et de réalité augmentée appliqués aux développements immobiliers leur intérêt et leur impact sont  multiples. 
Ainsi l’accès à la réalité virtuelle est une assistance importante à toute stratégie de communication d’un programme. Elle modifie et souvent simplifie les rapports qu’un développeur peut entretenir avec un pouvoir communal et, plus globalement, avec le public. Retenons que la capacité à se projeter en 3D (avoir une culture de l’espace) n’est pas l’apanage de tout un chacun. Quant à la réalité augmentée, elle apporte de la valeur ajoutée : les développeurs peuvent concevoir des ‘ambiances’ d’espaces intérieurs dès la genèse d’un programme. Commercialement c’est un atout important.

C. Ballarati : Si les nouveaux outils améliorent effectivement la communication à l’endroit du  grand public, ces mêmes outils Cédric Ballarati(ou leurs dérivés) facilitent surtout les rapports entre professionnels. Ainsi, plutôt que d’apporter un modèle ou un plan 2D sur chantier, nous vérifions préalablement sa faisabilité dans un logiciel 3D. 
Il reste que nous ne ressentons pas encore d’accélération de ces processus, simplement parce que  l’implémentation  d’outils tels que le BIM (Building Information Model = maquette 3D paramétrique) demandent du temps (programmation, encodages, etc.) . 

E. Doye : Les technologies évoquées offrent des  avantages – on les a cités – mais  aussi des inconvénients. Ainsi, la digitalisation de la construction -  via e.a. des modèles numériques et les données associées ( BIM ) – renvoie à une interrogation plus fondamentale : comment pouvons/devons-nous gérer et utiliser les données (big datas) d’un parc immobilier ?

L. Deleuze : En tant qu’architecte, je suis surpris par cette course à la technologie.  
Pourquoi ?  
Parce que dans tout programme, bien avant l’intervention des technologies, il existe une idée !  C’est cette idée qui se transformera en concept et associera des partenaires au sein d’un projet à réaliser. De manière graduelle, la technologie nous accompagne et se fait de plus en plus prégnante notamment dans les phases d’analyse et d’exécution d’un programme. Toutefois, le crayon reste – mieux qu’un outil – la première arme de l’architecte ! 

L’enseignement se questionne et se réforme 

Comment l’enseignement et la formation répondent aux évolutions technologiques ?

P. Lhoas : Aujourd’hui, l’enseignement est organisé pour former essentiellement des architectes praticiens ‘individuels’ alors que  seuls  20 % des étudiants le deviendront !   80% intègreront des structures ou développeront des activités autres. Jusqu'à présent, devenir architecte (obtenir un diplôme ) requiert 5 ans d’études suivis d’une période de stage (2 ans) destinée à apprendre le métier par la pratique. 
Or, sous les effets de la technologie, de l'inflation des risques et responsabilités ..., les métiers de l’architecture sont à la fois appelés à s’élargir et à se spécialiser. Face à ce défi nous envisageons de revoir le poids et la position de « spécialités » dans les études d'architecture. A cet égard nous sommes en négociation avec l’Ordre des Architectes et les associations professionnelles pour composer un cursus optionnel durant la période de stage. Cela  permettrait de mieux conjuguer travail en agence, réflexivité/analyse sur ce travail et apprentissages divers.  Cette  approche est révélatrice  d’un moment particulier de l'évolution conjointe des métiers et de l'enseignement.
 
(Ndlr : On recense aujourd’hui 14.750 architectes inscrits au tableau de l’Ordre des Architectes de Belgique)

E. Godimus : Il est exact que nous formons des étudiants qui ne seront pas tous architectes dans le sens commun du terme. Pablo LhoasD’aucuns devront s’orienter vers de nouvelles spécialisations pour répondre aux futurs enjeux et contraintes de la construction. Par ailleurs, les outils numériques créent de nouveaux métiers (ex. : coordinateur BIM) qui ne réclament pas nécessairement d’être labelisés par un diplôme d’architecte.

Cela signifie plusieurs choses :

  • La transversalité de l’architecture – via les disciplines enseignées - est de plus en plus évidente et confirme que la profession a toujours été un métier ‘horizontal’ ;
  • L'enseignement et l’indispensable formation continue constituent un devoir de sensibilisation aux métiers du futur.

