Maison communale de Woluwe-Saint-Pierre, picture by Ben2

Woluwe-Saint-Pierre

Écrit par Stephan Debusschere le 6 décembre 2016

Une citadine verte

Calme, verte et très résidentielle, la commune de Woluwe-Saint-Pierre reste l’une des plus convoitées de la Capitale. La forte progression de ses appartements et la très bonne tenue de ses villas sont là pour en témoigner.

Que ce soit à titre privé ou locatif, Woluwe-Saint-Pierre fait partie des communes bruxelloise les plus courues, à l’image de ses voisines du sud et de l’est de la Capitale. Bien que le segment des maisons ait connu un léger recul des valeurs au cours de l’année 2013, il a été démontré dès l’année suivante que cette stagnation correspondait en réalité bien plus à une période de stabilisation. Mais si les maisons wolusanpétrusiennes ont, en effet, remonté la barre durant cette période, leur valeur a globalement fléchi de manière sensible (moins 17,5 %) au cours de l’année écoulée pour revenir aujourd’hui à un niveau qui reflète davantage la réalité actuelle du marché bruxellois.

En l’occurrence, il s’agit là de la plus forte baisse enregistrée dans la Capitale sur ce segment. Malgré le recul du prix moyen à 553 750 euros, les maisons de Woluwe-Saint-Pierre se maintiennent néanmoins sur la seconde marche du podium bruxellois, derrière celles d’Uccle qui n’ont encaissé, pour leur part, qu’un recul de moins de 4 %, tout juste devant celles d’Ixelles qui ont dû céder quelque 6 % de leur valeur, et loin devant celles de sa voisine Woluwe-Saint-Lambert.

Les villas rebondissent encore

Durant la période dorée, entre 2007 et 2008, les villas quatre façades de 250 m², sises sur des terrains d’environ quatre ares s’échangeaient à quelque 900 000 euros. Mais en 2010, ce type de biens ne se négociait plus qu’entre 780 000 et 830 000 euros. La tendance à la stagnation du segment haut de gamme, qui sévit depuis dans la Capitale, n’a certes pas épargné Woluwe-Saint-Pierre. Sur l’ensemble de l’année 2013, 36 villas s’y étaient vendues bien en dessous de la barre du million d’euros. La baisse de valeur encaissée se chiffrait ainsi à quelque 20 %.

A titre comparatif, ce sont les villas de Watermael-Boitsfort et de Bruxelles-Ville qui avaient encaissé le plus fort recul cette année-là (moins 30 %). Malgré cela, Woluwe-Saint-Pierre restait la seconde commune bruxelloise la plus chère sur ce segment, loin derrière Uccle cependant. L’année 2014 aura déjoué tous les pronostics, en effaçant largement le recul enregistré courant 2013. Avec un rattrapage record de pas moins de 37 %, la villa wolusanpétrusienne talonnait alors de très près la villa uccloise, avec un prix de référence fixé à 1,3 million d’euros par le SPF Economie sur base de 47 transactions, soit près d’un quart de la totalité des échanges bruxellois sur ce segment. L’année écoulée a démontré, pour sa part, que le soufflé, loin de retomber, semble même avoir pris encore – un peu – de hauteur, une tendance confirmée par certains professionnels pour le premier semestre de cette année.

Maison communale de Woluwe-Saint-Pierre, picture by Ben2

Retour en ville

Cette pression sur les prix des villas reflète une tendance forte, celle du retour en ville souhaité par les candidats acquéreurs, qui privilégient de plus en plus la localisation urbaine aux propriétés en périphérie sises sur de grands terrains, beaucoup moins considérés comme une plus-value. Le paramètre du foncier est ainsi moins déterminant qu’auparavant. Les acheteurs se veulent désormais plus mobiles et privilégient une meilleure proximité avec toutes les facilités que procurent les zones urbaines.

La localisation reste donc un critère majeur, tandis que la présence d’un jardin reste un must. Les maisons du quartier du Chant d’Oiseau, par exemple, dont les valeurs moyennes sont comprises entre 800 000 et 950 000 euros, sont ainsi très recherchées. Le terrain comptant pour une grande part dans le montant total d’une acquisition, les maisons offrant des superficies de 400 à 500 m2 ou celles sises sur de (trop) grands terrains restent globalement plus longtemps sur le marché.

Progression en flèche des appartements 

Si les prix des appartements bruxellois ont globalement progressé de près de 3% au cours de l’année écoulée, soit davantage que la moyenne nationale, ceux de Woluwe-Saint-Pierre, sans distinction du nombre de chambres et toutes superficies confondues, ont pour leur part bondi de plus de 11% et s’offrent royalement la première marche du podium bruxellois avec un nouveau prix moyen de 314 000 euros. Sur ce segment qui a plus que jamais le vent en poupe, il s’agit là en réalité de la plus forte progression de la Capitale, et ce prix moyen surclasse désormais celui des autres communes cossues de Bruxelles. Les appartements ixellois ont, en effet, affiché un prix moyen en recul de près de 9 % à 287 500 euros, tandis que ceux d’Uccle sont restés stables à 277 900 euros, talonnés de près par Woluwe-Saint-Lambert.

Ces chiffres doivent néanmoins être nuancés selon le type d’appartement. Avec un prix médian (ce prix « médian » indique que la moitié des transactions ont eu cours à un prix inférieur et l’autre moitié à un prix supérieur) qui n’a progressé que de 2,5 %, à 187 500 euros, les appartements 1 chambre à Woluwe-Saint-Pierre sont, en effet, détrônés par ceux d’Ixelles. Sur le segment des appartements 3 chambres, avec un prix médian – en baisse – de 320 000 euros, la commune se positionne cette fois à la sixème place du podium bruxellois. Comme c’est le cas aussi dans les autres communes bruxelloises les plus chères, où un appartement 3 chambres représente généralement un appartement plus grand et plus luxueux, les écarts de prix entre le nombre de chambres tendent à être plus grands. A Woluwe-Saint-Pierre, un appartement 3 chambres coûte ainsi près de 70 % plus cher qu’un appartement 1 chambre.

Logic Repères

Maison : 553 750 euros
Villa : 1,3 million d’euros
Appartement 2 ch. : 314 000 euros
Appartement neuf : de 3700 à 4200 euros/m2

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