Analyse : les tendances immobilières pour l’année 2020

Les tendances immobilières pour 2020

Écrit par Corine Loockx le 6 janvier 2020

Analyse

Le marché immobilier belge ne cesse d’évoluer au fil du temps, comme l’ont démontré la suppression du bonus logement tant médiatisée en Flandre, la baisse historique des taux partout dans le pays et la popularité croissante des logements de plus petite taille. Face à ces évolutions non négligeables, Logic Immo a décidé de s’adresser à des experts du secteur pour dégager les principales tendances immobilières pour l’année 2020. Voici le compte-rendu de notre analyse.

Analyse : les tendances immobilières pour l’année 2020

1. Vers une baisse des prix immobiliers en 2020 ?

Le principal argument en faveur de la suppression du bonus logement, en Flandre, à compter du 1er janvier 2020 ? Celui-ci gonflerait artificiellement les prix sur le marché immobilier belge. Des rapports publiés par l’agence de notation Standard & Poor’s, l’OCDE, le FMI et la Banque nationale de Belgique font en effet état d’une large surévaluation des prix sur notre marché immobilier. Divers experts du secteur estiment donc que cette suppression du bonus logement permettra d’agir sur le niveau des prix : grâce à une capacité d’emprunt réduite pour les acheteurs, les prix affichés par les biens immobiliers finiront inévitablement par baisser. C’est du moins le raisonnement théorique qui motive cette décision, bien que rien ne garantisse à 100 % une telle évolution des prix. Pourquoi ? Car d’autres facteurs entrent en ligne de compte, tels que les taux toujours bas et la croissance démographique du pays.

2. Construire coûte toujours plus cher

Les exigences PEB d’application en Région wallonne ont été renforcées au 1er janvier 2017 de manière à atteindre, en 2021, le standard quasi zéro énergie pour les nouvelles constructions. Résultat ? Pour se conformer à ces exigences toujours plus strictes, les nouvelles habitations doivent s’équiper de protections solaires supplémentaires, se parer de vitrages encore plus performants et revêtir un manteau isolant d’une qualité accrue, ce qui n’est évidemment pas sans coût.

Le constat est le même à Bruxelles et en Flandre, où les nouvelles constructions doivent non seulement tenir compte du niveau E, mais aussi du niveau S. Introduit en 2018 au nord du pays, le niveau S évalue la qualité de l’isolation d’un bâtiment. Sa valeur dépend de la couche d’isolation formant l’enveloppe d’une construction, mais aussi de sa compacité et des protections solaires installées. Or, le niveau S à atteindre en Flandre est récemment passé de 31 à 28, faisant ainsi augmenter le coût total d’un projet de construction de 5 % à 10 % selon Bouwunie, l’union flamande des PME du secteur de la construction.

3. Les Belges investissent en masse dans l’immobilier

En raison des taux d’intérêt particulièrement bas, nombreux sont les Belges qui se détournent des actions et autres produits d’investissement financiers au profit du secteur immobilier. Alors que l’immobilier ne représentait même pas la moitié du patrimoine total des Belges dans les années 1990, celui-ci compte aujourd’hui pour plus de 60 % de ce patrimoine. Autre raison de ce succès ? L’immobilier est un investissement relativement sûr comparé à certains produits financiers disponibles. Le Belge, connu pour avoir une « brique dans le ventre », n’hésite donc plus à investir dans son propre logement, voire dans une seconde résidence ou des fonds immobiliers.

4. Les projets de reconversion ont la cote

Un grand nombre de logements belges existants ne répondent plus aux normes énergétiques en vigueur, toujours plus strictes pour le bien de l’environnement. Face aux mesures drastiques à mettre en œuvre, la rénovation des bâtisses les plus anciennes constitue donc encore rarement une solution viable. Les projets de reconversion, à savoir raser entièrement son bien et opter pour la construction d’un nouveau logement, jouissent donc d’une popularité croissante ces dernières années.

5. La tendance à la diminution des surfaces habitables s’accentue

Les prix élevés de l’immobilier, des normes énergétiques strictes et le manque toujours plus manifeste de terrains de construction ont contribué au succès des formes d’habitat peu gourmandes en mètres carrés. Autrefois délaissés, les appartements situés au centre des villages, les projets de cohousing et les tiny houses à l’agencement stratégique ne constituent plus l’exception dans le paysage immobilier de 2020. Il ne fait d’ailleurs plus aucun doute quant à la volonté du gouvernement wallon de mettre un terme à l’étalement urbain d’ici l’horizon 2050, comme le prévoit le betonstop chez nos voisins flamands. En 2020, l’immobilier qui jouira de la plus grande cote de popularité sera donc sans grande surprise celui des centres urbains, car il ne rogne pas sur les prés de nos campagnes.

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