A la Faculté de Mons, l’enseignement scinde (organise) les outils technologiques selon trois aspects :

  • Les logiciels sémantiques (typiquement le BIM) qui relient non seulement le graphisme et la 3D mais aussi toute une série d’informations supplémentaires (qui fait quoi, où et comment ?).  Ces informations seront traitées durant la construction ET serviront de support pour d’autres pratiques (gestion de la mise en œuvre du projet, cycle de vie, gestion de patrimoine,..) 
  • Les logiciels d’exploitation (formelle ou autres) comme les modeleurs d’esquisse volumétrique (Sketchup) ou les logiciels de modélisation paramétrique (Grasshopper) : ils permettent de produire des volumes qui, grâce aux algorithmes, adapte l’architecture au cours de l’évolution du projet. 
  • Les logiciels d’immersion et d’exploration sensorielle et tangible des projets ( Twinmotion ou Lumion) qui permettent de créer de nouvelles interactions avec les modèles numériques : ils donnent une vision créative et technique des conceptions architecturales.

C. Ballarati : Un bémol ! Au sein de plusieurs universités, certains enseignants ne savent pas (plus) quelles technologies inclure dans leurs cours au vu de la vitesse d’évolution (et donc d’obsolescence) des techniques ! Quid si la technologie enseignée est dépassée au terme de 2 ans ? Pourquoi former sur outil et non sur un autre ? Pourquoi ne pas former selon le modèle ‘C2C’ (Cradle to Cradle = recyclage) ? La question est dès lors : où positionner le curseur ? 

E. Godimus: Vos interrogations sont légitimes mais trouvent une réponse globale : toutes ces applications (logiciels) relèvent Etienne Godimusd’une même approche. Autrement dit, dès lors que vous en maîtriser une vous les maîtrisez toutes. Seules les interfaces changent !

Paradoxe et challenge

Comment les étudiants réagissent-ils aux technologies dans la raisonnement architectural ? 

P. Lhoas : Selon le principe bien connu d'amour-haine !   On y rencontre autant les adeptes des technologies modernes que ceux qui adoptent une position de retrait … voire de défiance à l'égard de ces mêmes technologies. Pour ces derniers, il s’agit souvent d’être en phase avec un engagement politique militant : le refus du système productiviste et capitaliste. Cela posé, quasi tous les étudiants sont ‘friands’ de technologie et de ce qu’elle permet, dont la construction via des moyens numériques de production  (ex. : imprimante 3D) !

Il existe donc une forme de paradoxe : alors que nous évoluons dans un univers de plus en plus dématérialisé, les étudiants veulent, davantage que par le passé, passer à l’acte et construire de leurs propres mains, selon une sorte de retour à l’essentiel.
Le challenge de l’enseignement réside dès lors dans la capacité à s'adresser à un panel allant de l’étudiant qui refuse quasiment  l’idée d’une licence informatique (au profit d’un modèle ‘open source’) , à celui qui veut apprendre et maîtriser le BIM jusqu'à l’ultime ‘data’ !

E. Doye: N’oublions pas qu’à terme, le nombre de données à manipuler et à gérer sur de grands projets sera incommensurable! Eric DoyeCelui qui aujourd’hui refuse – par idéologie - cette évidence y sera inévitablement confronté tôt ou tard. Un minimum d'efforts doit donc être fait pour comprendre ce qu'est une structure de données, quelle est son utilité, comment la pérenniser et l’actualiser, etc.,  L’étudiant qui se ferme à cette dimension sera peut-être un merveilleux artiste mais, en aucun cas, il ne sera un constructeur.

Pénurie de compétences : une réalité inquiétante

Pour l’ensemble du secteur de la construction les voyants ‘compétences’ sont au rouge.  Pourquoi autant de profils font-ils défaut?

G. Uzgen : Nous (Besix Red), comme nombre d’acteurs de la promotion immobilière, sommes régulièrement à la recherche de profils capables de répondre aux attentes de l’innovation et des avancées technologiques. Ces profils – ils concernent un ensemble de professions dont les ingénieurs ET les techniciens - se font effectivement (et malheureusement) de plus en plus rares. 

C. Ballarati : Au sein du bureau nous engageons préférentiellement des ingénieurs architectes. 
Le déficit de telles compétences est facile comprendre. Dans le cas de Liège, l’université forme  annuellement entre 10 et 20 ingénieurs/architectes. Sur ce contingent, si l’on exclut ceux qui poursuivront une spécialisation, ceux qui entreront dans des entreprises et ceux qui ‘abandonneront’ la filière, nous (= bureaux d’architecture) restons avec  2 ou 3 stagiaires potentiels et sommes en première ligne pour les connaître…et les recruter ! 

