Maison communale de Woluwe-Saint-Pierre, picture by Ben2

Woluwe-Saint-Pierre

Écrit par Stephan Debusschere le 1 septembre 2016

Verte citadine

Si la très résidentielle commune de Woluwe-Saint-Pierre reste l’une des plus convoitées de la Capitale, les valeurs de ses maisons affichent néanmoins un recul, tandis que celles de ses appartements progressent fortement.

Malgré le modeste tonus du marché de la maison d’occasion bruxelloise, le sud de la Capitale reste sans surprise très recherché par les investisseurs, que ce soit à titre privé ou locatif. A l’image d’autres communes tout aussi courues, Woluwe-Saint-Pierre avait enregistré en 2013 un léger recul sur la valeur de ses maisons. L’année 2014 aura démontré que cette stagnation correspondait davantage à une période de stabilisation, car les maisons wolusanpétrusiennes ont durant cette période remonté la barre. C’est que la commune, calme, verte et résidentielle, a tout pour plaire. Au cours de l’année écoulée, les valeurs de ses maisons ont cependant fléchi de manière bien plus sensible (moins 17,5 %) pour revenir à un niveau reflétant davantage la réalité du marché. En l’occurrence, il s’agit là de la plus forte baisse enregistrée dans la Capitale sur ce segment. Avec un prix moyen descendu à 553 750 euros, les maisons se maintiennent néanmoins sur la seconde marche du podium bruxellois, derrière celles d’Uccle qui n’ont encaissé, pour leur part, qu’un recul de moins de 4 %, tout juste devant celles d’Ixelles qui ont dû céder quelque 6 % de leur valeur, et loin devant celles de sa voisine Woluwe-Saint-Lambert.

Très bonne tenue des villas 

Durant la période dorée, entre 2007 et 2008, les villas quatre façades de 250 m², sises sur des terrains de quatre ares se vendaient à quelque 900 000 euros. En 2010, ce genre de villas ne se négociait plus qu’entre 780 000 et 830 000 euros. La tendance à la stagnation du haut de gamme qui a sévi depuis dans la Capitale n’a certes pas épargné Woluwe-Saint-Pierre. Sur l’ensemble de l’année 2013, 36 villas s’y étaient échangées bien en-dessous de la barre du million d’euros, encaissant en réalité une baisse de quelque 20 %. A titre de comparaison, ce sont les villas de Watermael-Boitsfort et de Bruxelles-Ville qui avaient encaissé le plus fort recul cette année-là (30 %). Malgré ce recul, Woluwe-Saint-Pierre restait la seconde commune bruxelloise la plus chère sur ce segment, loin derrière Uccle cependant. L’année 2014 aura déjoué tous les pronostics, effaçant largement le recul de 2013. Avec une hausse record de pas moins de 37 %, la villa wolusanpétrusienne talonnait alors de très près la villa uccloise, avec un prix de référence fixé à 1,3 million d’euros par le SPF Economie sur base de 47 transactions, soit 23 % de la totalité des échanges bruxellois sur ce segment. L’année écoulée a démontré, pour sa part, que le soufflé, loin de retomber, semble même avoir pris encore – un peu – de hauteur, une tendance confirmée par l’estimation de certains professionnels pour ce premier semestre 2016.

Maison communale de Woluwe-Saint-Pierre, picture by Ben2

Retour en ville

Cette pression sur les prix des villas reflète la tendance forte au retour en ville des candidats acquéreurs, qui privilégient de plus en plus la localisation urbaine aux propriétés en périphérie sises sur de grands terrains, qui sont beaucoup moins considérées comme une plus-value. Le paramètre du foncier est ainsi moins déterminant qu’auparavant. Les candidats acquéreurs se veulent plus mobiles et souhaitent une meilleure proximité avec toutes les facilités que procurent les zones urbaines. La localisation reste donc un critère majeur, et la présence d’un jardin reste un must. Les maisons du quartier du Chant d’Oiseau, par exemple, dont les valeurs moyennes sont comprises entre 800 000 et 950 000 euros, sont ainsi très recherchées. Cela dit, les grosses maisons de 400 à 500 m2 ou celles sises sur de (trop) grands terrains restent globalement plus longtemps sur le marché, étant donné que le terrain compte pour une grande part dans le montant total.

Forte progression des appartements 

Si les prix des appartements bruxellois ont globalement progressé de 2,9% au cours de l’année écoulée, soit davantage que la moyenne nationale, ceux de Woluwe-Saint-Pierre, sans distinction du nombre de chambres et toutes superficies confondues, ont pour leur part bondi de plus de 11%, s’offrant royalement la première marche du podium bruxellois avec un nouveau prix moyen de 314 000 euros. Il s’agit là de la plus forte progression de la Capitale sur ce segment qui a plus que jamais le vent en poupe. Ce prix moyen surclasse désormais celui des autres communes cossues de Bruxelles. Les appartements ixellois ont, en effet, affiché un prix moyen en recul de près de 9 % à 287 500 euros, tandis que ceux d’Uccle sont restés stables à 277 900 euros, talonnés de près par Woluwe-Saint-Lambert. Mais ces chiffres doivent néanmoins être nuancés selon les types d’appartement. Sur le segment des appartements une chambre, Woluwe-Saint-Pierre est, en effet, détrônée par Ixelles, avec un prix médian qui n’a progressé que de 2,5 %, à 187 500 euros. Ce prix « médian » indique que la moitié des transactions ont eu cours à un prix inférieur et l’autre moitié à un prix supérieur, et n’est donc pas influencé par les valeurs extrêmes. Sur le segment des appartements trois chambres, avec un prix médian – en baisse – de 320 000 euros, la commune se positionne cette fois à la sixième place du podium bruxellois. Comme c’est le cas aussi dans les autres communes les plus chères de la Capitale, où un appartement trois chambres représente bien souvent un appartement plus grand et plus luxueux, les écarts de prix entre le nombre de chambres tendent à être plus grands. Un appartement trois chambres à Woluwe-Saint-Pierre coûte ainsi près de 70 % plus cher qu’un appartement une chambre.

Moyennes

Maison : 553 750 euros
Villa : 1,3 million d’euros
Appartement 2 ch. : 314 000 euros
Appartement neuf : de 3700 à 4200 euros/m2

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