P. Lhoas: Idem à Bruxelles. Les ingénieurs architectes souffrent (probablement) du désamour général de la jeunesse pour les sciences. En architecture par contre, le nombre d’étudiants est important (près de 400 cette année) et en légère progression.

C. Ballarati : D’une façon plus pragmatique en réponse à la question du "Comment un bureau de taille moyenne intègre  l'innovation ? ", nous distinguons 3 phases majeures :

  • Conception projet : brainstorming interne avec projecteur interactif (le modèle 3D est projeté au mur et manipulable avec un stylet. Chacun peut "dessiner sur le mur" et les images sont enregistrées dans le réseau.)
  • Développement projet : migration progressive vers le BIM (formation de collaborateurs en in-terne. Durée +/- 2 ans) 
  • Communication clients : outre le projecteur, nous utilisons une imprimante 3D pour créer des maquettes complètes et éclatées. 

Plus en détails, un développement récent nous a amenés à modéliser un showroom et des bureaux avec VirtualWalk (partenaire spécialisé dans les logiciels  de réalité virtuelle). Cela permet une ex-périence interactive et intuitive. En pratique le client coiffera un casque et pourra se déplacer dans le projet totalement modélisé. Il pourra non seulement valider certains choix mais aussi  créer un "événement" fédérateur avec ses équipes commerciales et ses partenaires. 

Partage d’expertises

Quid des rapports entre les mondes universitaires et professionnels et vers quels formats d’études évolue-t- Luc Deleuzeon ? 

G. Uzgen : Nous rapprocher des universités est une constante pour deux raisons majeures : 

  • accéder à une main d’œuvre qualifiée ;
  • partager autant qu’acquérir des expertises.

A cet égard nous avons créé un centre d’innovation pour la construction.  Ce centre dispose, entre autres, des derniers outils 3D notamment utilisés pour la réalisation de ponts à Dubaï (dans le cadre de l’exposition universelle de 2020). Or, si ces innovations technologiques sont concrètes et font leurs preuves , elles n’entrent toutefois que (trop) lentement dans les mœurs ….

P. Lhoas: C'est représentatif de la distance malsaine et contre-productive qui existe entre le milieu professionnel et le milieu académique. Ce n’est pas normal !  Le partage d’expertises – condition sine qua non de toute progression – suppose que les universités/facultés d’architecture travaillent en collaboration étroite avec les développeurs/constructeurs sur des projets pointus. Cela ne signifie pas qu’elles renoncent à leur liberté ni à leur essence qui est de débattre/critiquer/expérimenter/tester ... !
On rappellera à cet égard le verbatim  de l’architecte américain Robert Venturi récemment décédé : « Il n'est pas nécessaire d'aimer quelque chose pour en tirer des enseignements »

Généraliste ou spécialiste

G. Uzgen : Dans notre monde technologique avoir une connaissance ‘universelle’ est impossible. Les expertises requises – juridiques, techniques, administratives,… – pour comprendre/appliquer une règlementation ne permettent plus d’être ‘généraliste’ 

L.Deleuze : Les facultés d’architecture connaissent un succès de fréquentation. Or, les architectes ont précisément cette image du généraliste. La généralité c’est aussi une liberté. A un tronc de départ généraliste doit succéder un choix éventuel vers une spécialisation. Il existe une résonance entre le spécialisme et le généralisme.

P. Lhoas: Si je considère la formation aux métiers de l’urbanisme, la question de savoir si cette dernière doit être assurée via un master de spécialisation d’1 an ou relever d’un enseignement de 2 ans reste pendante. Idem pour le BIM. Comment intégrer les spécialisations, selon quel niveau d’exigence/cursus ? Par ailleurs, le diplôme obtenu à 22 ou 23 ans ne détermine plus toute une vie/carrière. La réorientation professionnelle est une autre demande à laquelle l’enseignement doit pouvoir répondre, notamment en termes de formats d’études.

E. Godimus : La spécialisation est une réalité dans les structures de bureaux : les architectes qui travaillent seuls n’existent presque plus ! 

P. Lhoas : Cela se traduit par une tendance aux associations de plus en plus variées et larges. Ainsi dans les concours les équipes réunissent souvent plus d'une dizaine de compétences : outre un coordinateur on trouve un archipel de métiers associé à l’architecture/urbanisme parmi lesquels des anthropologues, muséologues, géographes, etc.

G. Dakulovic : Les citoyens sont également demandeurs d'une meilleure représentation – non uniquement symbolique - de spécialistes urbains tels ceux cités (géographes, anthropologues,..) attachés aux services gouvernementaux avec de réels pouvoirs d'intervention et de décisions. Leurs rôles devraient davantage être pris en compte.

Rapport de la technologie à la création

Quel regard portez-vous sur la 4ème révolution industrielle (celle de l’intelligence artificielle) ? 

L. Deleuze : Pour permettre l’intelligence artificielle (IA) , il faut de l’intelligence collective ! C’est plus qu’une affirmation c’est une revendication. Dans un bureau d’architecture l’intelligence collective doit être au service d’une idée (celle de l’architecte). A cet égard les technologies, parmi lesquelles le BIM, sont intéressantes :  on partage une même maquette évolutive ou sémantique. C’est une plus-value certaine.

G. Uzgen : Je partage l’idée que la machine ne doit pas remplacer l'Homme : il reste qu’aujourd’hui  l'ennemi de la création, c'est le temps. Or à cet égard, l’IA est imbattable. 

L. Deleuze : Les technologies doivent être un facteur de  liberté dont celle de s'extraire du monde. Dans nos métiers, c’est une condition sine qua non de progrès.

G. Dakulovic : Je partagerai ici une citation de Marylin Andersen (**), professeure à l’EPFL de Genève : « Si l’on pense que la Gaston Dakulovictechnologie optimise l'architecture on se trompe, parce que si l'architecture a accès à plus d'informations en amont, grâce aux outils technologiques, il lui reste à créer le beau, l'harmonie, la vie en société et laisser la place à l'intuition. Elle met l'accent sur le bien-être qui doit générer de la création architecturale.  La technologie, déjà largement utilisée dans la domotique, doit être une aide à la prise de décision. L’enjeu est autant de produire de l’information que de la rendre facilement utilisable. »

G. Uzgen : La création n’est pas incompatible avec les technologies. Au contraire :  C’est en laissant libre cours à l'imagination et à l’intelligence collective qu’on fera naître les futures innovations technologiques ! 

L. Deleuze : Ce qui est intéressant c’est la résonance entre l’idée (= la valeur ajoutée de l’architecte praticien libéral)  et l’accompagnement technologique ( il permet de rationaliser l’idée sur base d’éléments objectifs). N’aurions-nous pas ces outils qu’il serait impossible de construire (rapidement) des bâtiments de 200.000 m2. Avant d’en arriver là on aura toutefois pris un crayon pour imaginer ces bâtiments !

E. Doye: L’architecture paramétrique impose certes de travailler de manière plus formatée, mais le côté artistique n’est pas abandonné pour autant !

C. Ballarati : Au regard des technologies et de la multiplicité des informations, la principale difficulté est de nous faire notre propre idée. En d’autres mots nous passons beaucoup de temps à nous demander qui croire ! 
Exemple : Il est impossible de trouver aujourd’hui une réponse fiable à la question de savoir quelle est l'énergie grise d'une cellule photovoltaïque !   Les technologies demandent une clairvoyance à chaque stade de leur développement. Il appartient à l’Homme d’apprendre où s’arrêter sauf à se perdre dans la technique pure.

E. Godimus : Je suis étonné par cette crainte de l'outil impliquant la perte de la maitrise de l’architecture. Dans d'autres domaines (ex. : aéronautique) , ces outils sont effectifs – et désormais indispensables - depuis des dizaines d'années. Un bâtiment aujourd’hui est devenu bien plus technologique qu'avant (ce que reflètent les budgets), les outils nécessaires à sa construction aussi ! 

G.Dakulovic: Il reste aux 'technologies' (et surtout à ceux qui les développent et exploitent) à gagner la confiance des citoyens. C'est notamment toute la question du respect et de la protection de la vie privée au regard des futures Smart Cities qui est posée

(*) Auteur du livre « Meilleurs Voeux 2019. Engager le changement, pour réussir demain » (Regard citoyen sur les élections de 2019)

(**) Marilyne Andersen est professeure en technologies durables de la construction et doyenne de la Faculté de l’environnement naturel, architectural et construit (ENAC) de l’EPFL (Genève – Suisse) 

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